[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

Réalisatrice : Anca Damian

Avec les voix de : Lizzie Brocheré, Shyrelle Mai Yvart, Maira Schmitt, Bruno Salomone, Thierry Hancisse, Nathalie Boutefeu, ...
Distributeur : Cinéma Public Films
Budget : -
Genre : Animation, Drame, Famille.
Nationalité : Roumain, Français, Belge.
Durée : 1h32min

Synopsis :

Victime d’un accident, Marona, une petite chienne, se remémore les différents maîtres qu’elle a connus et aimés tout au long de sa vie. Par son empathie sans faille, sa vie devient une leçon d’amour.

Critique :
#lextraordinairevoyagedemarona est un formidable conte, un tourbillon de vie coloré et sincère sur une chienne qui avait juste besoin d’affection.
Anca Damian nous dit que toute vie est précieuse qu'elle soit humaine ou animale, et qu’il faut absolument la chérir (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/FaFmJrtlEY
— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 10, 2020

Il parait que les chiens voient la vie en noir et blanc. Pas chez la réalisatrice Anca Damian, qui décide, dans son nouveau film L’extraordinaire voyage de Marona, de nous conter l’histoire tragique d’une petite chienne, ballotée par la vie. L’animation, originale, passe par toutes les palettes de couleur, de la plus criarde à la plus douce, où la chienne noire et blanche se détache partout où elle va. Car la petite Marona n’a pas vécue une vie paisible et tranquille, a subi toute la complexité et l'ambiguïté des Hommes. Après deux films d’animation pour adulte, dont Le Voyage de Monsieur Crulic (vainqueur du cristal du meilleur long-métrage au festival d'Annecy en 2011), la réalisatrice se tourne vers un film plus enfantin, mais pas moins profond ou moins créatif, au contraire.


[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

Marona se meurt. La petite chienne se fait écraser par une voiture rouge. Couleur du sang, le liquide se sera pas montrer. Marona est littéralement collée à la route, ses traits noirs et blancs se fondent à l'asphalte. Pas question d'anthropomorphisme ici, Marona ne parle pas et aura un comportement animal. Pour la comprendre, la cinéaste décide d'inclure une voix-off. Cette voix intérieure de la chienne lui permet de nous conter son histoire depuis le début. "Je prendrai bien un moment pour rembobiner le film de ma vie. J'ai entendu que c'est ce qu'on fait quand on meurt". Entourée de sa maîtresse Solange, Marona nous entraîne dans sa vie mouvementée, une vie de chien.


[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

Marona ne s'est pas toujours appelée comme cela. Comme de nombreux animaux abandonnés, elle a connu autant de nom que de maîtres. Neuvième et dernière de sa portée, elle est issue de Sissy, sa mère, une bâtarde chic et gentille. Son père est un dog argentin, fier et fort. Surnommée Neuf par l'humain de Sissy, elle ne reste pas longtemps avec sa petite famille. Très vite, elle passera de main en main. Pour finir dans les bras de Manol. C'est le coup de foudre avec cet acrobate solaire et souple, elle devient Ana. Tout est enivrant : son odeur rassurante, sa petite tanière où elle se fait vite un nid douillet. Les jours s'enchaînent, son enfance est douce, merveilleuse. Malheureusement, en grandissant, elle comprend aussi de mieux en mieux les humains. Un beau jour, l'odeur rassurante change et devient l'odeur du changement. Son humain est sur le point de l'abandonner pour réaliser son rêve, elle préfère partir. Son enfance est finie. Elle est retrouvée par Istvan, un gentil architecte. Elle devient Sara. Après des déconvenues, elle s’installe chez lui, et doit subir les affres de la femme de son maître. Encore une fois, son bonheur est de courte durée. Sentant une fois de plus la fin de la relation, elle disparaît dans la nuit. La fin de son adolescence. Une petite fille, Solange la retrouve, affamée. Elle devient Marona. Forte de son expérience, la chienne ne s’attache pas de suite. Elle préfère attendre, résignée. Jusqu’à ce que son cœur brisé ne se sépare. Puis l’accident, la fin de sa vie d’adulte.


[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

Anca Damian enrobe son histoire d’une animation folle : mélange de 2D, d’images de synthèses et de papier découpé, le rendu est une palette fantaisiste rafraîchissante par son originalité. Chaque personnage à “son truc en plus” : sa façon de bouger, une couleur particulière, des cheveux long couleur de feu, etc … Un moyen efficace et drôle de caractériser ceux et celles qui entourent Marona, qui est d’ailleurs le seul personnage le plus réaliste. L’animation, mariée à la musique de Pablo Paco, fait de L’extraordinaire voyage de Marona un tourbillon de vie, une explosion de couleur, qui accompagne le récit simple, sincère d’une chienne qui avait juste besoin d’affection. Restant accessible aux enfants, le scénario de Marona propose quand même une philosophie de vie : celle de profiter des petits bonheurs de tous les jours, sur la construction d’une identité, sur les liens qui se nouent et se dénouent, sur l’amour qui peut être multiple, différent, mais aussi fort à chaque fois, sur la condition humaine vue à travers un animal, qui peine à comprendre tous nos questionnements jugés inutiles.


[CRITIQUE] : L’extraordinaire voyage de Marona

L’extraordinaire voyage de Marona est un conte simple, sincère et coloré sur la vie d’une chienne, prétexte pour analyser une question plus générale : qu’est-ce que la vie peut nous apporter ? Des bonheurs fugaces, des moments douloureux, des pertes, de l’affection. Anca Damian nous dit qu’une vie est précieuse, humaine ou animale, qu’il faut la chérir, lui donner de la valeur.


Laura Enjolvy 


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