Critiques en séries : de la Casa de Papel à 13 Reasons Why

Critiques en séries : de la Casa de Papel à 13 Reasons Why

On a eu un peu de temps ce mois-ci pour regarder un paquet de séries. Voici donc quelques avis express sur plusieurs d’entre elles, de la série phénomène la Casa de Papel à la plus engagée Fiertés en passant par les frissons de the Terror, les larmes de Rise et aussi the Looming Tower, Happy et Wild Wild Country, sans oublier l’attendue seconde saison de 13 Reasons Why. Bref, il y a de quoi faire.

La Casa de Papel : Prison Break ibérique

Critiques en séries : de la Casa de Papel à 13 Reasons Why

Commençons donc avec le phénomène des dernières semaines sur Netflix. Le réseau avait récupéré les droits de diffusion de la série espagnole la Casa de Papel et l’a reformaté pour obtenir un produit très efficace qui a fait son petit effet surprise. Le pitch est pourtant simple, tournant autour d’une banque de braqueurs qui s’en prend à la fabrique nationale de monnaie. Le braquage du siècle organisé par celui que l’on appelle El Professor, entouré d’une bande de personnages hauts en couleurs mais surtout tous énervés … et énervants.

Car il faut dire ce qui est, tous les personnages, braqueurs ou victimes, retournent leur veste sans arrêt et ont des réactions à l’opposé de toute rationnalité, jusqu’à une love story improbable en deux jours. Tout cela pour créer un peu de tension et des rebondissements de moins en moins crédibles à mesure que la série avance. Tout est complètement artificiel avec d’énorme trous scénaristiques et incohérences (pas de liens entre les braqueurs mais deux d’entre eux sont père et fils …), bref, rien de logique, à l’image de ce qu’était devenu Prison Break. Mais alors pourquoi on a quand même continué à regarder ? D’une part car c’est tout de même un peu engagé avec des personnages féminin fort et revendique une idéologie pseudo-révolutionnaire, mais surtout c’est réalisé avec une efficacité redoutable. Mais ça ne va bien pas plus loin que ça.

The Terror : l’Arctique rend fou

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A la fin du XIXe siècle, une expédition tentait de relier l’Angleterre et le Canada en ouvrant un passage à travers l’Arctique. Mais les deux navires se retrouvent bloqué et nous n’avons jamais su ce qui était arrivé. De cette histoire, Dan Simmons a tiré un roman The Terror (du non de l’un des deux bateaux) maintenant adapté en mini-série produite par Ridley Scott pour AMC.

Nous nous retrouvons donc directement dans le froid polaire (seuls quelques flashbacks nous ferons retrouver un peu de chaleur) avec les équipages des deux bateaux bloqués et effrayés. Mais très vite les événements dégénèrent. Alors qu’une créature semble décimer les membres petit à petits, la peur, la faim et le froid commencent à rendre tout ce monde complètement cinglé. Car bien plus qu’une histoire de monstre avec une dimension fantastique et presque chamanique, c’est surtout l’évolution de la paranoïa au sein de l’équipage qui est très bien rendu par l’écriture et la réalisation, sans oublier le jeu des acteurs avec une mention spéciale pour Jared Harris. Bref, une étude de caractère prennant et qui donne vraiment quelques frissons.

Fiertés  : engagement LGBT sur Arte

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Le réalisateur Philippe Faucon est depuis longtemps engagés sur les causes sociales. C’est naturellement qu’Arte est venu le chercher pour mettre en boîte les 3 épisodes de Fiertés, s’intéressant à 3 décénnie de lutte pour les droits LGBT+ à travers le prisme d’un couple gay. Un premier épisode sur la découverte et le coming out, un second sur le pacs et l’adoption et enfin un troisième sur le mariage gay, tout cela avec le sida, les relations avec l’entourage, et de nombreux utres problèmes.

L’écriture est bien travaillée et permet, par le point de vue intime, d’aborder le sujet de manière finalement assez universelle. Mais cela reste dans l’ensemble tout de même très didactique et explicatif sans prendre de point de vue fort sur le sujet, se contenant de rester à une hauteur de couple avec un style « vérité sociale » qui manque d’ampleur (avec 3 décors et 3 personnages). Beaucoup de scène font ainsi empilage d’anecdote avec des acteurs à la manière de jouer assez théatrale et sans attachements. On suivra donc la série plus pour son sujet que pour un récit qui nous emporte.

The Looming Tower : ce qui a mené au 9/11

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La plateforme Hulu n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat en adaptant le roman de Lawrence Wright en mini-série. En effet, the Looming Tower s’intéresse aux enquêtes de la CIA et du FBI et surtout à la non coordination et même la compétition entre les 2 services dans les années 90 et début 2000. Des désaccords qui ont mené à des défaillances et oublié qui auraient peut-être pu empecher la catastrophe du 11 septembre 2001.

En effet, ici la concurrence entre les deux services de renseignements américains est mise en avant. Leurs méthodes différentes, les croche-pattes des chefs pour être mieux vus du président, les guerres d’égos ont permis la non surveillance de certains terroristes. Et pourtant, sur le terrain, les hommes sont bien engagés, donc Ali Soufan qui permet de donner un autre éclairage sur l’Islam (incarné par Tahar Rahim, convaincant dans un bon rôle en anglais). Une bonne découverte des rouages du renseignement US.

