SPIDER-NOIR (Prime Video) – 14/20: Après leur époustouflante déclinaison animée de l’homme-araignée (la trilogie Spider-Verse), Lord et Miller continuent de réinventer la franchise Spider-Man et lui apportent un souffle nouveau et singulier avec la série Spider-Noir, dans laquelle ils filment le super-héros arachnéen comme jamais.
Spider-Noir est autant une série de super-héros qu’un hommage (très) appuyé aux films noirs hollywoodiens.
Esthétiquement très sophistiquée, baignée dans un magnifique noir et blanc ou électrisée par des couleurs saturées (c’est au choix, les deux versions sont disponibles), maligne dans sa manière de faire du neuf avec du vieux (dans tous les sens du terme), Spider-Noir est un très bel objet sériel. Il souffre de quelques longueurs et Nic Cage fait parfois son âge, mais c’est globalement un pari réussi.
IMPERFECT WOMEN (AppleTV+) – 13,5/20 : En castant des actrices parmi les plus expressives du secteur (litote), on imagine bien qu’Imperfect Women ne fera pas dans la finesse. Et on n’est pas déçus : Kerry Washington et Elisabeth Moss en font des caisses, lèvres tremblantes et regards assassins en prime. Le drama est à son maximum, avec une intrigue soapy, parfois too much, mais parfaitement addictive. Le scénario multiplie les fausses pistes jusqu’à un twist un peu forcé, mais qui change la nature de la série et la rend moins prévisible que prévu. Pas des plus subtiles, mais bien incarnée, prenante et bien foutue.
EUPHORIA S3 (HBO) – 12/20 : On est sincèrement content de les retrouver après tout ce temps, vraiment. Mais était-ce nécessaire ? Cette saison 3 n’a plus grand-chose à voir avec la série provocante, mais néanmoins ultra pertinente qu’elle était il y a cinq ans. En quittant le lycée, elle perd son regard acéré sur cette jeunesse paumée et désabusée. Euphoria ne sait plus trop quoi faire de ses personnages, alors elle appuie sur leurs traits de caractère au maximum, quitte à flirter avec la caricature. Le rôle de Cassie était bien plus nuancé qu’il ne l’est ici. Elle passe pour une totale idiote. Mais Sydney Sweeney fait le job, tout comme Jacob Elordi malgré un arc narratif WTF (mais amusant) ou Zendaya, dont la Rue agace à bon escient. Mais globalement, les enjeux sont assez pauvres, dilués dans le grand foutoir d’un scénario naviguant entre différents genres (thriller, drama, film de cartel) et s’achevant sur un final vraiment étrange, à défaut d’être émouvant.
Reste que la réalisation est toujours aussi léchée, capitalisant sur une mise en scène riche, une photographie impeccable et une science du plan virtuose. Mais ça ne suffit plus.