[CRITIQUE] : Only You

[CRITIQUE] : Only You

Réalisateur : Harry Wootliff
Avec : Laia Costa, Josh O'Connor, Peter Wight,...
Distributeur : Condor Distribution
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h59min.
Synopsis :
Alors qu'elle rentre un peu éméchée de sa soirée du nouvel an, Elena a une altercation avec Jake, qui convoite le même taxi. Ils sont alors loin d'imaginer qu'entre eux débute une histoire passionnée...
Fous amoureux l'un de l'autre, ils sont vite rattrapés par la réalité: quand on a dix ans d'écart et des rêves plein la tête, on ne doit pas brûler toutes les étapes. Leurs sentiments résisteront-ils au tourbillon de la vie ?



Critique :

Balade triste et urgente sur la difficulté de devenir parents, #OnlyYou est une merveille de romance dramatique et mature qui n'a jamais peur de soulever des questions inconfortables, pour mieux mettre en lumière des vérités universelles sur les relations humaines. ❤ Laia Costa. pic.twitter.com/v648aQwlyY

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) November 23, 2020

Bien loin de son titre évoquant sans la (potentielle) moindre originalité, une énième bluette qui ne causerait aucun tort à passer sous les radars cinéphiles, et à se morfondre dans une sortie obscure au coeur d'un catalogue VOD rarement mis en lumière; Only You, premier long métrage profondément émouvant d'Harry Wootliff, mérite pourtant hautement le peu d'attention qu'on sera en mesure de lui donner.
Drame vibrant sur le désastreux et implacable cycle de la vie, la péloche narre comment un jeune couple de Glasgow entreprend un voyage tortueux, pouvant se solder soit sur bonheur vertigineux, soit un découragement insupportable : tenter de fonder une famille.
Pourtant, alors que le récit vire de l'anticipation enthousiasmée au chagrin le plus viscéral, les émotions ramassées par le jeune cinéaste sont si exaltantes d'authenticité, qu'Only You devient, à sa manière, exceptionnellement romantique et surtout formidablement vraie.

[CRITIQUE] : Only You

Copyright Condor Films


Elle c'est Elena, lui c'est Jake.
Ils se rencontrent alors qu'ils partagent le même taxi un soir de nouvel an, et si lui tombe vite sous son charme, elle repère immédiatement l'écart d'âge entre eux.
Il a 26 ans, vit en coloc, termine son doctorat et est DJ à temps partiel; elle est un peu plus âgée - elle ne donnera pas son âge tout de suite -, a son propre appartement (acheté et non loué).
Quand elle commence à faire allusion à son âge, Jake laisse échapper une punchline facile que les femmes sont à leur apogée sexuelle une fois entrée dans la trentaine, mais ce n'est que lorsqu'ils emménageront ensemble qu'elle révèlera qu'elle a en fait 35 ans; une annonce qu'il prend avec humour, alors qu'elle a pleinement conscience des difficultés de cet âge : une fertilité féminine qui commence à décliner justement dès ce cap de la trentaine.
L'habileté du scénario de Wootliff fait qu'Elena n'a jamais à le dire, mais que ce poids se ressent constamment, avant de devenir littéralement insurmontable au moment où ils commencent impulsivement à essayer d'avoir un bébé.
Elle a beau avoir autant d'espoir que lui, chaque tentative avortée semble la frapper de plus en plus fort, et la convaincre que Jack serait mieux sans elle...

[CRITIQUE] : Only You

Copyright Condor Films


Balade triste et urgente comme le titre I Want You d'Elvis Costello, qui enrobe par deux fois le métrage, passant des visages admirablement amoureux des premiers jours, aux regards amers d'un destin qui s'acharne à piétiner leur bonheur (une déchéance plus pertinente encore dans l'alchimie des corps, le sexe est au départ bouillonnant, puis maladroit avant de devenir terriblement triste); Only You, c'est la mise en images déchirante d'une fusion de deux angoisses sociales loin d'être étrangères l'une de l'autre : la pression de devenir mère qui se substitue à la lutte terrible de ne pas pouvoir y parvenir (la culpabilité de la stérilité en tête), et de se sentir lentement glisser dans un isolement psychologique, ou voir le bonheur des autres ne fait que vous renvoyer en pleine poire le reflet de votre propre malheur.
Formidablement interprété par le couple Josh O'Connor/Laia Costa (définitivement trop rare), Only You (titre au final douloureusement évocateur) est une romance dramatique sobre et mature qui n'a jamais peur de soulever des questions inconfortables (notamment la confrontation entre un amour sincère et indiscutable, et une vérité génétique implacable), et qui voit la romance entre deux âmes non pas comme le chemin évident et obligatoire vers une vie idéale, mais plus comme un " partenariat sentimental " tout en résilience, ou l'on grandi ensemble dans l'amour mais aussi et surtout, la souffrance (et c'est en la surmontant que l'on découvre et goûte au fruit d'un vrai amour), quitte à accepter de n'être à jamais qu'à deux.

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Un parti pris vraiment originale voire même franchement osé (rares sont les films du genre à réellement pointer un écart d'âge comme un défaut cruel) et qui, dans son regard soutenu sur un traumatisme intime et personnelle vécu par beaucoup, dévoile certaines vérités universelles essentielles sur les relations humaines.
Par chez nous, on appelle ça tout simplement, un put*** de beau premier long-métrage.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Only You

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