La corde au cou

corde

Dernier de cordée

Inspiré d’un fait divers américain ayant fait la une des médias en 1977, Gus Van Sant pour son retour au cinéma s’intéresse à un citoyen ruiné par un emprunt ; et qui kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Par ce thriller noir et intense, Gus Van Sant s’attaque au mythe du rêve américain, le système protège les puissants contre les pauvres gens même si les premiers font sciemment et cyniquement de l’argent sur le dos des seconds. On voie très vite que le kidnappeur est un pauvre type avec un projet démesuré par rapport à sa capacité financière et sa jugeote ; mais on lui prête des sommes folles car s’il peut faire gagner de l’argent au système financier tout va bien ; son sort on s’en fout. Voilà ce que condamne frontalement le film, un capitalisme débridé sans scrupule. Le gars en question n’est pas très aimable au sens premier du terme, on a du mal à s’y attacher et ses convictions initiales perdent trop vite de leur portée politique dès lors que l’intégralité de sa psyché se dévoile à nous. L’acte solitaire donnant lieu à un film tendu aux ressorts parfois comiques prend le dessus sur le fait social et politique ; dommage. Cette satire de classe s’éteint trop vite au profit d’un film très 70’s ; derrière celui-ci, on voie de nombreux films US de cette décennie. Et Al Pacino en guest nous fait penser de bout en bout que l’on regarde une réinterprétation de « Un après-midi de chien » ; donc ce film aussi distrayant et bien foutu qu’il soit est somme toute bien mineur.

En revanche, l’idée super sympa du film est d’avoir écrit ce personnage de DJ radio épatant qui envoi des tubes incroyables tout le long du film ; la BO est formidable.

Un bon moment sans plus.

Sorti en 2026

Ma note: 13/20