[Critique] – Wonder – Stephen Chobsky

[Critique] – Wonder – Stephen Chobsky

Après nous avoir fait découvrir Le Monde de Charlie il y a quatre ans, Stephen Chobsky nous emmène à celui d'Auggie, jeune homme atteint d'une malformation physique à sa naissance entrant dans le monde du collège avec la crainte des brimades de ses nouveaux camarades et le soutien d'une famille sans cesse à ses côtés. Un conte de Noël touchant tirant souvent la corde de la facilité.

Comme dans son précédent film, Chobsky nous présente un portrait d'un jeune homme en difficulté. Quand Charlie cherchait à trouver sa place dans l'environnement du lycée avec la difficulté imposée par ses traumas, Auggie va tenter ici non pas de chercher une place mais de s'imposer à l'école en faisant fi de l'harcèlement de ses camarades. Non, sans facilité pourtant. Bien entendu, vu la mièvrerie apportée au traitement de cette histoire, difficile ne pas voir où le film va emmener son héros. D'abord victime, le héros va apprendre à surmonter ses ennemis pour mieux triompher à la fin en remportant de nombreux prix à l'écran. Une histoire toute simple, touchante et facilement racontable en une petite heure. Sauf que Wonder a eu la fâcheuse idée de transmettre sa bienveillance à chaque personnage, quitte à faire durer le plus longtemps et à excuser les pires comportements montrés dans le film.

Chapitrés par les portraits des protagonistes tournant autour du héros, Wonder essaie de proposer une galerie sans manichéisme de ces gens, quitte à mal doser l'ajustement entre les bonnes et mauvaises actions de ses personnages. Comment peut-on excuser en deux secondes le comportement d'harceleur d'un enfant, essayant même de pousser à de nombreuses reprises sa victime à se tuer ? A force de vouloir mettre tout le monde sous une lumière radieuse, Wonder passe souvent de la mièvrerie innocente et parfaite pour un film de Noël à de la crétinerie parfois gênante.

Mais comme il est rappelé, Wonder est un film doux et innocent dans sa démarche où chaque acteur nous émeut. Jacob Tremblay fait du Jacob Tremblay donc le coup de l'enfant au parcours triste racontant sa vie avec recul en voix-off. Mais le couple Julia Roberts/Owen Wilson nous touche en plein coeur tant une certaine fierté mélangée à de la tristesse s'empare de leurs visages à chaque moment du film.

Parfois agaçant dans sa bienveillance souvent forcée, Wonder est tout de même un conte émouvant, parfois à voir en famille pendant les fêtes de fin d'année.

Victor Van De Kadsye.


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