Wedding Nightmare : deuxième partie débute au moment où se termine le premier opus. Grace (Samara Weaving) est assise devant un manoir en flammes, couverte de sang, blessée et encore sous le choc d’une nuit de noces mouvementée. Que lui est-il arrivé ? La belle-famille…
À peine mariée, elle s’est retrouvée traquée par sa belle-famille au complet, satanistes pratiquants et décidés à la sacrifier pour s’attirer les faveurs de leur maître. Grace a finalement gagné le “jeu” en restant en vie jusqu’à l’aube et en provoquant le trépas de tous ses agresseurs. Les secours l’emmènent à l’hôpital pour soigner ses blessures. La jeune femme est rejointe par sa soeur, Faith (Kathryn Newton), qu’elle n’a pas vue depuis des années, suite à son départ pour New York. Elles n’ont pas le temps de se rabibocher qu’un nouveau cauchemar commence. Un homme fait irruption dans le centre de soins, abat le policier en charge de surveiller Grace et tente d’assassiner cette dernière. La jeune veuve va devoir une fois de plus se battre pour sa survie, et protéger sa soeur, embarquée malgré elle dans ce jeu mortel.
Pourquoi ces nouvelles mésaventures ? On apprend que l’élimination de toute la famille Le Domas a créé un bazar d’enfer dans les hautes-sphères satanistes. Selon le grand livre des règles de Monsieur Le Bail (un nom d’emprunt de Satan, anagramme de Bélial), la survie d’une proie désignée entraîne une remise en question du pouvoir au sein de la hiérarchie des lucifériens, et par conséquent dans l’ordre mondial. En effet, les Le Domas faisaient partie d’une sorte de haut-conseil sataniste, composé de six familles. Leur élimination oblige le chef du conseil, Chester Danforth (David Cronenberg), à quitter son poste et remettre en jeu la chevalière qui lui donnait les pleins pouvoirs. Ignacio (Néstor Carbonell), Wan Chen Xin (Olivia Wong), Viraj Rajan (Nadeem Umar-Khitab) et leurs proches débarquent d’Inde, de Chine et d’Amérique latine, prêts à profiter de l’aubaine. Danforth charge ses enfants, Titus et Ursula (Shawn Hatosy et Sarah Michelle Gellar) de représenter sa famille lors d’un “jeu” supervisé par l’avocat de Monsieur Le Bail (l’avocat du Diable, donc), incarné par un Elijah Wood méphistophélique. Fort logiquement, c’est lui qui a en sa possession l’anneau de pouvoir… C’est aussi lui qui explique les règles : l’objectif est de tuer Grace avant l’aube ; le premier ou la première qui réussira à la zigouiller récupèrera la chevalière, la présidence du conseil et régnera sur le monde. Seules les armes datant d’avant les années 1970 sont autorisées. Interdiction de tuer un membre de la famille adverse. Seul le chef de clan participe à la chasse. S’il est tué, son successeur dans l’arbre généalogique peut prendre sa place sur le terrain. Si Grace survit, elle sera libre mais Satan ne sera pas content…
Deux soeurs au passé tourmenté, qui essaient de survivre à une nuit de terreur, entourées de satanistes qui veulent leur faire la peau… Hum… On a déjà vu cela il n’y a pas si longtemps… They will kill you, sur un principe similaire, est sorti il y a tout juste deux semaines et est encore à l’affiche (1). Mais si, dans ce dernier, Satan faisait sa tête de cochon en ne faisant pas combattre les participants à armes égales, il se montre plus joueur ici (2). Si un de ses suppôts ne respecte pas la règle, lui et toute sa famille de dégénérés seront immédiatement éliminés, au sens figuré et au sens “propre”, si toutefois l’adjectif convient au bain de sang provoqué par l’explosion des tricheurs. Cela laisse une chance à Grace et Faith de déjouer les pronostics et de créer la divine surprise. Pour cela, les deux jeunes femmes vont devoir aplanir leurs différends, collaborer pour contrer les assauts sauvages de tous ces bobos (bourgeois-bouchers) et soigner les bobos causés par ces confrontations. Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin ne font pas dans la dentelle avec ces demoiselles. Elles se font tabasser, couper par des lames ou des éclats de verre, canarder à coups de sulfateuse (heureusement par les pires tireurs du monde). Mais elles ont du répondant et sont suffisamment malignes pour utiliser les règles à leur avantage. Leurs prédateurs vont vivre un véritable enfer, finir lessivés (toujours au sens propre et figuré) ou voir leur bail sur terre écourté.
Soyons clairs, le scénario ne brille pas par sa finesse ou sa crédibilité. Il est également alourdi par les intrigues secondaires autour du passé des deux soeurs (Ouin, ouin, tu m’as abandonnée il y a sept ans… Ouin, ouin, tu n’as pas cherché à me retrouver…) et de la relation conflictuelle entre les jumeaux Danforth (Ouin, ouin, tu veux me voler le pouvoir…). Cependant, le cahier des charges est respecté. Le premier opus était une comédie horrifique gore à souhait, peuplée de personnages teigneux et dénués d’empathie (ajoutons “sans âme” puisqu’ils l’ont vendue au Diable).
Ici, c’est pareil, en version mondialisée. Les individus qui participent à cette version contemporaine des chasses du Comte Zaroff (3) viennent de pays émergents, mais s’avèrent tout aussi retors et violents. On prend donc un certain plaisir à les voir se faire dézinguer par les deux héroïnes.
Le rythme est vif, enlevé et ne laisse pas trop le loisir de réfléchir aux incohérences du récit, au manque d’ampleur de la mise en scène ou à l’écart de niveau entre cette suite et le premier film. Evidemment, il n’y a plus d’effet de surprise, et les auteurs, un peu par paresse, se contentent d’une caricature assez grossière des riches et nouveaux riches de ce monde, là où Wedding Nightmare proposait des personnages plus complexes. Ils se rattrapent toutefois avec un final spectaculaire qui ravira probablement les amateurs de cinéma horrifique, à condition qu’ils ne soient pas sensibles à la vue du sang.
(1) : Lire notre critique ici
(2) : Dans le premier opus, la famille Le Domas a fait fortune dans le jeu de société, grâce au pacte faustien signé avec Monsieur Le Bail. Lui-même était créateur de jeux, dont celui qui est à l’origine des péripéties subies par Grace dans Wedding Nightmare.
(3) : Les Chasses du Comte Zaroff de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel (1932)
Wedding nightmare : deuxième partie
Ready or Not 2 : Here I Come
Réalisateurs : Tyler Gillett, Matt Bettinelli-Olpin
Avec : Samara Weaving, Kathryn Newton, Elijah Wood, Shawn Hatosy, Sarah Michelle Gellar, Néstor Carbonell, Olivia Wong, Nadeem Umar-Khitab, David Cronenberg
Genre : Noce à ronger pour amateurs d’horreur diabolique
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h48
Date de sortie France : 08/04/2026
Contrepoints critiques :
”C’est peut-être pour ça qu’on aime toujours autant Wedding Nightmare 2 ou le cinéma de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, pour ce côté sale gosse qui ne respecte rien et qui aime créer du fun dans l’horreur.”
(Allan Blanvillain – Le Journal du Geek)
”Elijah Wood, Sarah Michelle Gellar, David Cronenberg… Sur le papier, il y avait de quoi espérer. Malheureusement, après le médiocre “Abigail” (2024), les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett confirment leur déclin artistique.”
(Nicolas Didier – Télérama)
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