Nouveau long métrage de Michel Leclerc devenu un spécialiste passionnant des comédies sociales avec des titres comme "Télé Gaucho" (2012), "La Lutte des Classes" (2019) ou "Les Goûts et les Couleurs" (2022), mais cette fois le cinéaste change de registre et aborde le film en costume, une comédie historique sur fond de Cape et d'Epée, et s'il cite comme inspiration Jean-Paul Rappeneau ou Philippe de Broca, vu le speech on pense beaucoup plus fort aux classiques de André Hunebelle dans le genre et surtout à deux classiques avec Jean Marais, à savoir "La Tour, Prends Garde !" (1958) de Georges Lampin et "Le Capitaine Fracasse" (1961) de Pierre Gaspard-Huit. L'idée de cette histoire semble avoir pris forme après une rencontre entre le cinéaste, Baya Kasmi sa femme et co-scénariste depuis "Le Nom des Gens" (2010) avec un confrère, Alexandre Castagnetti lui-même réalisateur-scénariste notamment de "Amour et Turbulences" (2013), du dyptique "Tamara" (2016-2018) et "L'Ecole est à Nous" (2022), et qui co-écrit le scénario pour un autre réalisateur que lui, ce qu'il n'avait jamais fait encore, mais pris sans doute par son propre projet, une prochaine nouvelle adaptation avec "Le Fantôme de l'Opéra" (2026)... 1651, Louis XIV est encore un jeune adolescent de 13 ans, alors que la Fronde menace l'équilibre du pouvoir, sa mère Anne d'Autriche décide d'exfiltrer son fils pour le mettre à l'abri et le remplace par un sosie. Louis est confié par D'Artagnan à Cyrano de Bergerac qui le cache au sein de la troupe de Molière et Madeleine Béjart. Tandis que Madeleine et Cyrano se découvre une passion commune pour Molière, Louis découvre la vie et les plaisirs, l'art et le travail, le courage et la stratégie tout ce qui fera de lui, plus tard, le Roi Soleil...
Le jeune roi Louis est interprété par Niels Hamel-Brochen aperçu dans "Les Cadors" (2022) de Julien Guetta, tandis que sa mère, la reine Anne d'Autriche est jouée par Doria Tillier vue dans "Une Affaire d'Honneur" (2023) de et avec Vincent Pérez et "Boléro" (2024) de Anne Fontaine. Citons ensuite le fameux D'Artagnan incarné par Franck Dubosc qui retrouve la cape après "Cinéman" (2009) de Yann Moix et surtout "Les Visiteurs : la Révolution" (2016) de Jean-Marie Poiré et vu récemment surtout dans son propre excellent film "Un Ours dans le Jura" (2025), Cyrano est incarné par Artus qui retrouve le film historique bien que dans une autre époque après déjà le navrant "Brutus vs César" (2020) de et avec Kheiron, "Apaches" (2023) de Romain Quirot et "Les Enfants de la Résistance" (2026) de Christophe Barratier, Molière est incarné par Nemo Schiffman abonné aux costumes après "L'Empereur de Paris" (2018) de Jean-François Richet, "Toutes pour Une" (2025) de Houda Benyamina sans compter le clin d'oeil anachronique avec "Le Roi Soleil" (2025) de Vincent Maël Cardona, tandis que Madelaine Béjar est jouée par Julia Piaton vue dans "Les Règles de l'Art" (2025) de Dominique Baumard, "Une Pointe d'Amour" (2025) de Maël Piriou et "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch, puis qui retrouve son réalisateur après "Le Mélange des Genres" (2025) à l'instar de Suzanne de Baecque qui retrouve la cour après "Jeanne du Barry" (2023) de et avec Maïwenn. Citons ensuite Xavier Robic apparu dans "Sexygénaires" (2023) de Robin Sykes ou "Moi qui t'aimais" (2025) de Diane Kurys, Damien Jouillerot révélation de "Monsieur Batignole" (2001) de et avec Gérard Jugnot apparu justement dans "L'Ecole est à Nous" (2022) et plus récemment dans le film historique "Vaincre ou Mourir" (2023) de Vincent Mottez et Paul Mignot, et enfinNoam Morgensztern aperçu dans "Le Consentement" (2023) de Vanessa Filho, "Vie Privée" (2025) de Rebecca Zlotowski et "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry... Outre les références qu cinéma d'antan, on pense aussi forcément à la légende du Masque de Fer, mais aussi à une hagiographie qui réunit de grands personnages dans une troupe improbable, comme Hollywood l'a tenté avec le ridicule "La Ligue des Gentlemen Extraordinaire" (2007) de Stephen Norrington, en espérant ici que l'aventure soit plus probante. Le contexte de la Fronde reste un prétexte, mais reste une période complexe et assez passionnante pour détourner certains événements pour en faire des échos plus ou moins subtils aux futurs comme le droit de vote ou l'émancipation des femmes. Les personnages principaux sont à la fois fidèles à eux-mêmes ou plutôt à ce qu'ils représentent aujourd'hui tout s'enrichissant des personnalités des acteurs, notamment le narcissisme et la couardise de D'Artagnan/Dubosc, le courage ou le manque de confiance en soi pour Cyrano/Artus, sans compter évidemment le futur roi Louis XIV/Hamel-Brochen forcément pourri-gâté et imbu de sa personne ou plutôt de son statut.
Michel Leclerc tente constamment de mixer un style entre Sacha Guitry et Rappeneau, en soignant les dialogues et en donnant du rythme mais ça ne fonctionne que la moitié du temps, ainsi on n'est pas toujours convaincu, on alterne entre l'ennui poli souvent la faute à un rythme trop aléatoire, et des instants qui ne manque pas de panache souvent grâce aux dialogues et aux relations directes entre les personnages. Le film tombe aussi, malheureusement dans l'écueil des comédies actuelles, à savoir la partie émotion plutôt que de chercher à faire rire jusqu'au bout. La bonne idée centrale du film est évidemment l'apprentissage du jeune roi, bien malgré lui, qui apprend du peuple ce qu'il n'aurait pu connaître à la Cour, surtout qu'on sait que dans la réalité la Fronde fut effectivement un élément essentiel dans l'apprentissage du pouvoir pour Louis XIV, légèrement détourné pour les besoins du film. Ca reste un bon moment.
Note :
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