[FUCKING SERIES] : Happy! saison 2 : Mort de l’innocence sous stéroïdes



[FUCKING SERIES] : Happy! saison 2 : Mort de l’innocence sous stéroïdes
(Critique - avec spoilers - de la saison 2) 
Après une première saison de haute volée, la licorne préférée des petits mais surtout des grands revient pour un second et malheureusement dernier tour de piste. Si cette suite ne parvient pas à égaler la première saison dans tous les domaines, elle possède son lot de qualités propres qui nous font énormément regretter l’annulation de la série.

[FUCKING SERIES] : Happy! saison 2 : Mort de l’innocence sous stéroïdes

Copyright SyFy

On commence sur les chapeaux de roues, la première scène étant consacrée à faire exploser un groupe de religieuses (les bonnes sœurs, pas les gâteaux) devant les yeux ébahis des passants. On annonce la couleur d’emblée : la série est toujours là pour désacraliser des trucs à grand coup de pelle dans les dents. La saison 1 s’était attaqué au père noël, la saison 2 s’attaquera au lapin de paques. Le symbole est loin d’être aussi fort et évocateur, mais ce n’est pas vraiment un souci puisque la série en a conscience et que tout le plan du méchant va consister à remettre la fête et son lapin fétiche sur le devant de la scène, le tout en traumatisant le monde avec un vicieux rongeur aux longues oreilles vêtu d’une élégante tenue en cuir sadomasochiste, qui va commettre des exactions diverses comme cacher un homme écorché toujours vivant dans un lapin en chocolat géant, et laisser de mignonnes petites têtes blondes le découvrir. Ô Joie quand tu nous tiens. C’est plutôt une réussite même si on n’atteint jamais le niveau de creepy du père noël psychopathe. Le problème c’est que malgré un départ en fanfare fichtrement efficace, la série va très vite se perdre elle-même dans ses diverses intrigues et personnages. Le tout devient assez brouillon, les conclusions des sous-intrigues sont souvent assez décevantes et on a parfois l’impression que la série devient débile pour des raisons de facilités d’écriture plus que par choix de ton. Pourtant ce n’est pas une saison de trop, on a su faire évoluer les personnages et leurs problématiques intelligemment. La petite Hailey devient d’ailleurs le personnage le plus intéressant de la série, et avec une sacré longueur d’avance. Après avoir vécu une expérience traumatique en se faisant enlever par le pervers Noël, son innocence d’enfant en a pris un sérieux coup sur le museau. Elle a été forcée de grandir trop vite et voilà qu’elle doit aussi apprendre à gérer son héros de père et tous les problèmes qu’il attire comme un aimant plus ou moins malgré lui, et sa mère qui accuse également difficilement le coup des événements passés dans la saison précédente. Le tout sans son comparse de toujours, Happy, ami imaginaire fidèle qui a quitté sa vie en même temps que son innocence. Servi par une bonne performance d’une épatante maturité de son interprète Bryce Lorenzo, son personnage est une des grandes réussites de cette saison.Nick prend également un chemin intéressant, désireux de devenir un bon père pour sa fille, il va devoir lutter contre ses pulsions de meurtres et ses addictions. Toujours remarquablement interprété par Christopher Meloni, il continue d’être un des meilleurs personnages de flic/épave qui soit, et le facteur fun majeur de la série.Happy quant à lui, est un peu transparent et peine à trouver sa place dans cette saison qui n’a pas vraiment besoin de lui pour avancer. Mais c’est là toute sa problématique : Nick a-t-il vraiment besoin de lui ? Quel est son rôle ? Le monde est-il encore un endroit pour les amis imaginaires ?

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Malgré les défauts qu’on peut lui reconnaître, on sort de cette saison avec des sentiments contradictoires, un arrière-goût âpre et une déprime latente. Et elle trouve ici sa plus grande force. La série propose, au-delà de ses aires d’immense farce souvent stupide et vulgaire, une critique assez virulente de l’industrie du divertissement et de la société en général (« Make Easter Great Again », c’est assez évident) dans ce qu’elle a d’aliénant pour les enfants de par son cynisme décomplexé et sa perversité a peine voilée. Si on s’amuse certes beaucoup devant ce spectacle grotesque, on trouve derrière cette euphorie macabre un sentiment plus intangible, une certaine sensation de malaise. Il y a quelque chose de déchirant à regarder cette petite fille de onze ans perdre tous ses repères et être instrumentalisée par les pires pervers qui soient, à contempler les dessous décadent d’un univers supposément innocent aux couleurs de l’arc-en-ciel, et encore plus à contempler cet univers s’afficher dans toute sa nocivité pestilentielle sans pudeur et ne voir personne broncher. On termine la saison affublé d’un sentiment insidieux d’impuissance face à une société malade. Tous les héros échouent dans leurs quêtes, le mal triomphe et l’innocence est finalement annihilée, sans laisser une once d’espoir dans son sillage. Le monde est un lieu triste et désenchanté, où les adultes comme les enfants ont cessé de croire. Mais tout n’est pas noir, on peut toujours s’amuser en allant massacrer des vieux nazis dans des maisons de retraites à thème troisième Reich. Kevin


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