My Sweet Pepper Land


Sweet Pepper Land

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Pourquoi voir My Sweet Pepper Land ?
Sorti en 2013, My Sweet Pepper Land est un western kurde atypique qui met en scène Golshifteh Farahani et Korkmaz Arslan dans une œuvre à la fois politique, romanesque et profondément humaine.
Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes, My Sweet Pepper Land est réalisé par Hiner Saleem (Passeurs de rêves, Si tu meurs, je te tue), le cinéaste emprunte les codes du western classique, mais les déplace dans les montagnes du Kurdistan irakien, dans un territoire où l’État, la tradition, la violence et le désir d’émancipation s’entrechoquent sans cesse, c'est en cela que le film trouve toute son âme.
Dès les premières minutes, le ton est donné, le spectateur suit Baran, un ancien héros de guerre devenu policier, est envoyé dans un village reculé proche des frontières iranienne et turque, une zone où règnent encore les trafics, la peur et l’autorité féodale d’un chef local.
En évoquant ce résumé, on pourrait s'attendre à un simple affrontement entre un homme intègre et un système corrompu. Mais My Sweet Pepper Land ne se contente pas d’être un film de confrontation, c’est aussi un film de solitude, de dignité et de résistance silencieuse.
Ce qui attire l'œil c'est bien évidemment ses grands espaces, ses chemins poussiéreux, ses montagnes qui semblent à la fois magnifiques et étouffantes, on ressent l’isolement de cet environnement, un environnement n’est pas qu’un décor, il devient un personnage à part entière.
Mais ce qui rend le film réellement touchant, c’est qu’au milieu de cette tension permanente, il y a aussi une histoire de rencontre, celle de Baran avec Govend, institutrice indépendante, cultivée, libre dans un monde qui ne pardonne rien aux femmes qui refusent de rentrer dans le rang.
Golshifteh Farahani est comme à son habitude dès plus remarquable, elle impose une présence lumineuse, une forme de fragilité mêlée à une vraie force intérieure, son personnage n’est jamais réduit à une simple figure romantique, elle incarne au contraire une autre manière de résister.
Korkmaz Arslan, incarne un personnage extrêmement intéressant, Baran parle peu, observe beaucoup, il n’a rien d’un héros spectaculaire, c’est un homme usé, fier, parfois raide, mais toujours porté par une idée très simple, dans un monde où presque tout s’achète, se négocie ou se menace, sa simple droiture devient un acte de défi.
Le film de Hiner Saleem est un film qui peut être grave et mélancolique, mais le cinéaste y ajoute par ci par là, de petites touches d’humour totalement décalé, un choix qui fonctionne parfaitement et apporte au film une humanité supplémentaire.
My Sweet Pepper Land pourrait en revanche dérouter certains spectateurs, cette oeuvre cinématographique possède un rythme assez lent, voir contemplatif, une œuvre singulière et sincère, un western mélancolique, parfois rude, parfois doux, qui parvient à être à la fois politique et profondément intime.

Synopsis :

Dans un village isolé du Kurdistan irakien, Baran, ancien combattant devenu policier, est envoyé pour faire respecter la loi dans une région dominée par un chef local autoritaire.
Sur place, il fait la rencontre de Govend, une institutrice indépendante mal vue par les habitants, entre tensions politiques, traditions oppressantes et désir de liberté, les deux vont devoir apprendre à tenir tête à un monde qui refuse de changer.

Anecdotes :
My Sweet Pepper Land a été tourné principalement dans la région du Kurdistan irakien, au nord de l’Irak.
My Sweet Pepper Land a été présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes.
Le budget du film est estimé à 2 600 000 €.
Le film a été tourné en langue kurde.