[Y-A-QUOI A LA TELE CETTE SEMAINE ?] : #125. Semaine du 28 fevrier au 6 mars

[Y-A-QUOI A LA TELE CETTE SEMAINE ?] : #125. Semaine du 28 fevrier au 6 mars
Chaque semaine je continue à faire — pour vous — le tour des programmes TV en extirpant de tout cela une offre cinématographique autour de trois œuvres. Mais, je vais aussi vous proposer des contre-programmations ainsi que des secondes parties de soirée pour les cinéphiles insomniaques.
Semaine du 28 Fevrier au 6 Mars
[Y-A-QUOI A LA TELE CETTE SEMAINE ?] : #125. Semaine du 28 fevrier au 6 mars
Dimanche 28 Fevrier. Le Temps de l’Innocence de Martin Scorsese sur Arte.
New York au siècle dernier. Newland Archer, avocat et héritier d’une des meilleures familles de New York, rejoint sa fiancée, la jeune May Welland. Peu après ses fiançailles, il tombe sous le charme d’une des cousines de May, Ellen Olenska, de retour d’Europe où elle a épousé un comte tyrannique dont elle a l’intention de divorcer.
De sa comédie satirique La Valse des Pantins à sa farce cartoonesque After Hours, Martin Scorsese aime s’aventurer là où on ne l’attend pas forcément et Le Temps de l’Innocence s’inscrit dans ce désir. En effet, ici le cinéaste livre un mélodrame qui, sous sa splendeur, cache quelques-unes des grandes obsessions de son auteur : la passion et le puritanisme. Ce que Scorsese ne cesse de filmer c’est comment l’étiquette et les conventions viennent entraver les passions et créer une aliénation. Cette naissance du sentiment est d’ailleurs l’une des plus belles choses du long-métrage, le réalisateur utilise les fleurs, de leurs fleuraisons à leurs pourrissements pour exprimer toute l’irruption de l’amour et son flétrissement. Une magnifique idée de cinéma qui vient montrer que ce Scorsese, trop méconnu, mérite plus qu’un alinéa dans la prolifique filmographie de son cinéaste.

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Lundi 1er Mars. La Fin d’une Liaison de Neil Jordan sur Arte.
Londres 1939. Sarah Miles est prisonnière d’un mariage stérile avec Henry, un époux riche, mais qu’elle rejette. Au cours d’une fête, elle fait la connaissance de Maurice Bendrix, un romancier. C’est le coup de foudre. Cependant, après quelques années, Sarah met brutalement fin à cette liaison. Bendrix tente alors de savoir ce qu’il s’est passé.
Avec La Fin d’une Liaison, Neil Jordan s’offre un mélodrame qui ne cesse de se tenir à l’équilibre dans un genre dont la moindre imprécision peut vite faire chuter n’importe quel cinéaste. S’appuyant sur la splendeur de l’œuvre initiale de Graham Geene, La Fin d’une Liaison au travers de cette photographie poudreuse; de la délicatesse avec laquelle les sentiments y sont filmés ou encore de la reconstitution sensible d’une époque ressemble à s’y méprendre à du James Ivory. À cela vient se mélanger la sensualité de Neil Jordan qui déshabille les corps pour mieux rapprocher encore les personnages de ses spectateurs. C’est de cette intimité qu’émane l’émotion d’une histoire, dont certains aspects sont quelque peu surannés, qui se voit magnifiquement incarné par un Ralph Fiennes impeccable et surtout une Julianne Moore renversante.
La soirée continue... W9 programme à 23 h 15, Les Aventuriers de l’Arche Perdue de Steven Spielberg. Ce premier volet qui nous trimbalant aux quatre coins du monde, est un spectacle total. Un pur moment d’évasion, de rire, de frisson aidé par la partition monstrueusement impactante de John Williams. Une illustration de ce que le cinéma de divertissement a de meilleur, parce qu’il est fait avec passion, parce qu’il n’infantilise jamais son audience, le film impacte et donne une seule envie, presser le bouton replay.

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Jeudi 4 Mars. Interstellar de Christopher Nolan sur France 3.

Dans un futur proche, la Terre est de moins en moins accueillante pour l’humanité qui connait une grave crise alimentaire. Joseph Cooper et un groupe d’explorateurs utilisent un trou de ver récemment découvert dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.
Véritable odyssée spatiale, qui, convoque en lui quelque chose de très Kubrick-ien. Tout en ne cessant de jouer avec les échelles vertigineuses d’un voyage aux confins des univers, Interstellar est autre chose qu’un pur film Nolanien. En effet, derrière les obsessions de son auteur —qu’on retrouve encore ici, et pour la première fois, l’émerveillement ne passe pas par la maitrise formelle du cinéaste, mais bien par l’émotion. Celle-ci ne va cesser d’envahir, inexorablement, l’écran pour finir par habiter chaque millimètre de la pellicule. La froideur, qui souvent colle au cinéma Nolanien, s’évapore, pour laisser naitre son film le plus humain. Ici, plus que jamais ce qui touche au plus profond c’est un père en larmes en voyant ses enfants grandir dans des vidéos, c’est un père retrouvant sa fille à la fin de sa vie. Splendide.
Thibaut Ciavarella

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