[CRITIQUE] : Noura Rêve

[CRITIQUE] : Noura Rêve
Réalisatrice : Hinde Boujemaa
Acteurs : Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi, Imen Cherif,...
Distributeur : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Tunisien, Belge, Français
Durée : 1h30min

Synopsis :

5 jours, c’est le temps qu’il reste avant que le divorce entre Noura et Jamel, un détenu récidiviste, ne soit prononcé. Noura qui rêve de liberté pourra alors vivre pleinement avec son amant Lassad. Mais Jamel est relâché plus tôt que prévu, et la loi tunisienne punit sévèrement l’adultère : Noura va alors devoir jongler entre son travail, ses enfants, son mari, son amant, et défier la justice...


Critique :

#NouraRêve ou un film tout en nuances, sur une pré-supposée liberté qui n’est que rêve. Noura, la femme, n’existe plus, étouffée par ses autres rôles (mère, épouse, amante). Ou comment une loi et une société basée sur le jugement peuvent invisibiliser les femmes. (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/jnTNayJ33M— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) November 13, 2019

Après un court-métrage Et Roméo a épousé Juliette et un documentaire, C’était mieux demain, la réalisatrice Hinde Boujemaa revient nous parler du mariage et des relations homme-femme dans une Tunisie qui a encore des choses à améliorer. Noura rêve d’un monde où elle pourrait vivre son amour libre, mais ce n’est pour l’instant pas possible. Une loi punit l’adultère d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans, quelque soit les raisons. Une loi qui paraît équitable, mais qui ne l’est pas vraiment selon la réalisatrice. La majorité des plaintes viendraient des hommes, plus par soucis d’égo, par peur social du “quand dira-t-on”. Noura rêve veut dénoncer cette loi injuste, “on ne doit pas se faire arrêter parce qu’on aime ailleurs ou que l’on trompe. L’Etat n’a pas à intervenir là-dedans" nous dit Hinde Boujemaa. Une problématique d’ordre privé, car le film ne s’intéresse qu’à une seule famille, à un seul personnage, mais qui en dit long sur une question sociale plus globale d’un pays, à travers une histoire nuancée d’adultère, de divorce et d’amour.

[CRITIQUE] : Noura Rêve

C’est une femme heureuse et amoureuse que l’on découvre à l’ouverture du film. Des yeux rieurs, un téléphone dans lequel elle chuchote des mots d’amour, Noura lave les draps d’un hôpital, travaille durement, mais cela n’a pas l’air de la gêner, au contraire. Pourtant son sort n’est pas tout rose, comme on va vite le découvrir. Lassad est son amant, ils doivent se cacher car Noura n’est pas encore divorcée. Mère de trois enfants, elle les élève seule pendant que son mari, Jamel, purge une peine de prison pour vol. Son divorce devrait être prononcé bientôt, mais la chance ne sera pas de son côté. Dans ce laps de temps, Jamel est relâché et réintègre la maison familiale, devant une Noura dépitée. Noura ne cache pas son désarroi à Jamel, comme elle ne lui avait pas caché sa lassitude face à ses méfaits, qui ont de lourdes conséquences sur elle et ses enfants. Un étau va se resserrer autour d’elle, entre les soupçons, les besoins (affectifs et sexuels) de Jamel et la jalousie grandissante de Lassad, qui voudrait avoir Noura pour lui tout seul, sans Jamel et sans ses enfants.
Cette décision que doit prendre Noura sera lourde de conséquence. Bien que la balance penche du côté de Lassad, le spectateur se demande vite où se trouve la liberté de Noura. Plus qu’un triangle amoureux et une banale histoire d’adultère, Noura rêve nous montre une lutte de pouvoir entre deux hommes, pour une femme. Qu’importe son choix, Noura ne sera jamais vraiment libre, dans cette société où les relations homme-femme sont aussi bancales. Jamel, avec ses mensonges ou Lassad avec son autorité, le choix de Noura se résume si elle veut aller vers la peste ou le choléra. Hinde Boujemaa en profite également pour brosser un portrait de la Tunisie, gangrenée par la corruption, que l'on peut voir grâce au délit de Jamel.

[CRITIQUE] : Noura RêveHinde Boujemaa signe un film tout en nuances, sur une pré-supposée liberté qui n’est que rêve. Noura, la femme, n’existe plus, étouffée par ses autres rôles. Noura la mère, Noura l’épouse, Noura l’amante. Ou comment une loi et une société basée sur le jugement peuvent invisibiliser les femmes.


Laura Enjolvy


[CRITIQUE] : Noura Rêve

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