THE PITT S02 (HBO) – 17/20 : HBO nous plonge à nouveau pour 16 heures non-stop au cœur des urgences de Pittsburgh, et c’est toujours aussi addictif.
Si la première saison avait permis de réinventer le genre de la série médicale avec son concept en temps réel, la seconde renforce l’attachement à ses personnages en même temps qu’elle appuie son message politique. Entre autres, elle aborde frontalement le sujet de la protection sociale aux USA et le drame de l’endettement médical, pointe du doigt les coupes budgétaires et le manque d’effectifs de l’hôpital public, et confronte la brutalité de l’administration Trump en fustigeant l’intervention des miliciens de l’ICE.
Les scénaristes n’ont pas cherché à reproduire le grand chaos de l’épisode 12 de la première saison, mais multiplient les cas médicaux plus fascinants et réalistes les uns que les autres, tout en développant de nombreux arcs dramatiques traitant de la santé mentale (et de la santé tout court) des soignants, comme pour tirer un signal d’alarme.
Magistral, encore.
SCARPETTA (Prime Video) – 13/20 : Centré sur le personnage de médecin légiste créé par la romancière Patricia Cornwell, Scarpetta est un thriller macabre faisant des allers-retours entre deux enquêtes autour d’une série de féminicides violents commis à 20 ans d’intervalle.
La série se distingue en explorant la relation disfonctionnelle qui unit les membre de la tribu Scarpetta, un élement aussi important que l’enquête elle-même. Ce qui nous offre un affrontement assez réjouissant entre les éclats de voix de Jamie Lee Curtis et la moue boudeuse de Nicole Kidman, la nouvelle reine du streaming (et reine tout court d’ailleurs). Un polar sombre et addictif, pas avare en secrets et en twists, mais pas toujours très simple à suivre avec ses deux temporalités. Scarpetta peut cependant compter sur la mise en scène experte de David Gordon Green (les derniers Halloween) et sa photographie travaillée. Le final est moyennement satisfaisant, mais laisse la porte ouverte à plus de mystère. Intriguant donc.
MONARCH S02 (AppleTV – 12/20) : Après une première saison étonnamment convaincante (les films Godzilla étant particulièrement indigestes), Monarch se met à sérieusement ronronner. Les décors sont toujours majestueux, les bébêtes monstrueuses bien foutues (bien que les CGI soient parfois trop visibles), mais l’histoire tourne longtemps en rond, exploitant assez peu le décalage temporel si bien traité en saison 1 et capitalisant bien peu sur les possibilités narratives offertes par Axis Mundi, le monde parallèle. En n’ayant plus grand-chose à défendre, les personnages, au mieux s’affadissent, au pire agacent, comme les enfants de Hiroshi, assez insuportables. Le final, poussif et tiré par les cheveux, introduit Godzilla 2 et semble par conséquent contraint par ce que la suite de films à venir va raconter.