Angélique et le Sultan (1968) de Bernard Borderie

5ème long métrage, suite et fin de la célèbre saga après les succès successifs de "Angélique, Marquise des Anges" (1964), "Merveilleuse Angélique" (1965), "Angélique et le Roy" (1965) et "Indomptable Angélique" (1967) tous de Bernard Borderie qui poursuit donc les aventures romanesques de la plus célèbre Marquise du cinéma. Si les trois premiers étaient tous adaptés du roman correspondant, ce dernier film est l'exception puisqu'il est la suite directe de "Indomptable Angélique" et qu'il est donc lui-même adapté de ce même roman (toujours signé du couple Anne et Serge Golon) qui a été scindé en deux pour écrire la fin avec "Angélique et le Sultan". Borderie retrouve ses co-scénaristes Francis Cosne et Pascal Jardin pour cet ultime opus qui est aussi le film qui prend le plus de liberté avec le roman, ce ci s'expliquant par la volonté de stopper la franchise alors que trois autres romans existaient déjà, et que plusieurs seront publiés dans les années suivantes. Ainsi Angélique ne partira pas vers le Nouveau Monde et retrouve Joffrey bien plus tôt que dans les romans...

Angélique et le Sultan (1968) de Bernard Borderie

Après son enlèvement, Angélique est de nouveau séparé de son époux et se retrouve enfermée au sein du harem d'un sultan. Tandis que Joffrey de Peyrac/Rescator fait tout pour libérer sa femme, Angélique doit lutter pour survivre contre les autres épouses et concubines et pour ne pas céder au "devoir conjugal" dû au sultan... À l'affiche, Michèle Mercier incarne donc pour la 5ème et dernière fois la Marquise des Anges, toujours aux côtés de Robert Hossein alias Joffrey De Peyrac. On reconnaît Henri Cogan, qui après avoir été Cul-de-Bois dans les premiers films joue ici un nouveau personnage galérien. Les autres acteurs sont Jean-Claude Pascal vu entre autre dans "Pêcheur d'Islande" (1959) de Pierre Schoenderffer et "Opération Opium" (1966) de Terence Young, Aly Ben Ayed grand acteur tunisien de théâtre peu vu au cinéma mais on peut citer "Enfants de Salauds" (1968) de André De Toth, Ettore Manni star italienne qui retrouve Borderie après "Sept Hommes et une Garce" (1967), Jacques Santi populaire en tant que Tanguy dans la série TV "Les Chevaliers du Ciel" (1965-1969), il retrouve après "Paris Brûle-t-il ?" (1966) de René Clément l'acteur allemand Helmuth Schneider vu également dans "la Grande Vadrouille" (1966) de Gérard Oury... Depuis le départ, le premier atout de la franchise est d'avoir su mettre en valeur une certaine cohérence historique entre le destin de Angélique, les grands personnage de l'époque et les événements historiques. On a vu que déjà dans "Indomptable Angélique" ce point s'était un peu érodé, on constate dans ce dernier film que c'est encore plus vrai. Le seul personnage qui a réellement existé est le sultan Moulay Rachid Ben Chérif (son fils Ismaeïl Ben Chérif est connu comme ayant le plus grand harem de l'histoire du Maroc qui lui aurait permis d'avoir plus de 1000 enfants !).

Angélique et le Sultan (1968) de Bernard Borderie

En insistant on peut aussi citer le représentation des galères et du harem mais sinon, historiquement il s'agit sûrement du film le moins intéressant de la saga. Par contre on a des décors de toute beauté, le film ayant été tourné en Tunisie on peut voir et admirer quelques bijoux comme le ribat de Monastir (la forteresse le plus ancien et le plus important du Maghreb) et l'amphithéâtre de El Jem (de l'époque romaine, le mieux conservé d'Afrique du Nord). Dans la suite directe du précédent, on perd donc en romanesque historique pour aller plus vers l'exotisme et l'aventure dans le sens premier. L'héroïne n'aura jamais été aussi esclave des hommes, jamais autant humiliée et soumise ce qui donne une sensation nouvelle tant Angélique a marqué les esprits dans les premiers films par son tempérament rebelle et frondeur. Le vrai soucis est que le film est clairement bâclé, parfois trop lent (il faut étirer des passages pour atteindre la durée du long métrage) parfois trop rapide (trouver une fin acceptable qui n'existe pas dans les romans), on sent alors une précipitation des événements. Résultat, les actions de Peyrac au début semblent invraisemblables, et une ellipse importante paraît un subterfuge narratif trop facil e. Néanmoins, la lutte de Angélique au sein du harem reste efficace, les charmes de l'Orient font le reste. Cet ultime film est malheureusement trop inégal et offre un final qui n'est pas à la hauteur de son héroïne. Un moment pas désagréable mais qui reste bien moins intéressant que les premiers films de la saga.

Angélique Sultan (1968) Bernard BorderieAngélique Sultan (1968) Bernard Borderie


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