Pour défendre les RohingyasDifficile d’être dur avec un film qui met en avant le sort tragique réservé aux Rohingyas par le régime birman. Ce peuple musulman et minoritaire quitte massivement la Birmanie pour regagner sa terre d’origine en Malaisie par les voies maritimes ce qui fait écho à ce que l’on voie en Europe aussi. Ce film nous éclaire aussi sur d’autres flux migratoires ; dans le monde entier, des exodes massifs ont lieu et le plus souvent dans son propre pays ou dans des pays voisins ; il permet donc d’élargir la focale de notre regard d’occidentaux.
Difficile d’être trop dur aussi avec un film mettant en scène deux enfants, un frère et une sœur (et frère et sœur dans la vie réelle aussi) si attachants ; et qui souvent insouciants passent du mode survie aux jeux, courses et rigolades inhérentes à leur âge.
Et pourtant, même s’il parvient à éviter le pathos, il ne parvient jamais à nous faire ressentir des émotions ; l’ennui l’emporte tout au cours de ce chemin macabre. Un documentaire aurait été tellement plus efficace pour défendre la cause de ce peuple apatride plus qu’une fiction sans guère d’âme. Monter avec un petit budget, ce long périple manque d’amplitude. Pour faire ressentir cette perte de repère, des plans larges étaient indispensables ; mais la caméra offre sans cesse des plans tout rikiki à la focal étroite pour filmer le moins possible. Et les scènes de nuit, nombreuses, caméra à l’épaule, par le manque de lumière et le mouvement incontrôlé de la caméra nous empêche de capter les enjeux dramatiques. On ne voie rien, on ne comprend rien aux événements.
Rien ne va si ce n’est le sujet qui nous ouvre au monde.
Sorti en 2026
Ma note: 9/20