Batman Forever (1995) de Joel Schumacher

Il s'agit du 3ème opus de la dite Saga Batman, bien avant la renaissance "Dark Knight", celle qui débuta donc avec "Batman" (1989) et "Batman le Défi" (1992) tous deux de Tim Burton avec Michael Keaton dans le rôle titre. Mais malgré le succès, Warner insista pour changer de réalisateur après que le studio ait reçu trop de plainte de mères de famille qui trouvèrent le second trop "sombre" et "inapproprié aux enfants". Burton demeure tout de même producteur. Ensuite, Michael Keaton quitta le projet car il n'appréciait pas le style mis en avant par le nouveau réalisateur. Ce dernier est Joel Schumacher qui a connu plusieurs succès dont "St; Elmo's Fire" (1985), "Génération Perdue" (1987), "L"Expérience Interdite" (1990) et surtout l'excellent "Chute Libre" (1993). Appuyé par Warner, Schumacher veut se démarquer du style gothique et froid de Burton pour aller vers un style plus cartoonesque, plus "urbain et punk" tout en étant plus ouvert un divertissement familial. L'histoire reprend donc le super-héros Batman, créé par Bob Kane et Bill Finger en 1939, d'après un premier scénario signé du couple Lee et Janet Scott Batchler qui signeront plus tard un unique second film avec "Pompéï" (2014) de Paul W.S. Anderson, ils co-signent le scénario avec Akiva Goldsman qui venait de signer le succès "Le Client" (1994) de Joel Schumacher qu'il retrouve donc... Le méchant Double-Face fait tout pour se venger de Batman, c'est lors d'une de ses attaques que la famille de Dick Grayson est tuée. Alors que Bruce Wayne prend sous son aile le jeune Dick, une femme fatale s'intéresse de près à Batman, puis à Bruce Wayne tandis que L'Homme-Mystère, un autre vilain, fait son apparition...

Batman Forever (1995) de Joel Schumacher

L'homme Chauve-Souris est cette fois incarné par Val Kilmer alors au sommet de sa carrière après des films comme (1988) de Ron Howard, "The Doors" (1991) de Oliver Stone et "Heat" (1995) de Michael Mann. Le domestique Alfred est une nouvelle fois interprété par Michael Gough après les deux précédents, il retrouve ainsi pour la 3ème fois le commissaire Gordon joué par Pat Hingle. Côté allié, nous avons Nicole Kidman qui est alors en pleine reconnaissance après ses performances dans "Malice" (1993) de Harold Becker et "Prête à Tout" (1995) de Gus Van Sant, puis Chris O'Donnell alors un jeune espoir remarqué dans "Beignets de Tomates Vertes" (1991) de Jon Avnet et "Le Temps d'un Week-End" (1992) de Martin Brest. Côté méchants, citons Tommy Lee Jones qui venait de faire sensation dans "Le Fugitif" (1993) de Andrew davis et (1994) de Oliver Stone, et Jim Carrey qui venait d'exploser en quelques mois après les succès consécutifs de "Ace Ventura" (1994) de Tom Shadyac, "Dumb et Dumber" (1994) des frères Farrelly et "The Mask" (1994) de Chuck Russell. Et enfin, on reconnaîtra une certaine Drew Barrymore, enfant star depuis "E.T." (1982) de Steven Spielberg alors bientôt de retour en grâce avec "Tout le Monde dit I Love You" (1996) de Woody Allen et surtout (1996) de Wes Craven. A l'instar de Tim Burton, le compositeur fut remercié, normal puisque Danny Elfman est un fidèle de Burton après tout. Son remplaçant est Elliott Goldenthal qui venait d'être nommé à l'Oscar pour sa musique sur "Entretien avec un Vampire" (1994) de Edward Zwick, et il opte pour un musique plus grandiloquente, appuyant plus le côté super-héroïque... Le film débute très mal, d'abord la faute à une réplique dont on se demande ce qu'elle fait là : "j'irai au restoroute" ?! Le plus gros soucis est que cela va confirmer très vite que le film est doté de dialogues ineptes, jamais drôle mais pathétique et pas plus digne que l'école primaire avec entre autre "on estime qu'il est très dangereux", "la caféïne c'est mortel", "qui peut bien envoyer cette devinette mystérieuse ? Eh ben Maggie c'est là tout le mystère" (?!!!)... Etc... Le scénario est tout aussi pauvre, avec une intrigue inexistante, il s'agit juste d'une succession bête de vendetta menée par deux méchants franchement horripilants, incarnés par deux acteurs en roue libre cabotinant à outrance, vociférant, grimaçant dans un salmigondis cartoonesque qui n'ai jamais cadré et/ou géré.

Batman Forever (1995) de Joel Schumacher

Juste insupportable. Certains le défendront sur ce point car Schumacher voulait effectivement se démarquer de Burton en s'inspirant plus de la série des années 60, avec son côté très enfantin, simple et kitsh mais le rapport reste mince, voir tout simplement peu (ré)créatif. Le film est une somme incommensurable d'esbroufe en tout genre, de la musique vrombissante à aux énigmes tirées par les cheveux (et les réflexions menant aux réponses surtout !) en passant par des FX honteux et un maquillage hideux (1995, soit après des films comme "Terminator 2" et "Jurassic Park" !). Si on ajoute un nombre tout aussi incalculable d'incohérences et d'invraisemblances (Batman soulève une porte blindée comme un fétu de paille, Bruce Wayne qui hurle qu'il est Batman sans que personne ne l'entende..) on finit par devoir comprendre et affirmer que ce film est le pire des Batman, un film laid et stupide sur tous points possibles qui a toute sa place dans nanarland même si c'est encore pire : pas drôle tant il se prend au sérieux ! À noter que Batman est incarné par un Val Kilmer qui passe par de nombreux états (inspiré, ennuyé, investi, agacé...) qui n'aide pas non plus. On sait aujourd'hui que l'entente entre l'acteur et le réalisateur n'a pas été bonne du tout ceci expliquant sans doute cela, et qui aura pour conséquence que l'acteur en reviendra pas dans le costume du super-héros. Il y a pourtant un atout, celui de la chanson phare du film, "Kiss from a Rose" chanté par Seal qui cartonnera dans les bacs, 1ère place des ventes à l'époque avec 8 millions d'exemplaires vendus et 3 Grammy Awards. Enfin, insistons sur le fait qu'un enfant de 11 ans a été également été outré par ce navet dont il se moquait même durant le film. Et malgré les "qualités" du film, le public est au rendez-vous, engrangeant près de 340 millions de dollars au Box-Office Monde pour un budget de 100 millions ce qui, malheureusement va ouvrir la voie à un autre épisode, un certain "Batman et Robin"...

Batman Forever (1995) Joel Schumacher

Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :

Batman Forever (1995) Joel Schumacher

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