Rise : quand Glee la joue sérieux

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Ce devait être un peu la nouvelle série dramatique pour ados. Il n’y aura finalement qu’une saison. Pourtant tout partait bien avec cette histoire reprenant, comme Glee le principe de construction d’un spectacle musical. Mais cette fois-ci avec une ambiance plus sérieuse et sociale sur les relation enfants-parents avec des profs impliqués comme Friday Night Lights (dont le créateur était justement producteur).
On se retrouve donc avec une série de clichés enchainés pour les personnages (parents absents, malades ou infidèles, enfants qui découvrent l’amour ou leur sexualité) sans pour autant les rendre lourds puisqu’ils s’avèrent finalement tous assez attachants. Et comme l’ensemble qui nous mêne jusqu’à la représentation d’une comédie musicale socialement engagé est plutôt bien écrit, cela fonctionne vraiment bien. Mais l’ensemble est finalement peut-être trop sérieux avec des personnages qui jouent leur vie à chaque minute pour convaincre pleinement.

Wild Wild Country : les coulisses d’un nouveau culte US

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Netflix a toujours la bonne idée de produire de bonnes séries documentaires qui nous retournent. C’était le cas avec Making a Murderer ou les secrets de the Keepers, ça l’est encore avec Wild Wild Country. Cette fois, on s’intéresse a une communauté controversée du gourou indien Rajneesh qui a commencé à s’installer en Oregon. Celle-ci a pris de plus en plus d’importance jusqu’a exploser dans années 80 en conflit politique.

En 6 épisodes, la série retrace la montée en puissance du culte, le fantôme de son charismatique dirigeant et les méthodes de plus en plus radicale de son bras droit à l’égo surdimensionné. A force de témoignages et d’archives, on découvre donc comment s’est construit cette secte et à quel point ses membres ne peuvent s’en détourner. Et plus on avance, plus on découvre comment ses dirigeant s’éloignent de ces principes hippies (communauté auto-suffisante, paix avec soi et avec la terre, liberté sexuelle) pour manipuler politiquement les éléctions locales, jusqu’à ensuite des menaces de morts. Tout cela est très sérieux et fait froid dans le dos tout en donnant encore une fois un portrait peu flatteur des USA. Passionnant.

Happy : ami imaginaire déjanté

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Sorti en 2013, Happy est un petit comics aux accent de polar un peu déjanté écrit par le légendaire Grant Morrison. Un comics un peu anecdotique dans la carrière de celui qui a réinventé Batman, la Justice League et les X-Men. On pouvait donc se demander pourquoi il a lui-même souhaité en faire une adaptation télévisée pour la chaîne SyFy. Le verdict est tombé en décembre et la série est maintenant dispo sur Netflix : le polar version tv est encore plus cinglé.
Un ancien flic cynique et à la ramasse, Nick Saxe voit soudain l’ami imaginaire d’une jeune fille qui vient d’être kidnappée par un père Noël tout ce qu’il y a de plus glauque. Il va donc partir à sa recherche et se retrouver mêler à des histoires qu’il n’imaginait pas.

Sur 8 épisodes, la série ne laisse jamais tomber son rythme et sa folie, nous entrainant des les recoins mal famés de la ville et de l’esprit malade de certains de ses mafieux. Il nous fait complètement délirer avec sa réflexion sur les amis imaginaires et nous attendrit en même temps avec cette relation père-fille qui doit se nouer (pour tout cela, la prestation de Christopher Meloni est assez marquante). Ajoutant de nombreux éléments au comics, il y a une vraie fin et on se demande maintenant ce que les auteurs vont pouvoir trouver pour la suite puisque la série à été signée pour une seconde saison qui devra donc forcément s’affranchir du comics.

13 Reasons Why 2 : quelle utilité ?

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Phénomène lors de la sortie de sa première saison sur Netflix, 13 Reasons Why était un teen drama aussi bien écrit et joué qu’il était important pour aborder la thématique du harcèlement au lycée de manière réaliste et subtile. Les 13 épisodes formaient un tout qui foncionnait très bien en adaptant complètement le livre de Jay Asher. Mais devant le succès, une seconde saison a été commandée, sans avoir le matériau de départ (mais après tout, Handmaid’s Tale fait la même chose alors pourquoi pas). On pouvait donc se demander en quoi la seconde saison serait utile.

Et malheureusement, dès les premiers épisodes, on sent que quelque chose cloche. Une structure reposant encore une fois sur des témoignages, cette fois-ci lors du procès et des polaroïds. Mais l’ensemble tourne vite en rond avec des élèves qui deviennent de moins en moins intéréssants au fur et à mesure des révélations qui sont ajoutées ici de manière assez superficielle. D’autant plus que le regroupement de certains face à une cause unique contredit complètement le message initial de la série sur les multiples raisons qui ont mené au suicide d’Hannah. Celle-ci apparait ici d’ailleurs comme un fantôme assez irritant, anéantissant toute la sympathie qu’on avait pour elle. En plus de cela, la série s’intéresse finalement toujours assez peu aux adultes alors que c’était l’un des aspects qui pouvaient la faire grandir.

Bien entendu, tout n’est quand même pas raté dans la série et le message sur la violence dont sont victimes les femmes et les lycéens reste important, même si il est maintenant avancé avec des gros sabots. Et il y a toujours de très belles scènes (the night we met). Mais le final violent risque d’annoncer une saison 3 qui partirait encore plus dans la surenchère, abandonnant alors petit à petit toute crédibilité et subtilité. Dommage.


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