Invisible Man (2020) de Leigh Whannel

Nouvelle adaptation du célèbre roman (1897) de H.G. Wells dont on peut citer le chef d'oeuvre "L'Homme Invisible" (1933) de James Whale et, plus récemment "Hollow Man" (2000) de Paul Verhoeven. Néanmoins, ce nouveau projet est annoncé comme faisant partie intégrante du nouvel Univers Cinématographique des Monstres Universal nommé Dark Universe et dont on a déjà pu voir "La Momie" (2017) de Alex Kurtzman dont le relatif échec au box-office a un temps sonné le glas du renouveau des Monsters Universal après l'Âge d'Or des années 30-40. Pour tenter de relancer la machine le choix d'une co-production avec Jason Blum semble judicieuse, ce dernier étant derrière les franchises comme "Paranormal Activity" et "Insidious"... Ce qui permet au producteur de retravailler avec Leigh Whannel qui débuta comme scénariste sur "Saw" (2004) et "Insidious" (2010) tous de James Wan, et qui réalisa ensuite "Insidious 3" (2015) et "Upgrade" (2018)...

Invisible Man (2020) de Leigh Whannel

Cecilia est en couple avec Adrian, un riche scientifique, mais ne supportant plus son emprise tyrannique elle s'enfuit une nuit et se réfugie chez un ami policier. Elle apprend peu de temps après que Adrian se serait suicidé. Très vite des évènements bizarres la rendent paranoïaques jusqu'à croire bientôt que Adrian est toujours vivant et qu'il a trouvé le moyen de devenir invisible mais personne ne la croit... Cecilia est incarné par Elisabeth Moss série TV "Mad Men" (2007-2015) et "The Handmaid's Tale" (2017-...), puis vue au cinéma dans (2017) de Ruben Östlund et (2019) de Jordan Peele (également une production Jason Blum). Elle est entourée d'acteurs moins connus, sa soeur étant jouée par Harriet Dyer vue dans plusieurs séries TV dont "Love Child" (2014-2017), son ami flic est interprété par Aldis Hodge vu essentiellement à la télévision mais déjà vu dans des films comme "N.W.A. Straight Outta Compton" (2015) de F. Gary Gray et "Les Figures de l'Ombre" (2016) de Theodore Melfi, tandis que la fille de ce dernier est jouée par Storm Reid héroïne du râté "Un Raccourci dans le Temps" (2018) de Ava DuVernay. L'homme invisible étant incarné par Oliver Jackson-Cohen séries TV mais remarqué pour la première fois dans "Faster" (2011) de George Tillman Jr.... La production et le réalisateur ont annoncé que leur projet se distinguait sur deux paramètres, la proposition scientifique fiable de l'invisibilité et le rapport sur les violences faîtes aux femmes. Pour le premier point le chef décorateur Alex Holmes précise : "On a consulté des experts de CSIRO (the Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation in Australia) et des universités. Les scientifiques nous ont expliqué que ce qu'on proposait était faisable en théorie, mais qu'il faudrait encore une vingtaine d'années de développement pour y arriver. C'était parfait : on voulait juste que cette technologie ait l'air inaccessible aujourd'hui mais néanmoins plausible."... Pour ce qui est des violences aux femmes, on ne va pas s'étendre l'actualité de ces derniers mois parle d'elle-même. Néanmoins, ce nouveau film n'innove pas franchement sur ce point, les thrillers mettant face à face une épouse victime d'un conjoint violent n'a rien de nouveau. Niveau violences faîtes aux femmes on peut même dire qu'on oublie un peu vite que dans "Hollow Man" la sensation de pouvoir accentue les effets de pervers narcissique psychopathe de Kevin Bacon alias l'homme invisible, même si ici le récit est vu du point de vue de la victime Cecilia/Moss . Par là même, on peut revenir sur la manière d'arriver à l'invisibilité. Si dans ce nouveau film c'est par le biais d'une technologie de pointe pour une combisaison "en dur", il faut rappeler que jusqu'ici c'était plutôt l'effet d'une substance chimique qui agissait directement sur les cellules. Certe la combinaison à l'aube du 21ème siècle est plus vraisemblable mais elle ouvre aussi la porte à une succession d'incohérences et d'invraisemblances dansle déroulement du récit.

Invisible Man (2020) de Leigh Whannel

A contrario, l'effet d'un produit chimique est sans doute plus discutable mais le scénario est ensuite débarassé des aléas technologiques. Ainsi, durant ce film on ne nous explique évidemment jamais comment fonctionne la combi, aucune info sur l'autonomie, taille unique semble-t-il (?!), et surtout en cas de défaillances c'est incroyable comme la combi semble les gérer de façon à ce que ces défaillances ne se révèlent qu'au bon moment ! Le scénario est donc tout à fait classique voir éculé avec par exemple la victime que personne ne croit jamais (dont une soeur qui ne s'étonne pas une seconde d'un mail pour le moins peu subtil !). Les rebondissements à répétition qui rappellent que trop de twists tue le twist. Et enfin, la cerise sur le gâteau avec la musique. Signée pourtant de Benjamin Wallfisch auquel on doit les partitions des films (2017) de Andy Muschietti et "Blade Runner 2049" (2017) de Denis Villeneuve, il semble qu'il ait dû suivre les consignes du réalisateur à savoir : "Je ne voulais surtout pas d'une musique démonstrative, avec des cordes très présentes, pour bien souligner les moments où on est censé avoir peur (...) laisser beaucoup de liberté au spectateur"... le compositeur ajoutant : "C'était aussi un hommage à l'une de mes idoles, l'immense Bernard Herrmann, et à son chef d'oeuvre composé pour "Psychose". Une manière d'évoquer la dimension hitchcockienne du film."... Eh ben, c'est râté ! La musique est justement trop démonstrative, peu inspirée, tonitruante parfois même, peut-être aussi est-ce pour cela que les meilleures séquences sont celles enveloppées d'un écrin de silence. Ce film est donc une grande déception à laquelle on doit chercher les bons points. D'abord la performance de Elizabeth Moss une fois de plus époustouflantes, d'autant plus remarquable face à son conjoint Oliver Jackson-Cohen qui est bien fade pour un pervers narcissique psychopathe rigide. On ne passe pas forcément un mauvais moment, mais le scénario reste bancal sur ce qui était promis comme original tandis que le reste n'a rien de nouveau. Dommage...

Note :

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