Vivre et Laisser Mourir (1973) de Guy Hamilton

8ème film de la franchise et, surtout, le 1er Bond incarné par Roger Moore. Au départ les producteurs historiques de EON proposèrent un cachet faramineux à Sean Connery qui déclina. Au fur et à mesure d'égréner la A List ils revinrent à Roger Moore qui était le favori de l'auteur Ian Fleming dès 1962 mais l'acteur ne put accepter alors engagé par la série TV "Le Saint" (1962-1969) puis ensuite par "Amicalement Votre" (1969-1971) stoppé prématurément malgré le succès parce que l'acteur voulait pouvoir enfin saisir une énième chance d'incarner 007. Précisons que suite au choix de Roger Moore, son prédécesseur Sean Connery affirma que Moore était "un Bond idéal". Cet opus adapté toujours très librement du roman éponyme (1954) de Ian Fleming, "Requins et services Secrets" en VF. Cette fois Richard Maibaum ne signe pas le scénario, laissant ce soin à son acolyte sur "Les Diamants sont Eternels" (1971) Tom Mankiewicz qui, fan de jazz, plaça l'intrigue à la Nouvelle-Orléans, ajoutant un méchant noir pour surfer sur l'actualité des Black Panthers, ainsi que mardi gras et le carnaval Junkanoo bien qu'il y ait eu débat puisque ces événements étaient déjà dans "Opération Tonnerre" (1965) de Terence Young. A la réalisation on retrouve Guy Hamilton auquel on doit l'un des meilleurs 007 avec "Goldfinger" (1964) et un des moins bon avec "Les Diamants sont Eternels"...

Vivre et Laisser Mourir (1973) de Guy Hamilton

007 est envoyé à Harlem pour enquêter sur des assassinats d'agents secrets. L'enquête va le mener dans la petite île de San Monique tenue par le dictateur kananga, et dont la religion est la vaudou... James Bond est donc incarné pour la première fois par Roger Moore. une petite différence au casting, qui n'offre aucune autre star à l'affiche, ni chez les Bond Girls ni chez les méchants. Le vilain Kananga est incarné par Yaphet Kotto qui sera de l'équipage dans "Alien le Huitième Passager" (1979) de Ridley Scott, ses hommes de mains sont joués par Geoffrey Holder dont la curiosité le poussera jusqu'au film français "Hasards et Coïncidences" (1998) de Claude Lelouch et Julius Harris issu de la blaxploitation avec "Super Fly" (1972) de Gordon Parks Jr. et "Black Caesar, le Parrain de Harlem" (1973) de Larry Cohen retrouvant sur ce dernier Gloria Hendry, première Bond Girl black à tomber dans les bras de 007 ; pour l'anecdote, les scènes d'amour entre elle et Bond seront censurées en Afrique du Sud encore sous l'Apartheid. Mais la principale James Bond Girl est Solitaire incarnée par la belle Jane Seymour lancée sur grand écran dans "Ah dieu ! Que la Guerre est Jolie" (1969) de Richard Attenborough mais qui sera surtout connue bien plus tard avec le succès de la série TV "Docteur Quinn, Femme Médecin" (1993-1998). A noter que Desmond Llewelyn alias Q n'apparaît pas, une première fois depuis "Bons Baisers de Russie" (1963) de Terence Young... Mais on pourra constater que les producteurs ont poussé pour qu'une page se tourne avec Roger Moore. Ainsi on peut remarquer que maintenant James Bond ne boit plus de vodka martini mais du bourbon et qu'il n'a plus besoin de se rendre au MI6 pour prendre ses consignes. Des détails futiles mais on pourra tiquer tout de même sur sa boisson fétiche. John Barry n'est plus aux commandes de la BO, laissant la place à George Martin dit "le cinquième Beatle" producteur/compositeur du célèbre groupe pop de Liverpool, pas étonnant donc que ce soit Paul McCartney qui signe la chanson du film "Live and Let Die", un énorme succès nommé à l'Oscar (une première pour un James Bond) et que les français connaissent bien comme générique de l'émission "L'Heure de Vérité".

Vivre et Laisser Mourir (1973) de Guy Hamilton

Le tournage de ce film particulier a été particulièrement chaotique notamment avec de plusieurs hospitalisations dont celle de Roger Moore, à tel point que certains y ont vu une malédiction vaudou ! L'univers vaudou a toujours ce quelque chose qui allie mystère et magie, folklore et exotisme qui ouvre bien des perspectives. Le fond de l'histoire manque clairement de densité (un simple narco-trafiquant qui veut protéger ses plantations) mais le scénario est assez bien troussé pour nous le faire oublier. Le méchant manque un peu d'envergure mais ses deux seconds couteaux compensent, l'homme crochet (idée de son interprète Julius Harris) en impose même si son crochet manque de réalisme, et le gourou est aussi magnétique que psychopathe. Il y a quelques belles séquences avec la poursuite dans le bayou et la ferme à croco même si la première est sans doute un peu longue et la seconde pas assez tendue. On peut par contre tomber dans le risible avec le shérif rednek un peu trop caricatural, comme le serpent en caoutchouc et surtout la mort du dictateur-narcotrafiquant beaucoup trop surréaliste. Néanmoins, pour un début Roger Moore assure et offre une alternative à Connery, on passe donc d'un espion don juan macho qui a tout du pervers narcissique à un 007 tout aussi séducteur mais avec un flegme british plus prononcé et un brin d'autodérision qui ne fait pas de mal. En atout coeur une Bond girl sublime avec une belle idée en prime (son pouvoir qui tient une carte bien tirée !). Le récit aurait pu laisser plus de place au vaudou encore mais le charme opère. En conclusion un Bond de bonne facture à défaut d'être une grande réussite. Un bon moment.

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Pour info bonus, Note de mon fils de 10 ans :


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