[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #120. Days of Thunder

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #120. Days of Thunder

Copyright D.R.


Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 !

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#120. Jours de Tonnerre de Tony Scott (1990)
À la différence de bon nombres de jeunes stars Hollywoodiennes de sa génération, et encore plus celles issues du fameux Brat Pack, Tom Cruise a vite su capitaliser sur son joli petit minois de gendre idéal, après que le roi Francis Ford Coppola lui ait offert un tremplin d'exception dans le cultissime The Outsiders : un teen movie à la moralité déviante mais totalement focalisée sur sa personne (Risky Business), un heroïc fantasy visuellement somptueux signé par l'orfèvre Ridley Scott (Legend), avant de porter à bout de bras un actionner aérien chez le petit frère de celui-ci, Tony (Top Gun), d'aller jouer les petits génies du billard avec comme figure tutélaire Paul Newman, chez tonton Marty Scorsese (La Couleur de l'Argent), puis les barmans poète et idéaliste - voire même un doigt gigolo - dans une bluette plus ou moins défendable (Cocktail).

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On a connu plus maladroit comme début de carrière, et juste après avoir interpréter rien de moins que deux des plus importants rôles de sa jeune carrière - Charlie Babbitt dans Rain Man mais surtout Ron Kovic dans Né un 4 Juillet -, le bonhomme s'était offert des petites retrouvailles avec Tony Scott dans Jours de Tonnerre, copie-calque pas forcément habile de leur précédente collaboration ou l'ivresse du bitume et le monde du stock-car remplace celle des airs et de l'US Navy.
Pur véhicule (oui, le parallèle est cocasse) pour asseoir la popularité et le statut de moneymaker de Cruise (qui marquera même la fin de la méthode " Cruise " : jeune héros naïf et turbulent/mentor qui lui apprend la vie/love interest plus mature/un métier appris et assimilé avant le coup de sifflet final/ennemi qui devient ami au coeur d'un baptême du feu homérique), au scénario aussi prévisible et gribouillé à la va-vite (Robert Towne ayant fait ce qu'il peut après le passage d'une pluie de plumes) que sa production fût houleuse (la magie des collaborations du trio Scott/Simpson/Bruckheimer); Jours de Tonnerre est sans doute l'un des derniers produits Hollywoodiens marqué au fer rouge par l'Amérique Reaganienne, uniquement conçu pour donner au public une surdose extrême du frisson de la victoire, avec pour artisan un Tony Scott sachant comment emballer l'action (il démontre avec puissance l'acte de foi pur requis par les pilotes en leur talent, à ce niveau de professionnalisme), rendant les scènes de courses furieusement palpitantes et dépouillées, shooté à une vitesse vertigineuse pour mieux donner un aspect cinégénique à un sport qui ne l'est point - et qui est même redondant sur un simple écran de télévision.

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Plus fascinant est alors la composition calibrée de Cruise, sorte de pasteur assuré prêchant la bonne parole un dimanche matin sain : il fait exactement ce que l'on attend de lui - l'habitude aidant - et manifeste la foi de tout le monde en lui, son attitude de jeune loup arrogant (qui contredit totalement l'écriture générale de son personnage, bien plus dépeint comme un loser émotionnel à la vulnérabilité assez charmante) est magnifiquement tempérée par la sagesse d'un Robert Duvall toujours aussi sobre, et d'un Michael Rooker (déjà) en grande gueule charismatique.
Parfois drôle, souvent excitant et jamais vraiment trop ennuyeux pour son auditoire (tout comme le score d'un Zimmer en charentaise), Days of Thunder est de ses bandes sportives furieusement 90s, générique mais divertissante (les prods Bruckheimer/Simpson ayant déjà des faux airs de formule déclinable à foison, souvent pour le meilleur et très rarement pour le pire), alignant inlassablement les tours de pistes pour nous convaincre qu'elle a plus d'âme en elle que ses concurrentes.
Ah, les années 90...
Jonathan Chevrier
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