Capharnaüm

CapharnaümKid libanais
Caméra sur l’épaule du jeune Zain dont nous et lui-même ne connaissons pas l’âge (environ 12 ans) ; à travers ses yeux, c’est un film à charge sur le sort fait aux enfants réfugiés ou pauvres locaux dans le Liban d’aujourd’hui. Le film s’ouvre sur le procès que le jeune garçon intente à ses parents souhaitant obtenir l’interdiction par le tribunal à ses parents d’enfanter à nouveau ; afin de prévenir de potentiels futures vies massacrées par des gens inaptes à s’occuper d’enfants. Puis le flash-back débute afin de comprendre comment on en est arrivé là. Déjà, çà laisse songeur lorsque le gouvernement français fait blocus pour accueillir 100 migrants plantés en pleine mer à bord de l’Aquarius. Le Liban, c’est un million de réfugiés vivant dans des conditions indignes pour une population de 6 millions d’habitants. Et c’est le premier message fort délivré par ce film quand on voie le piètre sort réservé à ses populations que l’on laisse croupir aux portes de l’Europe. Et c’est cette émotion palpable tout au long du film qui lui valut le Prix du Jury à Cannes, les larmes de Cate Blanchett en fin de projection en atteste. Et avec moi çà marche aussi, dès lors que l’on traite de l’enfance sacrifiée ; mais ne soyons pas dupes, les intentions sont très appuyées. Le mélo je m’en accommode, mais c’est trop insistant et cela vient aussi du fait que plutôt que de se concentrer sur un sujet ou deux, Nadine Labaki accumule les sujets misérabilistes : immigration, pauvreté, injustice sociale, enfance maltraitée, enfants abandonnés, migrants exploités, condition de la femme et des filles,… Le tableau finit par être chargé ; pour au final clore son film par un optimisme limite béat dans lequel toutes les pièces du puzzle finissent par se ré imbriquer à merveille. La réalisatrice du très fin « Caramel » utilise un peu trop la truelle ici. Heureusement elle parvient à faire vivre ses personnages dont le génial Zain jouant comme les autres son propre rôle. Magnifique enfant qui aurait pu prétendre au prix d’interprétation à Cannes. Ce petit garçon et tout ceux qui l’entourent sauvent ce film d’un pathos larmoyant par leur interprétation.Et pour faire synthèse, dans Ecran Large : « "Capharnaüm" jouit d'une véritable énergie grâce à sa mise en scène brute et son jeune comédien déterminé. Dommage qu'il tombe au fur et à mesure dans un misérabilisme larmoyant qui balaie toutes ses bonnes intentions humanistes voire les remet en question. »
Sorti en 2018
Ma note: 14/20