Les Tueurs (1946) de Robert Siodmak

Film noir de Robert Siodmak, Les Tueurs, sorti en 1946 est basé, pour les dix premières minutes, sur une nouvelle éponyme de l'écrivain Ernest Hemingway. Le film révèle à l'écran pour la première fois Burt Lancaster et porte Ava Gardner au devant de la scène malgré de nombreux films tournés au début des années 40.

Le film s'ouvre sur deux tueurs cherchant à atteindre une cible appelée le suédois, ils séquestrent un restaurateur et son cuisinier pour attendre l'homme quand celui-ci ne vient pas, ils se rendent à son logement pour l'abattre malgré que ce dernier ait été prévenu, il ne cherche pas à s'enfuir. Ayant contracté une assurance-vie, la compagnie d'assurance envoie un enquêteur, celui-ci va reconstituer la vie de cet homme mystérieux en interrogeant tous ceux qui l'ont connu.

La réalisation est grandiose, elle nous embarque dans une succession de flash-back pour nourrir l'enquête actuelle de l'enquêteur Jim Reardon, cette différence temporelle étant marquée par un contraste de lumière, jour et lumineux pour l'enquête et plus sombre et tragique pour retracer la vie tumultueuse du Suédois avec comme fil conducteur entre les deux, une tension omniprésente.

Le scénario peut sembler basique, retracer une vie complexe d'un homme tué. Or, la complexité est une constante du film, dans l'écriture des personnages aux personnalités chaotiques, aux relations croisées et surtout l'histoire se base sur l'enchevêtrement des sentiments qui entraînent les hommes et particulièrement le personnage principal. Complexité que l'on retrouve dans les dialogues très travaillés, véritable délice dans l'articulation de l'histoire, poussant le jeu du mystère, on se laisse immerger dans la trame avant de comprendre que nous ne résolvons pas une mais deux énigmes, clés détenues par l'ensemble des personnages.

Enfin, la performance des acteurs est superbe. Premier film de Burt Lancaster, il incarne parfaitement cet anti-héro, torturé, aveuglé et brisé par un passé lourd à porter. Le charisme, le spontanéité de l'homme emporte l'histoire dans une autre dimension celle d'un réalisme brut à laquelle est ajouté des scènes réalistes avec en particulier la scène du combat de boxe où les coups portés étaient réels. Ava Gardner lui donne la réplique en interprétant pour la première fois dans un film, une femme diabolique, fatale, envoûtante et manipulatrice. Le jeu de l'actrice, particulièrement bon, est néanmoins un peu trop poussé dans quelques scènes portant à quelques fausseté dans la démonstration des sentiments. Les autres rôles sont tout aussi bon et on se délecte de leur performance et de leurs relations.

Un superbe film qu'il faut voir et revoir, un petit bijou de film noir pour entrer dans le monde criminel, qui combine une belle réalisation, un travail dans les dialogues et une très grande performance dans le jeu des acteurs.

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