Hana-Bi

Un grand merci à La Rabbia pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Hana-Bi » de Takeshi Kitano.

Hana_Bi

« Un flic démissionnaire, c’est un cave ? »

Nishi est policier. Son épouse est atteinte d’un cancer en phase terminale. Suite à une fusillade, son partenaire Horibe devient paraplégique et un autre de ses collègues est tué. Nishi démissionne alors afin de commettre un casse pour rembourser d’importantes dettes contractées auprès des yakuzas et, finalement, chercher un sens à sa vie…

« Même entre mari et femme, au fond, c’est chacun pour soi »

Hana_Bi_DVD

Ex-trublion de la télévision japonaise réputé pour son humour décalé et froid, Takeshi Kitano est devenu une figure médiatique incontournable au Japon dès la fin des années 70. De quoi attirer rapidement l’attention de la production cinématographique locale qui lui propose des seconds rôles plus ou moins importants dès le début des années 80. S’il est ainsi remarqué dans le film de guerre « Furyo » de Oshima, il se spécialisera ensuite dans les polars et les films de yakuzas. Mais il faut attendre « Violent cop » en 1989 pour le voir faire ses débuts de réalisateur en remplacement d’un cinéaste tombé malade. Si le film rencontrera un grand succès public, pour Kitano l’expérience sera une véritable révélation. Dès lors, il n’arrêtera plus de tourner : des films de yakuzas tout d’abord durant les années 90 avant de glisser peu à peu vers un cinéma plus volontiers intimiste et parfois même expérimental. Mais l’acmé de sa carrière de cinéaste se situe sans doute dans la deuxième moitié des années 90 où, après un terrible accident de moto dont il réchappe de peu, il signe coup sur coup trois films dont le succès lui permet d’accéder à la reconnaissance internationale : « Kids return » (1996), « Hana-Bi » (1997) pour lequel il décroche le Lion d’or au Festival de Venise, et enfin « L’été de Kikujiro » (1999).

« Il y a des fois où la médecine ne peut pas faire de miracle »

Hana_Bi_Kitano

« Hana-Bi ». Littéralement « Feu d’artifice ». Comme une explosion de lumière qui vient déchirer la nuit. « Hana-bi » est ainsi, de prime abord, un film policier. L'histoire d'un flic brisé, désabusé, qui passe la main suite à une affaire qui a mal tournée et dans laquelle plusieurs de ses collègues resteront sur le carreau. C'est aussi une histoire d'amitié virile entre ce même flic et ses anciens partenaires, liés par ce terrible drame dont aucun n'est vraiment sorti indemne. Mais « Hana-bi » reste surtout une formidable histoire d'amour. Une fuite en avant échevelée, envers et contre tous, contre la maladie, contre le monde établi et contre le malheur. Le sacrifice ultime d'un homme pour offrir une fin joyeuse et paisible a sa femme malade. Un conte finalement assez minimaliste et dans lequel on devine une dimension très personnelle, notamment à travers ce personnage de policier paraplégique qui trouve la rédemption par le biais de la peinture (ce sont d'ailleurs les œuvres de Kitano qui illustrent le film). Mais comme toujours chez Kitano, les sujets les plus dramatiques sont traités avec une part d'humour et de légèreté. Comme lorsque le héros se prend en photo avec sa femme et qu’un camion passe devant eux, qu'il sonne les cloches dans un temple pour faire rire un enfant ou encore lorsqu'il se débarrasse sine die d'un groupe de yakuzas menaçant. Un étonnant mélange des genres qui donne lieu à un film contemplatif, bourré d'émotions et d'une infinie tendresse. Pour la première fois dans son œuvre, Kitano fend un peu sa carapace de gros dur pour révéler sa part de sensibilité. Sans doute son plus grand film.

Hana_Bi_Beat_Takeshi

****

Le blu-ray : Le film est proposé en version restaurée, en version originale japonaise (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

Côté bonus, le film est accompagné d’un Making of (16 min.) ainsi que d’une Bande-annonce version restaurée.

Edité par La Rabbia, « Hana-Bi » est disponible en édition limitée digibook, comprenant le blu-ray et le DVD du film, le CD de la musique du film signée Joe Hisaichi ainsi qu’un livret de 40 pages, depuis le 6 juin 2018.

Le site Internet de La Rabbia est ici. Sa page Facebook est ici.


wallpaper-1019588
[CRITIQUE] : Okko et les Fantômes
wallpaper-1019588
[CRITIQUE] : J’ai perdu mon corps
wallpaper-1019588
[AVIS] Overlord, les méchants nazis !
wallpaper-1019588
[CRITIQUE] : Nicky Larson Private Eyes
wallpaper-1019588
Godzilla (1954) de Ishiro Honda
wallpaper-1019588
Premières images officielles pour Underwater de William Eubank
wallpaper-1019588
Box-Office US du week-end du 16/08/2019 : Jacob Tremblay et ses potes détrônent Hobbs et Shaw !
wallpaper-1019588
Premier court teaser trailer pour Fais-Moi Peur de D.J. Caruso