La vie d'une femme

d'une femme

Gabrielle en 11 chapitres

Gabrielle, 50 ans, est le portait réel voire parfois idéalisé de la femme moderne : libre, battante, indépendante, aimante,… Elle est de tous les combats et sur tous les fronts : chirurgienne au bloc, humanitaire avec une mission en Ukraine, fille exemplaire et investie auprès d’une mère vieillissante, belle-mère impliquée auprès des enfants de son mari, collègue exigeante avec son ami et collaborateur mais aussi comme cheffe de service de chirurgie maxillo-facial, inspirante et moteur auprès de son équipe au bout du rouleau,… en 1h30, c’est un condensé d’une vie de femme bien remplie dans laquelle le lâché prise est absent jusqu’à sa rencontre avec Frida dont elle va tomber amoureuse et l’emporter vers de nouveaux horizons.

La construction chapitrée du film ne peut faire penser qu’au « Julie (en 12 chapitres) » de Joachim Trier ; et cette inspiration est un peu lourde à porter. Là où ce dernier se servait de ce procédé pour explorer des phases de vie distinctes ou des registres variés, il apparait ici plus accessoire et plutôt un pansement à des ellipses un peu brutales ; çà devient donc illustratif. Peu importe ; car la réussite de ce second long métrage de Charline Bourgeois-Tucquet de fracture donc classique se situe ailleurs. Ce n’est pas sa mise en scène et ni son scénario qui nous tient fermement durant 1h30 ; mais son immense intelligence des situations et des dialogues. A l’heure où le métier de dialoguiste disparait dans le cinéma ; en voilà une au talent si immense qu’il est difficile d’extraire une scène dans laquelle les échanges nous emportent tant elles jalonnent le film sur sa longueur. Mais pour que cette sauce prenne, il fallait un casting à la hauteur et ils le sont tous. Mais dans le lot, Léa Drucker impressionne, elle est capable de nuances infinies, d’une justesse et d’une simplicité bouleversante. C’est donc aussi un film d’acteur. Peut-être un peu bourgeois pour être impliquant et emporter un large public, mais le film s’assume comme tel ; il est délicat et sensible et il nous fait du bien durant 1h30 et nous appelle à réfléchir sur les ingrédients rendant une vie passionnante. A chacun sa voie.

Mention spéciale au guest de Erri De Luca dans la séquence au milieu des Alpes italiennes.

Beau film qui donne une image réaliste de la vie de certaines femmes d’aujourd’hui

Sorti en 2026

Ma note: 15/20