Monsieur

MonsieurPretty Indy Woman ?
Une énième histoire d’amour impossible entre un homme et une femme issus de milieux si différents qu’incompatibles ? Oui, bien entendu que l’on peut voir du « Pretty Woman » à la sauce indienne pour les plus sournois ; les plus cinéphiles y verront plutôt une référence à un cinéma moins commercial et plus fin, « In the mood for love ». On est dans une comédie romantique classique et de très bonne tenue qui rappelle le cinéma hollywoodien des grandes heures. Primé à Cannes, Saint-Jean de Luz et Cabourg ; un film du monde à festival ; bien plus que çà, une histoire d’amour universelle traversée par la condition de la femme en Inde et les mutations sociétales à venir dans ce pays. Une jeune femme veuve vient de sa campagne pour faire la servante à Bombay chez un jeune homme de très bonne famille dont les espoirs de mariage viennent de voler en éclat. Dans cette société où les castes n’existent plus officiellement mais où les traditions restent malgré tout bien ancrées, une relation sentimentale n’est tout bonnement même pas envisageable ; et çà ne les traversent nullement. Elle, souhaite profiter de la ville pour se réaliser et s’émanciper : devenir couturière, elle représente les forces combatives de ce pays. Fataliste quant à son statut dans cette société ; mais elle représente à son insu un mouvement de fond qui devrait traverser la société indienne. Lui, perdu dans un monde dans lequel il ne se reconnait plus après un long moment de vie aux EU ; il représente la société des nantis acceptant le changement de donne. Et par de maigres moments succincts dans ce bel appartement dont ils ne partagent que les murs et parfois la cuisine va se nouer un véritable lien, une jolie histoire d’entraide et de soutien qui va se convertir en amour impossible à concrétiser. Un maître ne sort pas avec sa bonne ; c’est acté et conscientisé par les deux jeunes gens ; on comprend qu’il faudra 2-3 générations pour que les choses changent en profondeur dans ce pays. Très fin, tendre ; ce film est aussi bien une romance sentimentale, qu’une peinture sociale juste, qu’une étude des caractères, qu’un drame intime. La jeune réalisatrice dont c’est le premier film, Rohena Gera, n’offre pas un film militant et manichéen ; elle se place juste en observatrice de l’emprise des conventions sur l’intime. Tout cela dans une mise en scène gracieuse. Juste pour faire la fine bouche. Cousu de fil blanc, le final fait du bien malgré tout car il laisse la place à une vision positive du champ des possibles dans cette société cloisonnée ; mais si utopiste. Même si on passe un très bon moment ; on aurait aimé un peu plus d’aspérités pour un projet final entre le subversif « The housemaid » et l’académique « Miss Daisy et son chauffeur ». L’actrice principale, Tillotama Shome, apporte une intensité dans la détermination de cette jeune femme et une tendresse qui rendent ce personnage plus complexe que les bluettes romantiques type « Pretty Woman ». Verdict : on est dans la même mouvance que ce dernier mais le produit final est radicalement différent. A voir absolument, mon dernier fil indien était « The lunchbox » ; une véritable perle.

Sorti en 2018
Ma note:  15/20

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