Le Jeune Ahmed (2019) de Luc et Jean-Pierre Dardennes

Le retour des frères Dardennes est aussi synonyme de Festival de Cannes où ils reviennent notamment après 2 Palmes d'Or. Les frangins, alter ego belge du britannique Ken Loach poursuivent leur exploration des drames sociaux. Cette fois les deux frères cinéastes racontent une histoire de radicalisation d'un jeune islamiste, même si les cinéastes affirment qu'il ne s'agit pas d'un film sur la radicalisation mais sur l'enfance (?!)... Ainsi l'histoire suit le jeune Ahmed (13, 14, peut-être 15 ans ?!) alors qu'il est déjà radicalisé, déjà sous l'emprise d'un imam épicier, et qui est en conflit avec ses proches plus ouverts et libérés. Un drame et il se retrouve emprisonné dans un centre de réinsertion... Pour ce film les Dardennes n'ont fait appel à aucune star, ce qui n'était pas arrivé depuis (1999), mais ils ont fait appel à des acteurs qu'ils ont déjà fait tourné et, surtout, ils ont casté de nombreux ados pour trouver leurs deux personnages principaux prouvant une nouvelle fois qu'ils ont un talent certain de découvreurs de talents.

Le Jeune Ahmed (2019) de Luc et Jean-Pierre Dardennes

Ainsi le jeune Ahmed est incarné par l'inconnu Idir Ben Addi, l'autre ado important est interprétée par la toute jeune Victoria Bluck. A leurs côtés on reconnaîtra Myriem Akheddiou vue dans "Deux Jours, Une Nuit" (2014) des Dardennes et (2014) de Cédric Jimenez, puis Olivier Bonnaud vu dans "La Fille Inconnue" (2016) et dans "Un Peuple et son Roi" (2018) de Pierre Schoeller... La première bonne idée est que le film ne raconte pas frontalement la radicalisation d'un ado, il l'est déjà quand le film commence mais les cinéastes préfèrent décryptés le fanatisme d'un ado dont on ne comprend pas forcément le pourquoi du comment puisqu'il est dans une famille libre, tolérante et modérée à tous points de vue, qu'il est entouré que par des gens bienveillants à l'exception de cet imam. Le scénario est scindé en deux parties, la radicalisation et surtout son application aux préceptes et aux gestes de sa "foi", suivi de son incarcération en milieu fermé. Evidemment on retrouve cette façon très naturaliste qu'on les frères Dardennes de nous immerger dans l'histoire, où on suit de très près Ahmed jusque dans ses prières et ses ablutions. Les cinéastes découpent leur film de long plan-séquences qui sont assez prenant pour ne pas tomber dans l'ennui de certaines routines inhérents à la pratique religieuse notamment. Outre ce contexte familial et scolaire bienveillant, ce qui interpelle et intéresse c'est que Ahmed est dans une conviction sans faille où tous ceux qui veulent l'aider, toutes les tentatives de "sevrage" semblent toutes vouées à l'échec (ou pas !).

Le Jeune Ahmed (2019) de Luc et Jean-Pierre Dardennes

C'est bel et bien sur ce dernier point que le film des Dardennes est d'une justesse aussi effroyable que triste. Par contre les cinéastes sont un peu plus maladroit avec la relation entre les deux ados, la jeune fille est trop peu étoffée et leur "idylle" s'en ressent, on n'y croit pas une seconde. Mais la vraie et seule déception reste la fin, une fin facile et peu inventive qui soumet surtout que les deux cinéaste n'ont pas su comment se sortir de cette histoire. Il est évident que les Dardennes voulaient une fin optimiste alors même qu'ils se sont laissé happer par ce jeune terroriste en puissance. La dernière déclaration du jeune Ahmed semble donc vaine, incompréhensible et incohérente, ou est-ce juste la futilité des convictions d'une jeunesse vue comme de toute façon naïve et/ou inconséquente ?!... Niveau interprétation on a bien du mal avec Idir Ben Addi/Ahmed, trop robotique trop mécanique on ne décèle que trop rarement une once d'humanité. Par contre, la révélation est Victoria Bluck, on reverra cette jeune actrice assurément. Au final les frères Dardennes signe un film d'une acuité impressionnante, montré d'un angle tout aussi intelligent, il est juste dommage que cette fin ne soit pas aussi subtile et judicieuse.

Note :

Jeune Ahmed (2019) Jean-Pierre DardennesJeune Ahmed (2019) Jean-Pierre Dardennes

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