Noise (2026) de Kim Soo-Jin

Premier long métrage du coréen Kim Soo-Jin remarqué auparavant avec son court métrage "The Line" (2013) mais qui resta monteur entre temps ayant eu des difficultés à percer, ou à financer ses projets autres que des courts. Passionné de montage donc, et sonore surtout c'est en multipliant les expériences qu'il a voulu optimiser ce paramètre comme un "véritable moteur narratif". Réalisateur-scénariste Kim Soo-Jin co-écrit son scénario avec Lee Je-Hui qui a signé son propre film "The Nonsense" (2025). Pour accentuer les effets sonores il a choisi un personnage central malentendant que le cinéaste considère comme un "potentiel cinématographique inédit pour un thriller horrifique", mais récemment on peut citer "Sound of Metal" (2021) de Darius Marder ou "Le Virtuose" (2026) de Daniel Roher, et côté justement horrifique on peut citer "The Silence" (2021) de John R. Leonetti, mais surtout vu le speech on évidemment à un autre film sud-coréen, le tout récent "84m2" (2025) de Kim Tae-Joon... Le film est interdit au moins de 12 ans... Ju-Young, jeune femme malentendante, découvre que sa soeur a mystérieusement disparu de son appartement. En cherchant des réponses, elle se heurte à des voisins terrifiés, obsédés par le silence, et à une atmosphère de plus en plus oppressante. La nuit, des bruits inexpliqués résonnent dans l'immeuble déserté, éveillant une présence invisible... 

La jeune malentendante est incarnée par Lee Sun-Bin vue dans "Rampant" (2018) de Kim Sung-Hoon, "Sarajin Sigan" (2020) de Jung Jin-Young ou "Mission : Possible" (2021) de Kim Hyeong-Joo. Citons ensuite Kim Min-Seok vu dans "Monstrum" (2018) de Huh Jong-Ho, "Peopekteu Maen" (2019) de Yong Soo ou "Body Parts" (2023) d'un collectif de cinéastes sud-coréens, Jeon Ik-Ryung apparue dans "Nam-Dwa Yeo" (2016) de Lee Yoon-Ki, "The Bad Guys" (2019) de Son Yong-Ho ou "Unlocked" (2023) de Kim Tae-Joon, Ryu Kyung-Soo apparu dans "Les Bonnes Etoiles" (2022) de Hirokazu Kore-Eda ou "Jung-E" (2023) de Yeon Sang-Ho, Han Su-A aperçue dans plusieurs séries TV dont "Beauty and the Devoted" (2024) ou le film "Seoulgoedam" (2022) de Won Ki Hong, Baek Joo-Hee vue dans "Nareul Chatajweo" (2019) de Kim Seung-Woo ou "Start-Up" (2019) de Choi Jeong-Yeol, puis Park Yong Ki vu dans "The Strangers" (2016) de Na Ho,ng-Jin ou "Sans Pitié" (2017) de Byun Sung-Hyun... D'ailleurs l'importance du son est ici d'une importance capitale, paramètre assuré par le Sound Designer Park Yong-Ki quia justement travaillé sur le film "The Strangers" (2016) mais également sur les grands classiques "Memories of Murder" (2003) et  "Snowpiercer" (2013) de Bong Joon-Ho ou "J'ai rencontré le Diable" (2010) de Kim Jee-Woon... Le prologue est particulièrement efficace, qui titille le trouillomètre sans pousser le curseur à fond. Puis après le postulat de départ le film débute assez vite avec la soeur malentendante qui s'installe dans le logement et qui très vite entend des sons qu'elle ne devrait pas percevoir sans ses prothèses auditives. Puis vient ensuite ce voisin aussi mystérieux qu'effrayant. Ainsi, durant la première partie on se demande surtout si on est dans un thriller psychologique avec une crise de démence et/ou un voisin psychopathe, ou si le film est plutôt dans le genre fantastico-horrifique une entité quelconque hante les lieux.

L'atmosphère est très anxiogène et stressant, avec des décors ternes sorte d'immeuble insalubre voir même ghettoïsé, mais surtout, logiquement, par l'importance des bruits et des sons qui impose une immersion auditive qui aura été rarement aussi striante et terrifiante ; attention il ne serait pas étonnant de se boucher les oreilles sur quelques passages ! La musique est tout aussi impactante, elle est cohérente avec les sons inquiétants et énigmatiques de l'immeuble, et souvent les deux s'entremêlent. Côté scénario, on peut s'étonner que la Police soit si peu présente, sous-exploitée et finalement bien superflue. Mais le film est surtout une expérience psycho-sensorielle intense et glauque qui n'est pas spécialement surprenante dans ses rebondissements mais reste assez énigmatique pour nous tenir en haleine jusqu'à une fin qui est tout à la fois, attendue, un peu décevante donc mais sur des éléments qui sont toujours efficaces.

Note :                 

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14/20