J’ai quelque chose à vous dire… Marc Esposito

Dimanche 08 juillet 2019

Très cher Marc,

Je referme à l'instant vos Mémoires d'un enfant du cinéma - Les Années Première. J'ai pris mon temps, je l'ai dégusté ce livre que j'ai tellement attendu, entre excitation et impatience. J'ai été déçu, je dois vous l'avouer, qu'il ne soit pas plus long que ces 530 courtes pages qui se lisent en un éclair. Une vie, la vôtre, et ces années bénies où, aux commandes du magazine de cinéma Première, vous avez éduqué des cinéphiles comme moi, par l'intermédiaire de vos articles, de vos interviews, de vos critiques, de vos portraits d'acteurs et d'actrices, de vos fiches cinéma... J'étais adolescent et je vous lisais, passionné et exalté, le cœur battant la chamade à l'idée de découvrir les nouveaux numéros que je dévorerais de la première à la dernière page, avide d'en savoir plus sur ce monde des paillettes et des projecteurs qui me faisait tant rêver et fasciné à la fois par vos rencontres, vos emballements, vos coups de sang que par votre écriture, fluide, agréable, sincère à portée de coeur, drôle et vivante que j'aimais sans discontinuer et avec cette envie grandissante chevillée au corps de plus tard " faire Marc Esposito" . Je n'ai jamais autant admiré des journalistes que vous et Jean-Pierre Lavoignat, votre ami et " frère choisi " durant toutes ces années magnifiques parce que lorsque je vous lisais (même si je n'étais pas d'accord avec tout) j'avais l'impression que vous n'écriviez rien que pour moi. Vous avez forgé ma cinéphilie, l'avez dirigée sans même le savoir dans la direction à mon sens la plus noble, celle de la culture populaire. J'étais et je suis encore " bon public " comme on dit et je peux adorer des œuvres ou des artistes qu'une certaine intelligentsia se plaît à vouer aux gémonies et je m'en félicite chaque jour (même si je peux être tenté parfois, voire même plus souvent qu'à mon tour, de jouer moi aussi les intellos, je reviens vite à mes premières amours, celles d'un cinéma qui m'émeut, me touche, me renverse, m'éblouit, me fait rire aux éclats, un cinéma qui télescope ma personnalité que j'espère à la fois exigeante et grand public). Tout cela je vous le dois en grande partie, car vos feuillets noircis durant vos années de presse sont devenus des totems que je plaçais plus haut que tout. Je vous dois surtout l'envie qui ne m'a jamais quittée (et qui n'est devenue concrète qu'en 2011) d'écrire sur le cinéma. Je vous dois d'avoir aimé et découvert le cinéma de Bertrand Blier, mais pas seulement. J'ai grâce à vous adoré plus encore l'œuvre de Claude Sautet, me suis pris de passion pour Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, suis tombé raide dingue de Julia Roberts, j'en passe, le name dropping n'en finirait plus....

En lisant ces Mémoires d'un enfant du cinéma - Les Années Première j'ai retrouvé ce que j'adore dans votre écriture et qui ne se dément toujours pas, c'est votre sincérité et votre amour des acteurs qui transpire de chaque page de votre livre. Journaliste, vous étiez un passionné qui parlait à d'autres passionnés et vous étiez devenu un passeur magnifique qui avait rallié à sa cause, celle d'un cinéma audacieux et moderne, des centaines de milliers de lecteurs. Vous saviez trouvé les mots -et vous les trouvez encore tout aussi bien dans votre livre- pour faire parler votre enthousiasme, votre ferveur, votre énergie, et l'on retrouve encore tout ça dans vos Mémoires. Comme lorsque je lisais vos articles à l'époque, j'ai été ému aux larmes par certaines de vos pages, j'ai éclaté de rire en en lisant d'autres (par exemple, Joe Pesci dans Les Affranchis étant comparé... à la fée Clochette dans une scène surréaliste survenue en compagnie de Depardieu), je me suis plongé dans vos mots comme dans un bain d'or dans lequel on se love sans plus vouloir en sortir. Vous signez des pages sur Dewaere, Depardieu, Adjani, Deneuve, Lambert qui sont bouleversantes de tendresse et de sincérité mêlées, vous m'avez scotché par votre manière si naturelle d'écrire qui m'éblouit encore littéralement et qui m'a séduit dès les premiers mots que j'ai lu de vous.

J’ai quelque chose à vous dire… Marc Esposito

On retrouve dans votre livre tout le cinéma des années 70 et 80, les stars qui en furent la sève créatrice, l'amour du Cinéma et de ses excès, l'insouciance de la jeunesse et des partis pris tranchés, parfois excessifs et provocants, mais jamais gratuits ou brandis sur l'autel de la posture. Vous parlez du cinéma mais aussi du patron de presse que vous étiez, qui était un acharné du travail et qui a su fédérer autour de lui une équipe, qui, dans sa grande majorité, vous est toujours restée fidèle. J'avais beau connaitre quasiment tous les passages du livre à l'avance (c'est une autre histoire), je ne savais pas dans quel ordre ils allaient arrivés, comment le livre serait agencé et m'emporterait au cœur de cette époque que je ne vivais alors que par procuration, puis via le grand écran. Pour tous les amoureux du cinéma pour qui Première a compté, cet ouvrage est non seulement un témoignage précieux d'une aventure de presse écrite unique en son genre mais également un vrai plaisir de lecteur et de cinéphile, un livre dans lequel vous racontez des anecdotes magnifiques et où vous écrivez aussi des passages splendides sur l'amour que vous portez à votre fille.

Je pourrais continuer à écrire des tartines pour raconter comment votre travail de journaliste, de scénariste, de réalisateur, d'auteur de théâtre et de chansons et votre parcours d'homme me parle et me touche et que j'étais et serais là à chacune de vos prochaines aventures éditoriales mais j'ai surtout envie de lancer un cri. Car tout ce qui compte en vérité c'est : A quand le Tome 2 qui racontera les années Studio Magazine jusqu'au premier volet du Cœur des Hommes ? L'impatience me gagnait déjà en refermant ce livre que je jubile de voir sur les étals des librairies, l'attente sera interminable à n'en pas douter. Mais une chose est sure, c'est que Mémoires d'un enfant du cinéma - Les Années Première est déjà un must read et qu'aujourd'hui, d'avoir été l'un de ceux qui ont provoqué la naissance de ce livre me remplit de joie et de fierté.

Votre dévoué Fred Teper

Mémoires d'un enfant du cinéma -Les Années Première de Marc Esposito - Éditions Robert Laffont


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