Séries | GEN V – 16/20 | LOKI – 14/20 | LA CHUTE DE LA MAISON USHER – 12/20

Séries | GEN V – 16/20 | LOKI – 14/20 | LA CHUTE DE LA MAISON USHER – 12/20

GEN V S01 (Prime Vidéo) – 16/20

La petite sœur de The Boys n’est pas plus polie que son aînée et n’en est surement pas une version aseptisée.
Aussi trash, graphique et violente, elle embrasse parfaitement son concept, une école pour jeunes « sups » qui doivent à apprendre à maîtriser aussi bien leurs pouvoirs que leur image.
La série dévoie les codes du teen movie, jouant habilement des métaphores sur le passage à l’âge adulte. A travers des personnages complexes et bien construits, elle raconte la jeunesse d’aujourd’hui, ses questionnements et ses insécurités. Une série ado méta et impertinente en mode super héros qui s’inscrit dans la mythologie The Boys tout en bâtissant sa propre identité. A ranger dans les très bons spins off.
LOKI S02 (Disney+) – 14/20

La seule série Marvel qui vaille vraiment le coup depuis Wandavision. On ne comprend toujours pas tout, mais ça reste cohérent visuellement, ambitieux dans son récit et cette 2ème saison s’avère mieux rythmée que la première. Si on se laisse porter, on finit par s’y retrouver à peu près. Avec ses codes graphiques vintage Loki a des petits airs de Légion, l’autre série Marvel torturée, mais en moins abscond tout de même (c’était vraiment rêche Légion). On perd un peu de vue le Dieu de la malice pour une version plus « humaine » de Loki (il est loin le grand méchant d’Avengers), mais c’est sans doute le prix à payer pour être une série à part entière. Jonathan Majors confirme qu’il est un monstre de charisme, et c’est vraiment dommage pour Marvel qu’il soit soupçonné d’être un monstre tout court dans la vraie vie, parce que ses phases 4 et 5 si compliquées à construire auraient sans doute eu plus de gueule avec lui.

LA CHUTE DE LA MAISON USHER (Netflix) – 12/20

Si vous avez aimé les précédentes séries de Mike Flanagan, vous retrouverez avec plaisir son univers chiadé et son style ultra léché. Ne vous attendez cependant pas au même niveau de qualité et de profondeur. Hill House ou Bly Manor frôlaient l’excellence en mêlant horreur et drame familial, La Chute de la Maison Usher en est loin. Certes il est toujours questions de famille, de foi et de mysticisme, mais l’auteur mélange un peu trop de sujets pour garder un fil conducteur solide.
La série aborde à la fois une guerre de succession dans une famille de riches industriels (ça vous rappelle quelque chose ?), la mystique expiation du crime originel, tout en tentant un périlleux rapprochement avec la crise des opioïdes et la famille Sackler (sujet en vogue – à raison mais ici traité trop en surface). Les personnages, en particulier les enfants sont intéressants, mais trop peu développés, la faute à une structure en flash-back où chaque épisode revient sur la mort de l’un d’entre eux. Autour des cadavres rôdent une femme étrange et mystérieuse (superbe Carla Gugino) dont on devine le rôle central à l’intrigue. Ça fait beaucoup et avouons-le, la résolution est décevante par rapport à tout ce qui nous a été dit jusqu’alors, beaucoup de points sont laissés en suspens, soit par choix, soit parce qu’il n’y a pas vraiment d’explication. Des limites qui placent La Maison Usher assez en retrait des standards de Flanagan, mais pas dénuée ni de qualités, nit d’intérêt tout de même. Il crée un environnement creepy efficace, aborde des sujets smarts, l’exécution est très soignée et le casting est parfait et charismatique, la plupart des comédiens étant des fidèles du showrunner. On enchaine les épisodes, soit pour savoir comment le prochain rejeton périra, soit pour comprendre d‘où vient cette malédiction. C’est déjà pas mal.