[NOTRE AVIS] Trois souvenirs de ma jeunesse, Arnaud Despechin

Relégué à la Quinzaine des réalisateurs, le dernier long métrage d’Arnaud Desplechin renoue avec les premiers amours du cinéaste en retrouvant le personnage phare de Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), Paul Dedalus, et son acteur fétiche Mathieu Amalric

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Trois souvenirs de ma jeunesse est un livre qui se regarde ou un film qui se lit. Desplechin n’a jamais caché son amour pour la littérature et il ne serait pas étonnant qu’il finisse un jour par commettre un roman. En attendant il reste l’un des plus beaux conteurs du cinéma français, mêlant cet ancrage fort dans le cinéma de la nouvelle vague (le cinéma de Truffaut ne regorge-t-il pas, d’ailleurs,  de références littéraires ?) et des questionnements sentimento-philosophiques à la portée universelle.

Le film se présente comme le préquel de Comment je me suis disputé, en se concentrant essentiellement sur la période adolescente du jeune Paul Dedalus. Aujourd’hui la cinquantaine, le personnage interprété par Mathieu Amalric se remémore trois instants de sa jeunesse, et plus précisément sa rencontre et le début de son histoire avec Esther. Ce dernier souvenir couvrira à lui seul plus des deux tiers du film.

De prime abord, le film ne pourrait être qu’une ultime fable sur les amours adolescents et les émois propres à cette période de la vie où, plus vraiment enfant et pas encore adulte, l’on est exposé comme jamais aux tumultes des émotions. Ce serait sans compter sur le talent de ce cinéaste si attachant. Tout d’abord il y a cette façon de raconter une histoire, simple, fluide, originale et sans fioriture. La conversation entre André Dussolier, savoureusement cabotin en contrôleur des douanes tout droit sorti d’un James Bond, et Amalric, toujours magistral en Paul Dédalus devenu anthropologue de renommée internationale, servira de rampe de lancement aux différents souvenirs narré dans le film.

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La grande trouvaille du film se nomme Quentin Dolmaire qui réussit la prouesse de faire un « Amalric jeune » tout à fait convaincant, sachant piocher chez son aîné ce qu’il faut de mimique et de déconcertante désinvolture, tout en s’appropriant le rôle. Son phrasé, sa façon d‘être, adulescente, son vocabulaire anachronique et ses répliques délicieusement décalées nous rappellent le Mathieu Amalric des années 1990 et nous persuade néanmoins que nous assistons à la naissance d’un comédien. Lou Roy Lecollinet ne démérite pas, face à lui, pour interpréter Esther, jeune ado qui fait craquer tous les mecs et dont Paul va s’arroger les faveurs.

Paul et Esther s’aiment, avec une fausse maturité exquise (il n’hésite pas l’appeler avec sérieux et beaucoup d’aplomb « ma femme ») mais doivent apprendre à vivre séparés quand Paul part étudier sur Paris. Au gré de ses allers/retour de Paris à son Roubaix d’origine, leur relation s’étiole, se renforce, s’effondre, se relance sous les yeux d’un groupe d’amis qui n’hésitent pas à faire les yeux doux à Esther quand son Jules s’en est allé.

Qu’on se rassure tout de suite, le film n’est pas en reste question mise en scène. Desplechin demeure un grand créateur d’ambiances et de situations. Son sens du cadre, ses mouvements de caméra et ses choix de filmage ne sont jamais ébouriffant mais toujours subtiles, et au service des personnages. Pleins de petites idées de mise en scène contribuent à dynamiser le récit (lectures face caméra des lettres que s’envoient les deux amoureux par exemple). Il semblerait que le cinéaste ait trouvé son Antoine Doisnel et sa Christine Darbon (LE couple phare du cinéma de François Truffaut), et on ne peut que souhaiter revoir un jour ces deux personnages sur un écran de cinéma.

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