Cuban Network (2020) de Olivier Assayas

Après la chronique douce-amère "Doubles Vies" (2019) le réalisateur-scénariste Olivier Assayas revient à un thriller d'espionnage pour une production franco-hispanico- belge (70% hexagonale). Le cinéaste se penche sur une histoire vraie sur ce qui est connu sous le nom simple mais parlant de l'Affaire des Cinq Espions Cubains des années 80-90 (tout savoir ICI !). Le film est présenté à la Mostra de Venise 2019. Assayas signe lui-même le scénario adapté du livre "Os Ultimos Soldados da Guerra Fria" (2011) de Fernando Morais... Plusieurs cubains fuient Cuba encore sous régime castriste. Mais alors que tout semble faire croire à une simple envie de liberté pour se reconstruire une vie nouvelle, ils vont créer un groupe à Miami aux fins d'espionnage. Ils veulent surtout déstabiliser le régime en place de Fidel Castro mais, malgré leur antagonisme, les Etats-Unis et Cuba vont s'entendre pour que soient condamnés les membres de ce groupe "terroriste"...

Cuban Network (2020) de Olivier Assayas

Dans les rôles principaux il y a le couple Gonzales incarné par Edgar Ramirez qui retrouve Assayas après "Carlos" (2010), l'acteur retrouvant Cuba après avoir joué dans "Che - 1ère partie" (2008) de Steven Soderbergh et Penelope Cruz vu récemment dans "Douleur et Gloire" (2019) de Pedro Almodovar. A l'instar de Edgar Ramirez, l'acteur Gael Garcia Bernal retrouve Cuba après avoir été le Che dans "Carnets de Voyage" (2004) de Walter Salles et retrouve Penelope Cruz après "Sans Nouvelle de Dieu" (2001) de Agustin Diaz Yanes. Un autre couple est joué par Wagner Moura remarqué particulièrement dans le dyptique "Troupe d'Elite" (2007-2010) de José Padhila, et la sublime Ana De Armas (pour l'anecdote, qui a été en couple un temps avec Edgar Ramirez) révélée dans "Knock Knock" (2015) de Eli Roth, vue dans "Blade Runner 2049" (2017) de Denis Villeneuve en attendant de la voir en Bond Girl dans le prochain "Mourir peut Attendre" (2020) de Cary Joji Fukunaga. Dans des rôles plus secondaires citons les acteurs Leonardo Sbaraglia vu dans "Les Nouveaux Sauvages" (2014) de Damian Szifron et qui retrouve également Penelope Cruz après "Douleur et Gloire", puis Tony Plana vu récemment dans (2019) de Jay Roach et remarqué dans plusieurs film de Oliver Stone depuis "Salvador" (1986)... Malgré le sujet encore brûlant (les "espions" ont été libérés en 2014) le tournage a pu avoir lieu à Cuba, mais toujours sous la surveillance des services secrets cubains. Il s'agit d'une affaire est très compliquée car la vérité du film réside en son matériau originel (le livre) mais on peut toujours extrapoler tant les deux gouvernements ont joué en eaux troubles comme souvent dans ce genre d'affaire.

Cuban Network (2020) de Olivier Assayas

Ainsi, les hommes du groupe seraient des dissidents anti-castristes alors que le gouvernement cubain a avoué plus tard qu'il s'agissait bel et bien d'espions cubains anti-capitaliste envoyer contre les intérêts américains. Une affaire alambiquée que Assayas nous expose dans un scénario qui ne l'ait pas moins ! Non pas sur le fond (Assayas suit le livre et donc ce sont des anti-castristes piégés pour raison d'états), mais sur près de 2h on suit divers personnages pas tous directement liés à l'"espionnage" et se reposant sur trop peu de protagonistes pour comprendre les tenants et aboutissants. Ainsi le récit est en grande partie monopolisé par les histoires des deux couples (secrets, intimité, enfant...) ce qui offrent la part belle aux belles (Cruz et De Armas) mais qui vampirisent par là même l'intérêt du film, à savoir le fond de l'histoire d'espionnage, le pourquoi du comment... etc... La construction narrative est tout aussi cacophonique, certains personnages apparaissent bien flous dans leur action, alors que le "futur traitre" à une importance centrale dans la première partie du film il est complètement occulté ensuite, d'ailleurs la second partie est essentiellement tourné vers le couple Gonzales et leur "regroupement familial". Bref, l'affaire est compliquée et il apparaît que même Olivier Assayas a dû y perdre son latin ! Résultat un thriller complexe que Assayas n'a réussi ni à simplifier ni à rendre passionnant. On aurait aimé être pris à la gorge, avoir même un peu de tension mais ça reste un film qui se perd dans ses propres méandres. Dommage car une talle affaire méritait un thriller tendu à la manière (justement) d'un Oliver Stone...

Note :

Cuban Network (2020) Olivier AssayasCuban Network (2020) Olivier Assayas

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