[CRITIQUE] : Enola Holmes

[CRITIQUE] : Enola Holmes

Réalisateur : Harry Bradbeer
Avec : Millie Bobby Brown, Henry Cavill, Sam Claflin, Helena Bonham Carter,....
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Policier, Judiciaire, Aventure.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h03min.
Synopsis :
Enola, la jeune sœur de Sherlock Holmes, met ses talents de détective à l'épreuve pour tenter de retrouver sa mère disparue et déjouer une dangereuse conspiration.



Critique :

Enthousiaste, ludique et porté par une partition joliment enjouée de Daniel Pemberton, #EnolaHolmes, pas exempt de maladresses, reste un petit bout de cinéma décontracté et pop, sorte de Young Indiana Jones au féminin et sauce victorienne, aux messages modernes plutôt bien amenés pic.twitter.com/Q2EBk3shW8

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) September 23, 2020

Avant même sa vision, il y avait une belle promesse de renouer avec le divertissement d'aventure populaire très 80's/90's, qui se dégageait du bien nommé Enola Holmes, vraie véhicule Netflixien visant à gonfler le star power de la sensation maison, Millie Bobby Brown (dont spontanéité charmante rappelle, parfois, Keira Knightley), et potentiellement de s'offrir une franchise chouchoute du public - ce qui n'est absolument pas un luxe aujourd'hui, avec la guerre des plateformes.
Sorte de Young Indiana Jones sauce victorienne (on aurait aimé dire un cousin éloigné du formidable Le Secret de la Pyramide), et inspiré de la petite série de romans éponymes de Nancy Springer, le film d'Harry Bradbeer se concentre donc sur la petite dernière de la famille Holmes, résolument plus courageuse et espiègle que ses deux grands frangins.
Plutôt à l'aise avec son auditoire (le quatrième mur est régulièrement fissuré, une habitude que Bradbeer a vraisemblablement ramené de la merveilleuse Fleabag, dont il a signé plusieurs épisodes, mais que Jack Thorne réédite avec la finesse d'un hippopotame en rute), elle l'est un peu moins avec sa famille, dont la double relation fraternelle est marqué par le sceau de la frustration (dû en grande partie avec la différence d'âge, et au manque de considération de ceux-ci pour les envies de leur soeur), contrebalance avec celle admirative qu'elle entretient avec sa mère, exemple parfait pour elle (une femme indépendante et vaillamment féministe); mais aussi avec la gente masculine en générale, en particulier avec le sympathique Lord Tewksbury, une âme perdue et qui requière, et pour lequel elle est confrontée à une attraction déstabilisante.

[CRITIQUE] : Enola Holmes

Copyright ALEX BAILEY/LEGENDARY


Une relation qui cartographie à merveille les expressions un poil exagérés du personnage, socialement maladroit mais follement empathique, dont le manque total de compatibilité pour le raffinement et les conventions de son époque - la fin du XIXe siècle - , en fait l'héroïne totalement adéquate, radicale et optimiste (voire naïve, mais dans le bon sens du terme), pour porter avec fougue une aventure intelligemment charpentée et féministe, dans son désir de lutter pour une survie mais surtout une vraie indépendance et un changement légitime de l'ordre établi, au coeur d'un monde profondément instable et misogyne.
Centré sur les aléas d'un jeune seigneur en fuite (avec qui elle partage le sentiment de devoir s'échapper des siens), d'une mère disparue et d'une conspiration globale, le tout avec en tpile de fond l'adoption de la loi britannique de 1884 sur la représentation du peuple (qui a en grande partie, ouvert la voie au suffrage des femmes qui débarquera un quart de siècle plus tard), le film dégage des problématiques intimement contemporaine (l'égalité des sexes en tête), tout en déconstruisant méchamment le mythe Holmesien, à en faire faire des loopings à Sir Arthur Conan Doyle dans sa tombe.
Légende vivante de la littérature, homme de science et de raison avant-gardiste (im a été le pionnier du domaine de l'enquête médico-légale), est ici vulgarisé sous les traits musculeux d'un Henry Cavill pas forcément à l'aise - mais beau gosse -, en un frangin rigide, ridiculeusement intéressé mais surtout démontant désespérément les attitudes progressistes de sa petite soeur; un personnage expurgé de sa maladresse et de son asociabilité légendaire, ici intégralement léguée à sa cadette...
Dommage en revanche, que ses aptitudes de détectives, ne soient pas transmises dans un élan de subtilité, tant toute la satisfaction de l'enquête/complot au coeur de l'intrigue - très fragile -, laisse une impression d'être résolue à la volée, sans vraie esprit Holmesien (s'appuyer sur quelques souvenirs et sentiments : banco), qui n'aurait pourtant pas dénoté avec l'aspect décontracté et pop du métrage.

