Critique cinéma : J.Edgar

Par Nivrae @nivrae

J.Edgar, le dernier Clint Eastwood sortira dans nos salles le 11 janvier 2012.

Synopsis : J.Edgar Hoover, souvent considéré comme l’homme le plus influent des USA, créateur du FBI sous sa forme actuelle il en fût le directeur pendant 48 ans en voyant défiler huit présidents différents. Possédant des dossiers sur tout le monde il était à la fois aimé et craint, charmeur et manipulateur. En s’attaquant à cette légende Clint se permets de ne pas rester strictement factuel et biographique pour se permettre d’intégrer la face cachée de J.Edgar dans son film, sa vie privée, en la mêlant à l’ensemble de sa carrière qui va défiler pendant les 2h15 que dure ce film.

Casting : Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Josh Lucas, Judi Dench, Josh Hamilton, Geoffrey Pierson, Cheryl Lawson.

J.Edgar Hoover de Clint Eastwodd est un film qui sait prendre son temps. Le temps de raconter une histoire, le temps de la laisser se mettre en place, le temps d’introduire les personnages, le temps de tout chambouler dans un enième flashback. Un film lent, à ambiance, un film comme je les aime.

Dans ce film on découvre le J.Edgar Hoover des débuts, fougueux, intransigeant, qui a faim et va bousculer les méthodes même de la police de part son intérêt et sa confiance en la science criminelle. Il va crée le FBI tel qu’on le connait, le façonner et parfois le déformer. On l’accompagnera tout au long de la dictée de sa biographie, à travers moult flashback, dans toute sa vie. De plus en plus influent, dévoué à sa nation et inquiet quand au péril rouge. Les communistes.

D’ailleurs le film use et finit par abuser des flashbacks. Jamais compliqués, toujours bien filmés, pas toujours essentiels et surtout montrant un J.Edgar physiquement très différent au point que j’ai finit par ne plus croire dans le vieil homme sur-maquillé et sur-rigidifié sous sa couche de maquillage. DiCaprio n’est pas crédible en vieil homme et son maquillage (et sans doute des couches en plus sur le crâne) le rendent amorphe et quasiment jumeau de son bras droit maquillé à l’identique. Troublant.

Le film et son scénariste osent s’attaquer au plus dur, la face cachée de Hoover, sa vie privée. Exercice Ô combien difficile tant cette face était cachée au grand public. Au final le film oscille entre manipulation, influence et pouvoir sans vraiment nous épater. Enquête, montée en puissance du FBI mais sans vraiment s’impliquer. Et vie privée, sentiments et ambiguïté sans vraiment nous toucher.

Par peur d’être trop peu biographique le scénariste se limite dans cet aspect vie privée, mais en même temps il donne de l’affirmation et du plan émotion basé uniquement sur sa propre interprétation.

Ce cocktail n’a pas pris pour moi, le film ne m’a pas fait ressentir un seul moment l’immense pouvoir du personnage (le côté face du personnage), n’a pas eu un seul moment de suspens quand à la montée en régime de sa carrière (son oeuvre dans et pour le FBI) et enfin pour la vie privée on ne peut s’éviter clichés et intrigues bien peu prenantes (le côté pile du personnage). Si vous allez le voir, revenez me dire ici ce que vous pensez de toute la partie sur Martin Luther King, ça illustre très bien mon propos je trouve.

Un peu comme un mille feuille indigeste et qui tarde à venir pour un résultat en bouche un peu banal au vu du casting. J.Edgar n’est pas un mauvais film, loin de là, mais il ne m’a pas donné envie de le revoir une fois sorti en salle.

Dommage et étonnant pour un film vers lequel je partais convaincu du carton de l’année dès janvier.

Ma note : 5/10 le film aurait mérité un 6 s’il avait été signé d’un réalisateur inconnu avec un casting non moins inconnu, mais là ce sera 5 pour Clint, Léo et toute la bande. Seul Armie Hammer surnage et encore. Le film est un pétard qui jamais ne rencontra son étincelle pour briller.

Date de sortie : 11/01/2012

La bande annonce :