[SƎANCES FANTASTIQUES] #46. The Fountain

[SƎANCES FANTASTIQUES] #46. The Fountain

Copyright TFM Distribution

Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse des cinémas fantastique et horrifique aussi abondant qu'ils sont passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !
[SƎANCES FANTASTIQUES] #46. The Fountain

#46. The Fountain de Darren Aronosfky (2006)
Pour se tenir un tant soit peu informé des (très) nombreuses productions qui émaillent la distribution mondiale chaque année, il est souvent (toujours ?) très difficile de se relever d'une préproduction chaotique à Hollywood, d'autant plus quand un projet déjà difficile à vendre, perd aussi bien son duo vedette (ici Brad Pitt et Cate Blanchett), que la moitié de son budget (justement alloué sur la présence de ces dits noms, et qui aurait rendu encore plus incroyable la partie espagnole), essentiel pour répondre un tant soit peu aux ambitions initiales.
Sorte de petit miracle des temps modernes, The Fountain, troisième long-métrage d'un Darren Aronofsky alors adulé de tous, va faire fit de ses gros soucis logistiques pour aller strictement à l'essentiel, une épure salvatrice pour une oeuvre audacieuse et sans nul pareil.

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S'étendant sur rien de moins qu'un millénaire, l'OFNI d'Aronofsky d'une densité peu commune et d'une richesse émotionnelle authentique (si l'on se laisse porter par la poésie et la force de ses images), le film s'articule sur trois temporalités bien distinctes : 1500 (ou le conquistador Tomas part à la recherche de l'arbre de la vie afin de sauver la Reine d'Espagne de la menace incarnée par le grand inquisiteur Silecio), 2006 au présent (ou le scientifique Tommy, cherche désespérément un remède au cancer qui ronge sa femme Izzi) et 2500 (ou l'astronaute Tom, découvre l'arbre de la vie et mène un voyage avec lui dans l'espace, pour enfin obtenir la vie éternelle).
D'une fluidité narrative incroyable (pas besoin de longues tirades pour se persuader de l'amour que se porte Thomas et Izzi, les regards et les caresses suffisent pour transcender leurs sentiments à l'écran), enchaînant les jeux de va-et-vient temporels fascinants sans jamais perdre son auditoire - tout est simple à comprendre - ni même se perdre lui-même (certains personnages se donnant même parfois la réplique à travers les époques); The Fountain est une oeuvre plastiquement grandiose ou chaque plan est un tableau inoubliable, une invitation épique et bouleversante prenant la forme méditation aérienne et habitée sur l'amour mais surtout la mort.
Car tout est question de mort dans la vie et ici, Aronofsky décortique autant la peur qu'elle suscite, que son acceptation aussi bien quand elle nous concerne nous-même, que quand elle frappe les êtres qui nous sont cher.
Tout prend son sens dans la partie contemporaine, avec l'angoisse insurmontable - et la culpabilité immense qui en découle - de Thomas face à une réalité qu'il ne peut contredire, sa femme est dans l'ombre de la grande faucheuse et ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle ne l'emporte avec elle.
C'est de son imaginaire à elle, qui utilise la fiction comme catharsis pour s'échapper de son funeste destin, que la quête du conquistador Tomas pour trouver l'immortalité prend vie; mais c'est résolument de celui de Thomas, comme une manière pour lui de clôturer l'oeuvre de son épouse, que né l'odyssée futuriste de Tom, comme une manière pour lui de faire son deuil.

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Illustration démente et flamboyante du mythe de l'Ouroboros (il évoque d'ailleurs constamment, le Cent ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez), symbole ultime du cycle perpétuel de la vie, prenant les contours d'un long et douloureux récit initiatique des ténèbres jusqu'à la lumière - littéralement -, pour une âme en peine passionnée, The Fountain, dénué de tout cynisme et de second degré, est un chef-d'oeuvre à fleur de peau dominé par un casting totalement dévoué à sa cause (Rachel Weisz est somptueuse, Hugh Jackman est époustouflant et signe la plus belle performance de sa carrière); un trip hypnotique et incandescent dont on ressort lessivé mais surtout totalement ébloui, aussi bien visuellement que spirituellement (et puis merde, quel put*** de score de Clint Mansell...).
Après son Requiem For A Dream, l'érudit génial qu'est Darren Aronofsky signait son Requiem For A Life, indiscutablement son plus beau poème sur pellicule.
Jonathan Chevrier
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