Avec presque une régularité de métronome, rappelons que notre cher Pedro Almodovar a sorti un film début 2025 ; Autofiction vient donc à point nommé pour le Festival de Cannes. Et comme il sait si bien nous faire à chaque fois un nouveau film dans la veine de ses précédents, ce dernier ressemble donc à tous ses autres.
Autofiction est l'histoire d'un réalisateur en plein crise créative et qui va s'inspirer du drame de l'une de ses collègues pour écrire un scénario. La mise en abyme est facile pour ce film. Le réalisateur, c'est bien sûr Pedro. Tout y est pour un cocktail réussi avec tout d'abord la colorimétrie chère au réalisateur, l'aspect mélodrame qui irrigue toute son oeuvre, le sexe (ah cette scène de strip-tease avec la même musique que dans Frantic où se trémousse Emmanuelle Seigner dans une boîte de nuit)... Bref, plein de choses qui se récoupent et avec aussi une réflexion accrue sur la création.
Sauf que l'émotion, même si les actrices pleurent, n'est pas du tout là. Ces histoires parallèles (décidement tous les films de Cannes parlent de cinéma) auraient pu être encore une fois moins longues. Il s'agit pourtant d'une épure, un très beau long-métrage bien calibré, mais les derniers films du plus célèbre des metteurs en scène espagnols ne valent pas cependant les premiers.
Enfin, ne boudons pas notre plaisir car Autofiction demeure une sorte de polar mélo intéressant sur l'acte de créer, encore et toujours, et avec une actrice qui monte, monte Victoria Luengo vue dans deux métrages cannois.