[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #23. No Retreat, No Surrender

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #23. No Retreat, No Surrender

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !

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#23. Karaté Tiger - Le Tigre Rouge de Corey Yuen (1986). 

La carrière en terre US de notre bon vieux JCVD ne s'est pas vraiment fait en un jour outre-Atlantique, et force est d'avouer qu'il en a littéralement chié pour percer, grâce à sa persévérance et, aussi, au triomphe inespéré du jouissif Bloodsport.

Mais avant le film de Newt Arnold, le karatéka belge a galéré donc, et pas qu'un peu, alignant les présences plus ou moins significatives dans des péloches peu recommandables et encore moins mémorables, et la plus savoureuse d'entre-elles est sans l'ombre d'un doute Karaté Tiger du cinéaste et choragraphe Corey Yuen - loin d'être manchot sur ses terres -, millésime du B movie à (très) forte tendance Z, tellement bête comme ses pieds qu'il en est férocement génial.
Produit à une époque où la Cannon s'était faite experte du film de baston fauché mais suffisamment remuant pour divertir, le film conte l'histoire un temps banal de Jason, karatéka comme toi après trois bières, et qui idolâtre Bruce Lee comme ce n'est pas permis.
Mais son quotidien est vite bousculé lorsqu'il est obligé de quitter son bled natal après que son paternel de senseï, s'est fait gentiment corriger par la mafia russe parce qu'il ne voulait pas vendre son dojo (résultat : un genou pété par un JCVD monolithique et.. un dojo vendu).
Il emmènage alors à Seattle, continue de ne pas recevoir l'amour de son père alcoolique (qui va bosser peu de temps après dans un bar, ça aide), se fait un poto breakdanseur (l'autre spécialité de la Cannon : placé du break dance partout si c'est possible) R.J., et un ennemi gros et raciste (America...), qui paye des gens en hamburger pour s'en faire des amis et les obliger à attaquer Jason - true story.
Mieux, il arrive même à emballer la plus belle fille du coin sans même avoir le moindre rendez-vous avec elle (parce qu'il lui offre un lapin... coucou Playboy) et du coup à se friter avec le jeune "pro" des arts martiaux du dojo local - lui aussi amoureux de la nana -, ce qui va lui offrir une jolie humiliation lors de l'anniversaire de ladite fille.

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Vous nous suivez encore ? Tant mieux, parce que c'est là que cela devient vraiment intéressant.

Ivre de rage et de jalousie, et après s'être embrouillé une ultime fois avec son papounet chérit (qui a même déchiré son poster de Bruce Lee, pas gentil), il part squatter une maison abandonnée, un poster de Bruce Lee sous le bras, avant de supplier le bonhomme de l'aider dans une prière franchement attendrissante (non) devant une bougie.
Bingo, Bruce Lee entend le bonhomme du paradis et apparaît sous la forme d'un fantôme ressemblant bien plus à Jackie Chan qu'au " Petit Dragon " (Kim Tai-chung, qui avait déjà supplée Lee dans l'immonde Le Jeu de la Mort), et décide de devenir son mentor - que lui seul peut voir - et de l'aider à devenir un grand combattant.
Ultime élève de Lee après Chuck Norris donc, Jason suit les préceptes du papa de Brandon, s'entraîne avec son BFF de manière totalement random dans le jardin d'enfants local (faire des abdos avec son ami mangeant une glace, assis sur son pénis... ok) et so Rocky dans le montage, et deviendra le fameux " Tigre Rouge " du titre français - jamais on nous expliquera la signification de ce titre -, capable de tabasser des soulards à la sortie d'un bar ou de défendre le champion du monde de kickboxing dans un tournoi pour le titre mondial, qui se déroule... dans la salle de sport communale du quartier, entre deux matelas de gymnastique, parce que les PPV dans des stades mythiques c'est overrated pour les championnats du monde.
Car oui, le grand frère de son love interest, est rien de moins que le champion du monde et lui aussi est embêté par la mafia russe - décidément la Guerre Froide hein.
Du coup, lui et sa team USA affronte JCVD (qui est donc présent deux minutes au tout début, et pour le combat final), la machine de combat du pays de Poutine, et se font tous laminer un par un dans des combats plutôt bien chorégraphiés - vraiment - sous une ambiance de dingue (quarante personnes assis sur des chaises pliantes, mais l'ingé son fait super bien illusion), avant que Jason, grâce à une technique spéciale que Lee lui a apprise mais qu'il n'a montré dans aucun de ses films, batte Van Damme, venge le genou de son papa, remporte le combat qui n'en est pas un officiel, remporte la Guerre Froide et sauve le monde de la vermine communiste (au moins tout ça).

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Karaté Tiger donc, c'est tout ça à la fois et même bien plus encore, un enchainement de kitscherie extrême mal joué et mal tourné, entre scènes risibles et franchement gênantes, saupoudré d'une VF totalement à la rue et bourré jusqu'à la gueule de dialogues géniaux, ou " The Muscles from Brussels " s'exprime de manière totalement illisible avec un doublage russe du plus bel effet (" Le meilleur, je suis le MEILLEUR " achève tout).

VHS culte dans tous les vidéoclubs de l'époque - ça fout un coup de vieux - qui vaut décemment son pesant de popcorn tellement il est génialement mauvais (il est sorti en salles outre-Atlantique, fou mais vrai), le film a gentiment vu sa côte exploser au moment de l'avénèment de Van Damme dans la jungle Hollywoodienne.
Les autres comédiens n'ont jamais percé et le film s'est même vu franchisé peu de temps après et a connu rien de moins que six suites presque invisibles des radars cinéphiles dans l'hexagone.
Et c'est sans doute mieux comme ça...


Jonathan Chevrier

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