De Gaulle

Petit matin. De Gaulle effleure le corps de tante Yvonne. L'ambiance est douce, feutrée. D'emblée, le réalisateur Gabriel Le Bomin inscrit son faux-biopic dans une trame intime. Ici, le metteur en scène redistribue les cartes et nous donne à voir un portrait d'un Général sans cesse bousculé par des questions personnelles et politiques. Car, oui, le film De Gaulle, offre une histoire sur un pan de l'histoire du Général, figure de la Résistance et de la France Libre –  ici de mai à juin 1940 - disons plutôt jusqu'au fameux appel du 18 juin à Londres.  Mais ce qui intéresse davantage le réalisateur, c'est le De Gaulle intime, celui qu'on connaît le moins. Le film s'axe sur sa relation avec sa femme Yvonne, figure discrète mais essentielle dans le couple. Cette femme qui se bataille pour leur dernière fille, Anne, enfant trisomique. Cette femme, dans l'ombre du grand homme mais si présente dans les lettres, les conversations.  De Gaulle est donc un film nécessaire pour comprendre non pas la politique mise en vigueur par le Général pour combattre l'ennemi allemand mais plutôt comprendre l'homme en proie à des doutes s'il n'avait pas sa femme à ses côtés. On y voit donc un couple soudé dans l'adversité. Adversité face à la guerre, celle où le président démissionne devant un Maréchal Pétain qui capitule devant les allemands. Mais aussi d'un autre côté face à l'adversité envers le handicap mental de leur fille Anne, décédée (on l'apprend dans le générique de fin) dans les bras de ses parents. Sinon, niveau mise en scène, point de grands moyens, le tout est filmé avec sobriété. Un bon travail a été fait sur les décors, la période de 1940 est bien reconstitué à l'écran. Pour ce qui est des acteurs, on retrouve avec plaisir Lambert Wilson, habitué des biopics (L'Odyssée, Hiver 54, l'abbé Pierre). Il incarne ici le Général de Gaulle avec beaucoup de facilité et de mimétisme ; quant à Isabelle Carré, elle apporte sa douceur et fraîcheur au rôle d'Yvonne.  Pour finir, De Gaulle est certes un film qui nous montre en détail l'intimité du Général avec la relation forte entre sa femme et lui, mais aussi celle qui unit leur couple face à leur petite fille atteinte de trisomie. Mise à part cela, le film souffre d'un académisme certain et même s'il évite tout pathos, il manque d'un peu de panache. Au final, on se retrouve avec un film plutôt sage. Alors oui, c'est vrai, il a mérite de nous émouvoir, notamment à la toute fin mais le tout s'avère trop didactique dans sa longueur...  Dommage, vous avez dit dommage ? 
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