ROOSTER (HBO) – 15/20 : Habitué aux rôles d’idiots, de naïfs ou de mâles problématiques, Steve Carell incarne dans Rooster l’un des personnages les plus « normaux » de sa filmographie, et c’est tout aussi réussi. Servie par des dialogues percutants associés à un comique de situation ravageur, Rooster met en scène des humains faillibles, touchants dans leur manière de faire des erreurs et de les assumer (ou pas).
Bref, on est complètement dans l’univers des créateurs de Shrinking et Ted Lasso, mêlant empathie et bienveillance vis-à-vis des imperfections de leurs personnages.
On se demande d’abord où Rooster veut nous mener, mais on s’en moque très vite, portés par la qualité d’écriture de ses personnages. Il n’y a pas d’autre twist que la surprise de s’attacher à eux.
Une nouvelle série très feel good d’Apple TV+.
PARIS POLICE 1910 (Canal+) – 14,5/20 : Après 1900 et 1905, Fabien Nury clôt sa fresque historique et policière sur le Paris interlope et crasseux de la Belle Époque. La série a mis du temps à trouver son style, mais elle a progressivement construit une identité forte, une signature propre et un univers marqué et singulier. Avec sa photographie sombre tirant vers le sépia, sa reconstitution crue de la capitale du début du siècle, et sa manière de faire résonner les faits historiques avec les aventures scandaleuses de ses personnages, Paris Police en impose. L’écriture est soignée sans être ampoulée, et les comédiens ont progressivement pris leurs marques. Les sujets sont par ailleurs toujours captivants. Après les débuts de la police scientifique en saison 2, la lumière est portée cette fois sur les journalistes et la presse à scandale qui modèlent l’actualité à leur guise. Là encore, il faut laisser le récit s’installer et, même si elle est moins ample qu’en saison 2, l’intrigue policière et judiciaire reste tout à fait convaincante.
VRAIS VOISINS, FAUX AMIS S2 (AppleTV) – 14/20 : Vrais Voisins, Faux Amis repart sur de bonnes bases, portée par sa réalisation nerveuse, une musique catchy et le charisme imparable de John Hamm.
S’il a perdu son effet de surprise, le scénario peut compter sur le nouveau personnage incarné par James Marsden pour l’emmener dans une nouvelle direction et éviter d’être redondant. La saison 2 approfondit également les liens entre les membres de la famille Cooper. Entre soap, comédie de mœurs et thriller, la recette fonctionne toujours aussi bien.