Blade (La résurrection de la Magra)

blade

Genre : action, fantastique (interdit aux moins de 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h55

Synopsis : Mi-homme mi-vampire, possédant toutes les qualités des goules et aucune de leur faiblesse, capable de vivre en plein jour, Blade traque sans pitié les suceurs de sang. Aidé de Whistler, son mentor et armurier, il est le cauchemar de la Nation Secrète des Vampires, dont les membres infiltrent toutes les couches de la société. L'un d'eux, Deacon Frost, avide de pouvoir, souhaite asservir le monde et la race humaine en invoquant le Dieu du sang. Un seul homme peut se mettre en travers de son chemin : Blade... 

La critique :

Passionné depuis toujours par la science-fiction, l'horreur et la bande dessinée, Stephen Norrington débute sa carrière en tant que créateur et concepteur des effets spéciaux. C'est dans ce cadre qu'il participe au tournage et aux effets visuels d'Aliens, le retour (James Cameron, 1986) et d'Alien 3 (David Fincher, 1992), avant de se consacrer aux clips musicaux par la suite.
Puis en 1994, Stephen Norrington réalise son tout premier long-métrage, Death Machine. Les producteurs hollywoodiens ont déjà repéré son immense potentiel et lui confient l'adaptation de Blade en 1998, un personnage de comics créé par Marv Wolfman et Gene Colan. Depuis c'est la traversée du désert ou presque. Après un bref détour vers le cinéma indépendant (The Last Minute en 2001), Stephen Norrington réalise La Ligue des Justiciers Extraordinaires en 2003.

Mais le film essuie un camouflet et se solde par un bide commercial. Pressenti pour adapter le manga Akira au cinéma, Stephen Norrington abandonne prestemment le projet et se consacre aux effets spéciaux de L'Exorciste, au commencement (Renny Harlin, 2004) et de Feast (John Gulager, 2006). Depuis, le cinéaste a disparu des radars. Pour écrire le scénario de Blade, Stephen Norrington s'adjoint les services de David S. Goyer. Le célèbre cacographe griffonne un premier script qui séduit immédiatement les producteurs. Il ne reste plus qu'à choisir l'acteur.
Plusieurs stars sont alors pressenties : Wesley Snipes, Denzel Washington et Laurence Fishburne. Principalement spécialisé dans les films d'action, Wesley Snipes est l'heureux élu et endosse les oripeaux du justicier mi-homme, mi-vampire.

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Viennent également s'ajouter Stephen Dorff, Kris Kristofferson, N'Bushe Wright, Donal Logue, Udo Kier, Tracy Lords, Sanaa Lathan et Arly Jover. Au moment de sa sortie, Blade premier du nom obtient un immense succès international. D'une certaine façon, le long-métrage préfigure l'avènement des super-héros au cinéma, des X-Men à Superman, en passant par Spider-Man.
Deux autres volets, Blade 2 (Guillermo Del Toro, 2002) et Blade : Trinity (David S. Goyer, 2004), seront réalisés dans la foulée. Attention, SPOILERS ! Mi-homme mi-vampire, possédant toutes les qualités des goules et aucune de leur faiblesse, capable de vivre en plein jour, Blade traque sans pitié les suceurs de sang. Aidé de Whistler, son mentor et armurier, il est le cauchemar de la Nation Secrète des Vampires, dont les membres infiltrent toutes les couches de la société.

L'un d'eux, Deacon Frost, avide de pouvoir, souhaite asservir le monde et la race humaine en invoquant le Dieu du sang. Un seul homme peut se mettre en travers de son chemin : Blade... Dès son introduction, le film a le mérite de présenter les inimitiés. Un homme danse dans une discothèque. Bientôt du sang semble sourdre des plafonds et des projecteurs sous le regard hébété de ce dernier.
Puis, la foule hystérique se transforme en armada de vampires. C'est sans compter sur l'arrivée inopinée de Blade qui massacre et étripe tous ses assaillants avec l'aide de son sabre savamment aiguisé. Vous pouvez donc oublier les sépulcres de Dracula et de ses fidèles prosélythes au profit d'une super production qui réinvente et s'approprie le mythe du vampire. Jadis, les créatures n'étaient qu'une petite poignée d'individus se cachant à l'extérieur de la ville.

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Aujourd'hui, ils représentent une véritable communauté. Pis, ils se sont même confondus et adaptés à notre société humaine. Ils régissent même les principales institutions étatiques, notamment la police. Ils exercent une influence sur les décisions politiques et économiques, en attendant patiemment leur heure, celle de leur domination sur le petit monde des humains. Tel est le scénario mutin de Blade.
Clairement, le but de Stephen Norrington et de David S. Goyer n'est pas de verser dans la dentelle ni dans les longues homélies prolixes. En outre, Blade est un super-héros lapidaire, énigmatique et accroc à la drogue afin de ne pas sombrer vers le côté obscur. Il n'est ni humain ni vampire. Finalement, il n'est personne mais chasse les vampires afin d'assouvir sa soif de vengeance.

Stephen Norrington ponctue régulièrement le long-métrage de séquences d'action clippesques. Multipliant les assauts et par ailleurs les soubresauts de son héros principal, le cinéaste se désintéresse totalement de ces vampires romantiques de jadis. Avec les années, Blade est devenu une figure de massacre et de terreur pour les créatures nocturnes. Si certaines scènes d'action se révèlent parfois (un tantinet) redondantes et superficielles, le film se montre beaucoup plus éloquent lorsqu'il se centre sur la résurrection de la Magra, soit le dieu du sang version démoniaque et vampirique.
Un mythe qui devient peu à peu réalité pour Deacon Frost, un autre vampire en pleine insubordination contre ses supérieurs, et qui rêve de gloire, de domination et de pouvoir. Bref, on tient là un solide film d'action, entre fantastique, arts martiaux et épouvante. On fermera parfois les yeux sur certaines conversations sibyllines ainsi que sur ce montage clippesque, frénétique et tape à l'oeil.
Mais ne soyons pas trop vachards. A ce jour, Blade premier du nom reste le meilleur chapitre de la trilogie.

Note : 15/20

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