Les enfants vont bien

enfants vont bienLes enfants vont étrangement bien

Chaque année, en France, ce sont plusieurs milliers d’adultes qui décident de disparaitre volontairement. Ce que l’on appelle le droit à l’oubli est le point de départ de ce film dans lequel dès les premières minutes une mère de deux enfants les laisse (ou les abandonne à chacun son interprétation) à sa sœur en se carapatant en pleine nuit sans explication. Cette sœur homosexuelle divorcée va devoir s’en occuper et devenir mère, elle qui n’en a aucune envie, chose qui a condamné son vieux couple (12 ans de mariage). Rien que çà, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Comme chez Lioret, la barque est chargée pour faire naitre l’émotion ; chez moi, cela n’a pas marché. Une mère aimante abandonne des enfants qu’elle aime car elle est dépressive suite au décès du père de ses enfants. Pourquoi ajouter aussi une histoire de sœur alambiquée venant s’imbriquer à merveille avec la sienne pour en montrer une forme de contrepoint autour de la parentalité ? Et ses enfants sont hyper attachants, ils ne manquent pas d’amour ; à part un pipi au lit, ce sont des enfants modèles. On ne sent pas le trauma chez eux du passé avec une mère au bout du rouleau dont au travers d’une réplique ‘(« elle a retiré de l’argent la semaine dernière avec sa carte ») on n’ose dire qu’elle a mis fin à ses jours. Tout au long du film, les intentions sont manifestes ce qui empêche la réflexion et l’inattendu. Les jeunes comédiens font le job comme Camille Cottin en femme libre amenée à remettre en question ses priorités. Mais le tout est académique et très convenu ; j’en ai trop vu les grosses ficelles et un scénario grossier pour prendre plus de plaisir que devant un film poussif.

Et plus largement ; ces temps-ci, on voit fleurir les films qui interrogent la maternité. Qu'est-ce qu'être mère nous demandent-ils ? Qu'est-ce qu'être mère quand on ne l'est pas dans le couple recomposé des "Enfants des autres" ou dans le couple lesbien de "Des preuves d'amour" ? Qu'est-ce qu'être mère quand on ne le veut pas nous interroge le docufiction de Romane Bohringer ? Qu'est-ce qu'être mère quand on ne le peut pas nous demande le dernier film des frères Dardenne "Jeunes Mères" ? Qu'est-ce qui différencie une bonne mère d'une mère toxique nous demandent les figures écrasantes de "Reine mère" ou de "Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan" ? Il y aurait un article voire un livre à écrire sur le traitement de la figure maternelle au cinéma.

Quand le cinéma s’empare d’un sujet, il l’exploite jusqu’à la lie et la thématique de la mère, du père et de la famille sont des thèmes en vogue. Mais tous les films ne méritent pas d’être vue. Traiter d’un sujet sous un angle nouveau comme ici ne suffit pas à susciter l’intérêt ; tout dépend comment cela est fait.

Film gentillet, çà manque d'apreté

Sorti en 2025

Ma note: 10/20