Shana

Shana

Le « Shana-show »

Shana, c’est tout un poème !!! La jeune femme a une gouaille d’enfer ; se prend pour une bimbo mais n’a pas le physique en adéquation ; flirte avec la légalité mais n’est pas amorale ; est forte, mais est pétrie de failles. Sa tchatche offre de belles répliques d’une grande drôlerie ; mais on sent souvent la souffrance psychique ; donc le film oscille constamment entre comédie et drame… à la sauce juive. On est en immersion dans la classe moyenne juive, dans une micro-société de juifs non pratiquants mais soucieuse de maintenir les traditions. Comme dans « Le dernier des juifs », la réalisatrice Lila Pinell joue sur cette corde tout au long de son film au travers de ce personnage pétrie de questionnements : féminité, émancipation, transmission, positionnement par rapport à l’héritage culturelle et religieux familiale,… Shana est une écorchée vive ; et la scène phare ; peut-être même la seule scène forte du film, nous l’expose frontalement dans une confrontation  avec une mère dysfonctionnelle, dans le déni. Dans le rôle de Shana, Eva Huault, ou alors dans le rôle de Eva Huault, Shana !!! Ce rôle lui colle tellement à la peau que l’on se projette mal avec elle dans une suite de carrière. Comparée à « L’épreuve du feu » et donc à Anja Verderosa ; car les deux jeunes femmes campent des écorchés, un peu bimbo et grande gueule ; la différence est que Anja Verderosa dans son rôle offre une palette de jeu plus large. Et le scénario est ici assez faible, on a vite fait le tour du personnage de Shana ; aucune évolution au cours de seulement 1h20 de film qui révèle que cette courte durée en est même excessive. Beaucoup de scènes ne fonctionnent pas, et vu le sujet, on attendait que cela décolle à un moment. Comme son personnage principal, le film reste englué au sol : minimaliste dans son contenu, dans sa structure et avec aucune hauteur de vue.

Un film anecdotique qui se perd aussi dans une trop grande ambition de faire lien entre l’histoire de Shana et l’Ancien Testament. Reste l’énergie et des dialogues enlevés qui évitent l’ennui.

Sorti en 2026

Ma note: 8/20