[Critique] Charlie Mortdecai réalisé par David Koepp

Charlie-Mortdecai

« Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international et même sa somptueuse épouse… Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis… »

Johnny Depp est un acteur aux mille et une facettes, chacune de ses interprétations donne naissance à des personnages hauts en couleurs. Qui mieux que lui pouvait interpréter l’héritier Charlie Mortdecai, amateur et marchand d’art. Personnage loufoque tout droit sorti de l’imaginaire de Kyril Bonfiglioli, Charlie Mortdecai est le héros d’une série de livres de l’auteur anglais. Le réalisateur est David Koepp, peu connu pour ses réalisations (Premium Rush, Fenêtre Secrète), mais surtout en tant que grand scénariste à qui on doit Spider-Man 1 et 2, Panic Room, Mission Impossible ou encore L’Impasse. Ajoutez à cette équipe Gwyneth Paltrow et Ewan McGregor et vous devriez obtenir une réussite, du moins sur le papier…

Car à l’écran, c’est loin de fonctionner si bien. Sur fond d’enquête policière, cette comédie présente toute une palette de personnages stéréotypé, classique de la comédie. Le problème est qu’ils sont trop nombreux. Si bien qu’aucun n’a le temps d’être développé tant leur apparition est minime dans le temps on en finit par les oublier au moment de leurs réapparitions, seul Charlie a une once de réelle personnalité. Explorant les quatre coins du globe, Mortdecai se retrouve dans différentes situations parfois drôles, souvent ridicules et c’est voulu. L’humour ne prend que rarement, on sourit, mais pas plus, la lourdeur des conversations, blagues, situations, est en grande partie fautive. Le film est porté par le duo Depp/Bettany, maître et valet tout droit sortis d’une pièce de théâtre, portant le film par leurs interprétations et l’écriture de leurs personnages. Le duo joue sur cette relation de respect à sens unique, l’exploitant au maximum.Le reste du casting est transparent, Gwyneth Paltrow et McGregor ne transcendent pas l’écran, les autres guests sont vite oubliés. Avec un humour lourd qui ne fait presque jamais mouche, Charlie Mortdecai échoue dans son rôle de comédie, son intrigue de chasse au tableau sans surprise et inintéressante ne marche pas non plus.

Si Charlie Mortdecai n’est ni une bonne comédie ni un bon film policier, tout de même il n’est pas sans qualités. Premièrement, l’aspect esthétique du film est un quasi sans faute, les plans sont tous cadrés avec attention. L’image est toujours très léchée, une gestion de la lumière qui met constamment Charlie en avant, dans ses costumes extravagants. Les décors, eux aussi aux couleurs fortes, sont mis en beauté par un travail impressionnant du chef opérateur. Visuellement Charlie Mortdecai est une réussite quasi totale. Les transitions en typographie 3D, pour indiquer dans quelle ville se déroule l’action, font taches. Si ces effets sont introduits, c’est pour donner une dimension cartoonesque au film, dommage que ça soit fait si grossièrement et dans une forme qui casse le style déjà en place.

Avec un casting transparent, une intrigue qui fait décrocher le spectateur dès la première demi-heure et un humour lourd à souhait Charlie Mortdecai avait tout d’une catastrophe. C’était sans compter sur le travail d’un directeur de la photo très bon qui, sans pour autant sauver le film, le rend plus facilement appréciable.

Un mot sur le Blu-Ray et les bonus

Pour ce qui est des bonus, le Blu-Ray de Charlie Mortdecai contient un making of appelé « Instants volés sur le tournage ». On y voit l’envers du décor, quelques prises ratés et surtout les commentaires des acteurs. Notamment sur leurs scènes préférées. Pour une durée de 16 minutes, on aurait pu espérer plus. Le deuxième bonus présent dans le Blu-Ray est un documentaire sur la musique dans le film. On y retrouve donc le compositeur qui explique comment il a composé l’ambiance sonore du film, ainsi que le thème principal. Énumérant ses influences allant piocher dans tous les genres, on a le droit à un making of intéressant de 12 minutes. Comme dans tous blu-ray les bonus comportent différentes bandes-annonces (Secret d’état, Dumb & Dumber De, Tracers) ainsi que celle du film. Vous l’aurez compris, cette édition Blu-Ray n’est pas faite pour les amoureux des bonus et autres making of. Les bonus présents sur le disque sont intéressants, mais court et contenteront seulement ceux qui ont apprécié le film. Aussitôt vu, aussitôt oublié…

2.5/5

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