[CRITIQUE]: Diva

[CRITIQUE]: Diva

Réalisatrice : Jo Seul-yeah
Acteurs : Shin Min-a, Yoo Young-lee, Ha Nee oh,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Drame, Mystère, Thriller.
Nationalité : Sud-coréen.
Durée : 1h24min.
Synopsis :
Après que leur voiture soit tombée d'une falaise, la championne de plongée Lee-young souffre d'une perte de mémoire, tandis que son compagnon de route, ami d'enfance et coéquipier Soo-jin, est toujours porté disparu. Alors qu'elle essaie maniaque de conserver son statut de Diva, ses plongées élégantes se transforment en gouttes mortelles ...



Critique :

Cousin sud-coréen et résolument plus pâlot du #BlackSwan de Darren Aronofsky, #Diva est un thriller avec une pointe d'horreur, sur la métamorphose tragique d'une athlète de haut niveau bouffé par son trauma, qui aurait pu être mémorable mais qui reste in fine vraiment oubliable. pic.twitter.com/Ie5HOafVI3

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) April 12, 2021


Dire qu'il y a énormément de Darren Aronofsky au coeur du Diva de Jo Seul-yeah est un doux euphémisme, tant il est quasiment impossible de ne pas penser au cinéma du génie de Brooklyn, et encore plus à son hypnotique Black Swan, à la vue du film, qui tout comme lui s'échine à restituer, avec une bonne pointe d'horreur, l'exigence inhumaine des athlètes/danseurs de haut niveau, possédés par l'exigence de la perfection.
Deux films pointant du bout de la caméra le mal-être " consentis " de ses hommes et femmes aux corps sculptés mais emplit de douleurs - la seule chose qui leur est permise - physiques et psychologiques, pour répondre à leur obsession maladive pour la perfection et la transcendance.
Deux films soulignant le demêlage psychologique sombre et tortueux d'une femme au sommet de son art, contrastant avec la beauté et de la grâce de sa pratique.

[CRITIQUE]: Diva

Credit: Megabox Plus M


Sauf que Jo Seul-yeah n'est décemment pas Aronofsky mais surtout, elle ne donne jamais vraiment suffisamment de corps à son histoire (elle est aussi derrière le scénario), pour étayer sa " chute gracieuse " infiniment métaphorique (le plongeon, qui place ses athlètes plus haut que quiconque, les obligeant à faire un saut presque angélique et chorégraphié pour finalement terminer dans la profondeur sombre et dangereuse de l'eau), mais totalement dénué de tension et de vie.
Si les idées conceptuelles sont bien présentes et nourrissent pleinement la progression du récit - surtout dans sa première moitié, dénué de toute explication superflue -, axé sur la relation complexe entre deux femmes amies/rivales, avant que la plus talentueuse des deux ne survivent à un accident de voiture qui les impliquait toutes les deux; elles tombent littéralement à l'eau (jeu de mots pourri) lorsque l'horreur s'invite (des hallucinations jamais prégnantes ni effrayantes), et que la fameuse vérité explose, resserrent encore un peu plus le jeu déjà trop muselé dans ses émotions, d'une pourtant très juste Shin Min-a.
Portrait d'une femme passant de plongeuse number one à athlète désespérée, torturée par la culpabilité et la folie, qui n'en dit pas forcément plus sur les travers du sport professionnel (la jalousie, les privations pour rester au sommet,...) et qui se termine même sur un anti-climax frustrant, Diva est un thriller sur une métamorphose tragique qui aurait pu être mémorable, mais qui reste au final complètement oubliable.

Jonathan Chevrier
[CRITIQUE]: Diva