[CRITIQUE] : Happiness Machine


[CRITIQUE] : Happiness Machine

Filmstill © Susi Jirkuff — Vermessung der Distanz

Réalisatrices : Ana Nedeljkovic, Andrea Schneider, Eni Brandner, Joanna Kozuch, Michelle Kranot, Rebecca Bloecher, Samantha Moore, Susi Jirkuff, Vessela Dantcheva et Elizabeth Hobbs

Acteurs : -
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Animation
Nationalité : Allemand, Autrichien, Danois, Britannique, Serbe,
Durée : 1h17min

Synopsis :

Happiness Machine est un programme de courts métrages né de la rencontre de 10 animatrices et de 10 compositrices venues de l’Europe entière, rassemblées par Klangforum Wien et Tricky Women autour de la question suivante : à quel point le modèle économique actuel affecte-t-il nos vies et notre droit au bonheur ? Dans une variété de registres allant de la satire au conte de fée, en passant par le documentaire, ces artistes s’amusent à déconstruire le système pour pointer du doigt ce qui le sclérose ou en proposer des versions alternatives, plus propices à l’épanouissement. Une réflexion collective et créative qui donne à questionner le monde dans lequel on vit et à l’appréhender d’un œil nouveau.


Critique :


Compliqué à aborder,#HappinessMachine est un film à encourager parce qu’il met les femmes de la profession en avant, mais aussi parce qu’il les laisse s’exprimer sur un thème politique précis, avec beaucoup de liberté, ce que peu de médias osent faire (@CookieTime_LE) #Annecy2019 pic.twitter.com/fW4iM2ytXy— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) June 17, 2019

Le festival Tricky Women, qui se passe à Vienne chaque année au mois de mars, est un festival qui se consacre à mettre en lumière les femmes dans l’animation. Cette année, le festival est allé plus loin et en collaboration avec Klangforum Wien, un orchestre autrichien, Tricky Women a associé dix animatrices avec dix compositrices pour créer Happiness Machine. Nous avons eu la chance de pouvoir visionner le film, pendant une séance spéciale, au festival du film d’animation d’Annecy.

Happiness Machine est un projet simple : un film découpé en dix court-métrages d’animation, réalisés par dix femmes différentes, avec une musique uniquement composée par des femmes. Un thème commun : des interprétations différentes de la théorie du bien commun (The common good), qui parle de la consommation et la cupidité, la solidarité et la concurrence, l’unité et la rébellion.
[CRITIQUE] : Happiness Machine

Les films sont tous différents, avec une technique d’animation propre. Eni Brandner, une des réalisatrices présente à la projection a confirmé qu’aucune d’entre elles ne savait ce que faisait l’autre. Ce qui donne un résultat un peu bancal. Certains films sont très abstraits, expérimentaux, comme le court-métrage The Flounders, qui se place au tout début, réalisé par l’animatrice britannique Elizabeth Hobbs et qui est une interprétation du conte des frères Grimm, Un pêcheur et sa femme (un pêcheur avide, prêt à acquérir plus de richesse au dépend du bien être des poissons). Dans un style tout aussi abstrait, nous avons le court-métrage qui se place au centre du film, The Happiness Machine, réalisé par l’animatrice serbe Ana Nedeljkovic, qui a décidé de parler du monde des entreprises et ses dérives : la cupidité financière amène le harcèlement, les violations des droits de l’homme et une pratique pas toujours idéale de la politique environnementale.


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Mais nous avons aussi des films qui arrive à nous émouvoir, par leur portée poétique, comme celui de Michelle Kranot, animatrice danoise. Son Suggestion of least resistance est basé sur la révolte de juillet 1927 en Autriche, un affrontement entre le parti social-démocrate et un parti de droite, comprenant des industriels riches et l’Eglise catholique. Une émeute a éclaté et la police a tiré sur une foule déchaînée et indignée. Plus de 600 blessées, dont 89 morts. La réalisatrice nous montre tout cela avec une force poétique saisissante, avec des feuilles de papier se juxtaposant aux images de foule. Court-métrage au style répétitif, sa force ne nous lâche jamais. Happiness Machine nous propose aussi de l’animation documentaire, avec le film Bloomers de Samantha Moore, animé sur du tissus. Elle donne vie à une usine familiale de lingerie de Manchester, montrant le quotidien des employés.es. Nous avons même dans la bande son les interviews des couturières, qui se mêlent aux bruits des machines et à la musique composée par Malin Bang.


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L’idée était de faire une réelle performance avec Happiness Machine, comme nous l’a expliqué un des producteurs Fabian Driehorst, avec un orchestre qui interprète en direct les musiques (d’où l’association avec Klangforum Wien). Quelques chanceux ont pu voir le film tel qu’il a été pensé, le 8 février en Allemagne, pour la première, puis pendant le festival Tricky Women en mars. Il est dommage que nous n’ayons pas pu avoir une projection en live, même si nous avons eu, quand même, une chance incroyable de le voir. Peut-être que ce film au projet original aurait eu le succès qu’il mérite. Car beaucoup de gens sont partis pendant la séance, il est vrai que son côté abstrait, sa différence de ton (du court-métrage le plus avant-gardiste au conte de fée) en fait un film difficile à définir.


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Pourtant, Happiness Machine est un film à encourager. Parce qu’il met les femmes de la profession en avant, mais aussi parce qu’il les laisse s’exprimer sur un thème politique précis, avec beaucoup de liberté, ce que peu de médias osent faire. Compliqué à aborder, ces dix court-métrage sont la preuve que nous sommes prêts à élever la voix des femmes, tout ce qu’il nous reste à faire maintenant est de les écouter.


Laura Enjolvy


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