La belle et la meute

La belle et la meuteNuit, tu me fais peur
Formée à la section scénario de la Femis, Kaouther Ben Hania incarne le vent nouveau soufflant en Tunisie après la Révolution de jasmin. Avec ce second long métrage plus abouti mais tout autant documenté que le précédent, elle figura même à Cannes dans la section « Un certain regard ». Comme pour « Le challah de Tunis », la cinéaste tunisienne condamne ostensiblement les débordements de son pays pas encore au rang d’une vraie démocratie. Sociétal, politique mais construit comme un thriller ; c’est un film à charge contre une société corrompue. Comme tous les films militants, il est parfois caricatural mais tellement utile. L’histoire : c’est une jeune femme qui se fait violer par des flics et qui au moment de porter plainte ou de faire constater par un légiste ce crime se retrouve confronter à une société archaïque dans laquelle la place de la femme est très secondaire. Notre pays est plus évolué mais quand on sait comment il est difficile en France pour une femme de porter plainte pour violence conjugale ou quelles réflexions peut encore entendre une femme victime de viol si elle portait une jupe… çà laisse pensif. Là en Tunisie, çà prend un autre tour, la jeune Miriam mène une lutte du pot de terre contre le pot de fer. Kaouther Ben Hania, pour rendre son film dynamique, condense son récit sur une nuit durant laquelle la jeune femme va être violée, va essayer de le faire constater et essayer de porter plainte ; passant de victime à véritable citoyenne engagée pour la lutte de ses droits en quelques heures. L’héroïne (plutôt la victime) incarne un véritable trajet intérieur que les deux autres femmes du film (la flic et l’infirmière) n’ont pu ou ont renoncé à effectuer. Elle devient donc le miroir d’une jeunesse prête à tout mettre en œuvre pour que la société bouge. « Victoria » vous avez vu ? Là où Schipper tournait en un seul plan séquence sur une nuit ; Kaouther découpe son film en neuf plans impressionnants témoignant de sa grande maitrise de la mise en scène. Quelque fois démonstrative, elle a très bon goût de jouer intelligemment avec les ellipses ; sa première ellipse entre les parties 1 et 2 permet de laisser hors champ le viol et de laisser le récit construire les événements s’étant déroulé durant cette dernière. La mise en scène est aussi importante pour basculer dans un conte virant à l’horreur dans l’enceinte du commissariat ; les flics surgissent de partout tels des zombies. Après 1h40 de film, on ressort bien secoué par ce condensé de déni des droits de l’Homme et surtout de la Femme. A voir
Sorti en 2017
Ma note: 15/20

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