Ulysse

Ulysse

L’odyssée d’une mère courage

Laêtitia Masson avec ce film présenté à Cannes dans la section « Un certain Regard » nous livre une tranche de sa propre vie et nous fait partager les difficultés d’être parent d’un enfant porteur d’un handicap en France, de l’accompagner, d’avoir le souci de son intégration dans la société et la lutte pour y parvenir. En çà il donne de l’air au très lumineux, joyeux et solaire « La guerre est déclarée » de Valérie Donzelli pour le sujet et l’implication personnelle ; en moins inventif et pétaradant mais en plus documentaire comme une autre réalisatrice française du moment : Jeanne Herry. Le choix de la finesse et subtilité d’une Elodie Bouchez pour interpréter le rôle-titre nous renvoie aussi assurément à nouveau à Jeanne Herry (« Pupille »); et elle excelle à nouveau. Malgré l’implication personnelle, Laetitia Masson évite tout pathos, elle livre un film à bonne distance, tendre, dynamique et très riche. Pour ne pas perdre son temps, tout le début fait un peu effet catalogue, passionnant mais mécanique et petit à petit on entre pleinement dans la vie de cette cellule familiale et le séisme que créée la naissance d’un enfant handicapé dans cette dernière. Surtout elle parvient bien à poser les bonnes questions : Quelle place sommes-nous prêts à faire à ses enfants puis à ses adultes particuliers ? Et quels moyens y alloués et comment les alloués ? Là elle répond quand même à la question, l’Etat est engagé en apparence mais assez peu engagée en réalité. L’implication pleine et totale des parents est indispensable pour intégrer ses enfants et pouvoir réellement parler d’inclusion. L’inclusion n’est pas seulement mettre des enfants handicapés dans des structures avec des enfants « normaux » ; ce film le rappelle bien. Donc quand on voie que certains partis à la course à la présidentielle ne veulent financer que les films rentables et couper les vivres au CNC, c’est un scandale de plus. Aucune chaine TV n’a financé ce film ; sans le CNC, il ne serait pas sorti, une injustice de plus pour le handicap.

A voir absolument, car on rit souvent, on en ressort pas scandalisé ; car il est parsemé de scènes cocasses et drôles et que le piano est toujours présent. Bach, Chopin, Debussy, Schubert apaisent nos âmes.

Sorti en 2026

Ma note: 15/20