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Solaire et ludique, avec des séquences animés et une partition joliment enjouée de Daniel Pemberton, Enola Holmes est un petit bout de cinéma attachant et mine de rien important dans les messages qu'il véhicule plus ou moins adroitement (le " chaque vote compte " notamment, qui arrive à point nommé face aux élections US actuelles); sorte de Kingsman dans l'Angleterre victorienne qui ne cherche jamais à révolutionner quoique ce soit, et dont la dévotion à se rendre le plus divertissant possible, est même hautement admirable malgré son manque évident d'ampleur (d'ambition ?).
Du divertissement purement Netflix en somme, mais bien fait et charmant, à tel point qu'on ne dirait sans doute pas non à une suite, dans un avenir plus ou moins proche.
Jonathan Chevrier

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Millie Bobby Brown revient sur Netflix sous les traits d’Enola Holmes, la sœur de Mycroft et Sherlock du même nom, où elle enquête sur la disparition mystérieuse d’un jeune marquis.
Réalisé par Harry Bradbeer, derrière la caméra de Fleabag et Killing Eve, Enola Holmes narre les aventures de la jeune sœur du plus célèbre détective britannique, dans un film résolument british au casting imposant. Adapté du premier tome de la saga écrite par Nancy Springer, Netflix a profité des temps incertains liés à la pandémie pour faire main basse sur ce film, qui appelle à créer une véritable saga cinématographique. C’est à Jack Thorne qu’on a confié la retranscription du roman à l’écran, exercice qu’il a déjà effectué avec Radioactive de Marjane Satrapi sorti en salles cette année, avec plus ou moins de réussite (une majorité de moins, si l’on veut être honnête). Que vaut donc ces nouvelles enquêtes londoniennes, teintées d'énergie féroce et de féminisme ?

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Bien qu’elle soit née sous l’égide du nom Holmes, Enola est loin d’apprécier l’aura qu’instaure ses deux grands frères. Elle vit recluse, seule avec sa mère qui l’instruit à sa façon, c’est-à-dire, pas du tout comme on l’entend à l’époque, où l’éducation des jeunes filles équivaut à les préparer à la vie maritale. Enola lit, peint, joue aux échec, aux jeux de mots, apprend à se battre et à faire ses propres choix. Mais au matin de ses seize ans, sa mère (Helena Bonham Carter) disparaît sans laisser de trace. Mycroft et Sherlock reviennent alors dans la demeure familiale pour y trouver une petite sœur loin de ressembler à une jeune fille de bonne société. Le temps de chercher leur mère, il est décidé qu’elle rejoigne un pensionnat pour y parfaire (ou plutôt faire carrément) son éducation. C'est mal connaître Enola, qui bien évidemment s’enfuit, et Eudora, qui a laissé quelques indices à sa fille, peut-être pour la retrouver.
Harry Bradbeer reprend dans Enola Holmes ce qui faisait le sel de la série phare Fleabag, qui brisait continuellement le quatrième mur et engageait le spectateur dans une profonde empathie avec le personnage. Le problème, c’est que ce procédé ici, bien que fun à regarder, cache les maladresses d’un récit qui a du mal à s’élever vers plus d’envergure. Enola devient attachante devant la caméra, qui capte uniquement pour nous des regards blessés ou amoureux qu’elle veut cacher à ses interlocuteurs. Cela aide à bâtir un lien solide avec cette héroïne haute en couleur, qui n’a pas la langue dans sa poche. Pourtant, ces tergiversations empêchent son récit initiatique d'avancer pleinement et coupe le déploiement de sa pensée de détective, qui n'apparaît que par petite touche au lieu d’être au cœur de sa caractérisation. Ironique quand Enola Holmes veut mettre en avant l’esprit libre de son héroïne, qui rejette l’éducation féminine de l’époque, prompt à créer des poupées de porcelaines plutôt que des jeunes femmes à part entière. 

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Le métrage est néanmoins plaisant à voir grâce aux quelques surprises que nous ménage l’intrigue. L’action reste claire et lisible et arrive à nous embarquer sans toutefois en faire trop vers le mystère qui entoure le jeune marquis qu’elle rencontre par hasard, qu’on veut tuer pour des raisons inconnues. Cependant, le sujet autour des conditions féminines nous paraît trop léger, un prétexte utile à quelques punchlines bien senties sur la figure de Sherlock Holmes. Ce dernier est d’ailleurs transformé en grand frère bienveillant, bien que froid et distant, campé par un Henry Cavill qui semble s’amuser à hausser les sourcils devant Millie Bobby Brown. Elle s’éloigne ici du personnage de Eleven, un rôle qui pourrait lui coller à la peau si elle n’y prend pas garde. Elle apporte beaucoup de fraîcheur et de conviction à ce film, qui pêche malheureusement par une écriture fragile et une mise en scène bien paresseuse.
Enola Holmes est autant corsetée par la société victorienne que par le récit du film, qui ne lui laisse que peu d’espace pour apprécier son génie de déduction. Cependant, Millie Bobby Brown l’incarne avec panache et lui donne une consistance bienvenue.
Laura Enjolvy 
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