Les Traducteurs (2020) de Régis Roinsard

Seulement le 2nd long métrage du réalisateur Régis Roinsard après sa comédie (2012) : "Durant les sept années qui se sont écoulées, j'ai passé un an à voyager avec mon film populaire, à rencontrer des gens à travers le monde, de la Grèce au Japon en passant par le Québec. Cela m'a beaucoup accaparé. Et puis, je suis tombé sur plusieurs articles autour de la traduction du livre de Dan Brown, Inferno, Douze traducteurs internationaux avaient été enfermés dans un bunker en Italie pour traduire son dernier roman. Ce qui m'a interpellé et fasciné, c'est qu'un produit culturel nécessite qu'on le protège comme s'il s'agissait de pierres précieuses. A partir de là m'est venu le célèbre "Et si...", propre à la genèse de toute fiction : "Et si le livre était volé, piraté malgré toutes les précautions prises ? Et si on demandait une rançon pour ne pas publier sur le Net ?" J'avais mon sujet !"... Pour ce projet Régis Roinsard retrouve ses scénaristes de "Populaire" que sont Daniel Presley et Romain Compingt, ce dernier ayant entre temps signé notamment le superbe (2016) de Houda Benyamina...

Les Traducteurs (2020) de Régis Roinsard

Alors que le dernier tome de la saga littéraire Dedalus s'apprête à sortir en librairie, 9 traducteurs sont réunis dans un secret absolu pour garder secret l'intrigue. Mais malgré le confinement les 10 premières pages du roman sont dévoilés sur internet, et un hacker exige une rançon pour ne pas dévoiler le reste. L'éditeur va alors tout faire pour savoir qui des 9 traducteurs est la taupe... L'éditeur est incarné par Lambert Wilson en attendant de le voir dans en attendant "De Gaulle" (2020) de Gabriel Le Bomin et surtout "Benedetta" (2020) de Paul Verhoeven, son assistante est jouée par Sara Giraudeau vue dans "Les Envoûtés" (2019) de Pascal Bonitzer. Le reste du casting concerne évidemment les traducteurs, la plupart interprétés par des acteurs ayant déjà joué dans des films français, parmi lesquels Olga Kurylenko (russe) vue dans "L'Intervention" (2019) de Fred Grivois, Riccardo Scarmaccio (italien) vu dans "Les Estivants" (2018) de Valeria Bruni-Tedeschi, Sidse Babett Knudsen (danoise) "La Fille de Brest" (2016) de Emmaneulle Bercot, Eduardo Noriega (espagnol) vu dans "La Belle et la Bête" (2014) de Christophe Gans et on peut citer le frenchy Frédéric Chau (chinois) vu dans "Made In China" (2019) de Julien Abraham... Sur ce film, l'importance du monde de l'édition n'est pas anodine mais néanmoins il faut noter que le film se déroule en France, avec un auteur français et un éditeur français. Cela a son importance car rappelons que la France est une exception pour le métier de traducteur qui sont considérés comme co-auteur et touche donc des droits à hauteur environ de 2%, ce qui n'est pas le cas ailleurs où les traducteurs sont des techniciens payé au feuillet et sont donc souvent dans une situation précaire. Dans le genre huis clos on pense à l'excellent "Marie-Octobre" (1958) de Julien Duvivier, mais sur ce film on serait plutôt dans l'équation (2009) de Stuart Hazeldine + "Ghost Writer" (2010) de Roman Polanski. Ainsi la construction du scénario se rapproche du premier entre autre, esthétiquement ces deux films semblent être des sources d'inspiration tandis que le rapport à l'édition et à l'écriture relie au film de Polanski.

Les Traducteurs (2020) de Régis Roinsard

Le récit repose sur une énigme qui semble impossible, tout en sachant qu'il y a évidemment une solution. L e film impose un climax idéal bien que galvaudé pour le genre, efficace donc mais sans créativité ni inspiration. Une fois les personnages en place, très vite arrive la menace et le récit vraiment lancé, on s'attend donc à une montée en tension avec un suspense insoutenable avant le twist final... Mais pas du tout, le twist principal arrive trop vite, étouffant donc la montée en puissance pour une simple enquête avec flash-backs et de divulgations plus ou moins surprenantes. Mais à force de jouer au plus malin et d'accumuler les rebondissements le film amasse aussi les invraisemblances. D'abord nul est à l'abri d'un vol, la course dans Paris frôle le granguignol (pour qui connaît Paris ou n'importe quelle grande métropole), et comment ne pas être un peu perplexe devant le côté mafieux d'un simple éditeur ?! On aurait tendance pourtant à être indulgent devant l'ambition de Régis Roinsard qui offre un thriller qui aborde différents sous-genre, psychologique, revenge, arnaque... etc... Mais si on salue les idées c'est aussi très casse gueule et le cinéaste ne peut assurer une cohérence d'ensemble. A force les coups de théâtre font que ça déborde. Il aurait fallu moins s'éparpiller pour rester sur l'essentiel. Intéressant donc, ambitieux mais bancal au point de se prendre un peu les pieds dans le tapis.

Note :

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