J'accuse

J'accuseUne vignette de notre Histoire par un maître
Comment à travers la quête de vérité d’un cadre de l’armée sur l’affaire Dreyfus, Roman Polanski fait une radiographie de la France de la fin du XXème siècle ? Entre antisémitisme latent et pouvoir écrasant de la Grande Muette, Polanski rend cette affaire, inscrite dans notre histoire, passionnante et romanesque. On pouvait redouter un film didactique et poseur, mais il est le fruit d’un très grand metteur en scène ; et c’est donc une grande réussite. Sur le magazine du très bon cinéma d’Art et Essai « Le Méliès » de Saint-Etienne : « Même pour qui n’a suivi que légèrement ses cours d’Histoire au lycée, Alfred Dreyfus est un nom qui évoque quelque chose. L’affaire qui lui colle à la peau est considérée comme l’une des plus grandes erreurs judiciaires (voire complot) de l’Histoire française. Cependant, c’est sans doute la lettre ouverte d’Emile Zola publiée dans le journal L’Aurore - et au titre cinglant : J’accuse... ! - à propos de cette injustice qui est restée dans les mémoires. Pas étonnant donc que ce nouveau long-métrage de Roman Polanski en reprenne l’intitulé. Pendant les 12 années qu’elle durâ, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. Robert Harris, avec qui Polanski a travaillé sur The Ghost Writer, a composé un scénario superbe qui s’ouvre sur la condamnation de Dreyfus, pour s’articuler ensuite autour de l’enquête qui a fini par laver le nom du capitaine français. Loin de faire de son film une simple reconstitution historique, Polanski le transforme rapidement en thriller d’espionnage où Picquart joue au Sherlock Holmes. Une idée judicieuse qui redonne un véritable intérêt aux enjeux politiques, judiciaires et militaires derrière l’Affaire tout en lui conférant une avancée ludique et divertissante tout autant qu’instructive. Le film se veut alors une quête de vérité, de dignité et de justice au coeur d’un système perverti et manipulé par le mensonge et les préjugés Pour nous, pas de doute : J’accuse est une très belle œuvre, un grand film, une fresque virtuose, intelligemment menée, qui donne à la fois du plaisir et à réfléchir. A juste titre, on peut penser et dire bien des choses de Roman Polanski, il n’en reste pas moins un immense cinéaste. »Lion d’Argent de la Mostra de Venise bien mérité.
Sorti en 2019
Ma note: 17/20

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