ACHARNÉS S2 (Netflix) – 15/20 : Pour sa saison 2, la série anthologique s’offre un casting étincelant : Oscar Isaac, Carey Mulligan (royale), la sensation du moment Cailee Spaeny (statut mérité, elle est exceptionnelle) , Yuh-Jung Youn (Oscar de la meilleure actrice pour Minari), Song Kang-Ho (Parasite), Charles Melton et même Michael Phelps en guest. Et c’est toujours redoutablement efficace. Cette saison repose peut-être moins sur un comique de situation, elle est moins cynique que la première, mais s’avère plus directe, plus sombre, plus féroce. Les antagonistes étant deux couples cette fois-ci, Acharnés duplique les motifs de disputes, tout en explorant avec pas mal de profondeur l’idée du mariage et de l’engagement. Tout commence par une histoire de chantage un peu maladroit qui va dégénérer avant qu’une erreur médicale ne fasse passer la série dans une tout autre dimension, instaurant une jolie tension et un suspense inattendu.
Grâce à son scénario bien construit, son écriture incisive et des comédiens exceptionnels, Acharnés maintient haut la main les standards imposés en saison 1.
THE BOYS S5 (Prime Video) – 14,5/20 : Cette ultime saison nous plonge très vite dans le vif du sujet avec un énorme premier épisode, digne d’un final.
La suite est un peu plus convenue, apportant peu de nouveautés au récit ni à la mythologie The Boys, mais avec toujours autant de culot et d’outrance et sa recette provoc composée de sang, d’entrailles et autres fluides en tout genre… La série s’efforce de conserver sa singularité et sa liberté de ton tout en offrant à ses anti-héros une sortie à la hauteur de leur démesure.
Ce n’est pas toujours réussi et certains au revoir sont un peu expédiés, mais le scénario est toujours aussi pertinent lorsqu’il se fait la satire acérée des régimes fascisants (d’ailleurs souvent rattrapée par une réalité qui dépasse la fiction). Certes, la grande conclusion n’est peut-être pas à la hauteur des attentes de certains fans au niveau spectaculaire, mais elle conserve ce qu’il faut de cynisme, de trash et de cœur pour être fidèle à l’esprit de The Boys. Avec l’arrêt de Gen V, on espère que les scénaristes trouveront d’autres moyens d’étendre l’univers, parce qu’ils vont trop nous manquer, ces super-héros dérangés.
UN TRÈS MAUVAIS PRESSENTIMENT (Netflix) -13/20 : Série horrifique au style très affirmé, Un très Mauvais Pressentiment est construite à rebours sur les 5 jours précédant le mariage de Rachel et Nicky. La série tease dès le premier épisode un bain de sang lors des noces avant de multiplier les questions sans y répondre, du moins pas dans l’immédiat. Elle joue sur une ambiance malaisante, largement entretenue par la future belle-famille qu’on imagine un peu barrée. La mise en scène ne lésine pas sur les effets, qu’elle emploie à bon escient pour faire monter la pression.
La série se fait de plus en plus effrayante au fil des épisodes, en particulier lors d’une scène en found footage dans l’épisode 4 et à mesure qu’elle révèle ses secrets. Sans être follement originale, Un très mauvais pressentiment est suffisamment bien exécutée pour qu’on se prenne au jeu.