En 2024, Steven Spielberg annonce que son prochain projet sera un film sur les ovni basé sur une intrigue dont il a imaginé l'histoire qui évoquerait le fameux Roswell. Autant dire que ça ne donne pas très envie tant Roswell est un légende sociétale aussi éculée que surexploitée. Néanmoins, le cinéaste revient à une thématique récurrente dans son oeuvre et ce depuis son premier long métrage amateur "Firelight" (1964) et qu'il a poursuivi avec entre autre "Rencontre du Troisième Type" (1977), "E.T." (1982) ou "La Guerre des Mondes" (2005), ainsi le cinéaste revient au blockbuster SF après son remake musical "West Side Story" (2021) et sa chronique autobiographique "The Fabelmans" (2022). Spielberg explique : "Durant le tournage de Rencontres du Troisième Type", je me disais : ne serait-ce pas formidable si tout ça nous arrivait un jour ? Presque 50 ans plus tard, je me dis : ne serait-ce pas formidable de savoir que tout ça est déjà vrai ?" Par là même il rappelle que la NASA à l'époque a refusé de répondre à certaines de ses questions poussant encore plus sa curiosité jusqu'à son intérêt soit de nouveau réveillé après la lecture d'un article du New-York Times en 2017, "Glowing Auras and "Black Money" : the Pentagon's Mysterious U.F.O. Program" de Helene Cooper, Ralph Blumentahl et Leslie Kean. Pour écrire son scénario le réalisateur fait appel à David Koepp qu'il retrouve donc pour leur 6ème collaboration après "Jurassic Park" (1993), "Le Monde Perdu" (1997), "La Guerre des Mondes" (2005), "Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal" (2008) sans oublier "Indiana Jones et le Cadran de la Destinée" (2023) de James Mangold. Le scénariste avoue s'être fortement inspiré des thrillers paranoïaques des seventies et notamment du film "Les Trois Jours du Condor" (1975) de Sydney Pollack qu'il considère comme la référence ultime du genre... Daniel Kellne découvre un secret caché depuis des décennies, à savoir que les humains ne sont pas seuls dans l'univers, et pas seuls même sur Terre. Un te secret est-il inavouable ou est-ce que les gens ont droit à la vérité ?! Alors que des forces contraires vont tout faire pour que rien ne se sache, chaque seconde rapproche les humains de l'inévitable...
Daniel est interprété par Josh O'Connor vu récemment dans "Wake Up Dead Man" (2025) de Rian Johnson, "The Mastermind" (2026) de Kelly Reichardt et "Le Son des Souvenirs" (2026) de Oliver Hermanus. Il rencontre Emily Blunt vue récemment dans "Smashing Machine" (2025) de Benny Safdie et "Le Diable s'habille en Prada 2" (2026) de David Frankel, Colin Firth vu dans "La Ruse" (2022) de John Madden, "Empire of Light" (2022) de Sam Mendes et "Bridget Jones : Folle de Lui" (2025) de Michael Morris, Eve Hewson (fille d'un certain Bono) vue récemment dans "Tesla" (2020) de Michael Almereyda ou "Jay Kelly" (2025) de Noah Baumbach et qui retrouve Spielberg après "Le Pont des Espions" (2015) à l'instar de son partenaire Michael Gaston apparu ensuite dans "Sur le Chemin de la Rédemption" (2017) de Paul Schrader ou "Spenser Confidential" (2020) de Peter Berg, Colman Domingo omniprésent ces derniers mois avec "Running Man" (2025) de Edgar Wright, "La Corde au Cou" (2026) de Gus Van Sant ou "Michael" (2026) de Antoine Fuqua, Wyatt Rusell qui débuta auprès de son père Kurt Russell dans "Los Angeles 2016" (1996) de John Carpenter et vu dernièrement dans "Thunderbolts*" (2025) de Jake Shreier et bientôt "Avengers :Doomsday" (2026) des frères Russo, Noah Robbins apparu dans "Miss Sloane" (2016) de John Madden, "Les Sept de Chicago" (2020) de Aaron Sorkin ou "To the Moon" (2024) de Greg Berlanti, Henry Lloyd-Hugues aperçu dans "Anonymous" (2011) de Roland Emmerich, "Anna Karenine" (2012) de Joe Wright ou "Insaisissables 2" (2016) de Jon M. Chu, puis enfin citons Chavo Guerrero Jr, Lance Archer et Brian Cage tous trois catcheurs pro dans leur première apparition sur grand écran... Comme à son habitude Spielberg fait appel à ses fidèles, notamment Janusz Kaminski à la photographie qui est un fidèle depuis "La Liste de Schindler" (1993), et même John Williams compositeur mythique qu'il a réussit à convaincre de sortir de sa retraite à 94 ans (!) pour leur 30ème collaboration... Avec ce film on a le sentiment très désagréable que Spielberg n'a plus rien à dire, qu'il se répète et surtout qu'il n'a plus trop d'envie de cinéma comme son médiocre "Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal" (2008). Si le début est plutôt efficace en entrant d'emblée dans une intrigue déjà bien lancée mais on perçoit très vite que le scénario est doté de deux gros défauts, le premier est de reprendre un canevas éculé et convenu de la poursuite entre un "lanceur d'alerte" et une organisation secrète, le second est de reprendre une énième fois les thématiques de la tolérance et de la foi ce qui confirme que Spielberg est souvent proche d'un film Disney ; c'est d'ailleurs sur ce point que Kubrick a eu tort de choisir Spielberg pour "A.I." (2001).
Sur la thématique, il semble que l'athéïsme n'existe pas pour le réalisateur pour un raccourci simpliste pour ne pas dire simplet sur la foi et l'humanité, mais le pire reste les innombrables incohérences et maladresses dans le récit même ou la narration... ATTENTION SPOILERS !... le personnage principal qui traverse un champs de façon aussi peu discrète que possible à proximité d'une armée d'aveugles, l'accident d'une voiture au ralenti risible alors que nous sommes en course poursuite soit une cascade gag, voiture qui semble blindée puisque les cartouches rebondissent, puis finalement non la voiture devient une passoire, et cette scène qui avait tout pour être la scène centrale mais gâchée par des méchants trop bêtes pour regarder leur caméra thermique jusqu'au bout... FIN SPOILERS !... Trop de passages invraisemblables et aux actions-réactions stupides de la part des personnages qui gâche vraiment un film pop corn certe trop balisé et calibré mais qui est pourtant composé via un cahier des charges qui a fait ses preuves. L'omniprésence des effets spéciaux est aussi légèrement agaçant et qui retire tout côté organique notamment avec les animaux en numérique ou la fausse neige. Et pourtant, Spielberg est un conteur qui sait y faire, il se rattrape sur d'autres scènes, il fait rêver, imagine le possible à court terme, et surtout l'émotion est au rendez-vous. En conclusion un Spielberg mineur, qui reste un divertissement honnête à défaut d'être original ou innovant. Un des Spielberg les plus oubliables même si ce n'est pas foncièrement déplaisant.
Note :
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