Le Comte (2023) de Pablo Larrain

Après le biopic sur Lady Di avec "Spencer" (2021) le réalisateur chilien revient avec une histoire qui mêle biopic comme il les affectionne depuis quelques années avec aussi "Neruda" (2016) et "Jackie" (2017), et surtout en revenant à l'époque tragique de la dictature Pinochet comme il l'avait déjà abordé dans "Tony Manero" (2008), "Santiago 73, Post Mortem" (2010) et "No" (2012), mais cette fois il ajoute une dose de fantastique qui peut surprendre. Pour ce projet le réalisateur-scénariste co-signe son scénario avec Guillermo Calderon qu'il retrouve après "El Club" (2015), "Neruda" (2016) et "Ema" (2019), entre temps il a également écrit les films "Violeta" (2012) et "La Toile de l'Araignée" (2019) tous deux de Andrès Wood. Le film présenté à la Mostra de Venise 2023 a permis au duo d'obtenir le Prix du meilleur scénario... Alors que le dictateur Augusto Pinochet est en fin de vie, on comprend qu'il est depuis longtemps un vampire et que seule sa famille proche est au courant de ce secret bien gardé. Mais alors qu'il a une longévité hors norme sa famille se prépare car s'ils n'ont pas au droit au pouvoir de leur père, celui-ci refusant de les mordre, ils espèrent bien obtenir un héritage à la hauteur...

Le Comte (2023) de Pablo Larrain

Le dictateur est incarné par Jaime Vadell qui tourne depuis "Très Tristes Tigres" (1968) de Luis Bunuel qui retrouve Pablo Larrain pour la 5ème fois depuis "Santiago 73, Post Mortem" (2010), son épouse est interprétée par Gloria Münchmeyer vue entre autre dans "Vote + Fusil" (1973) de Helvio Soto, "La Luna en el Espejo" (1990) de Silvio Caiozzi et "El Baile de la Victoria" (2009) de Fernando Trueba après lequel elle retrouve sa partenaire Catalina Guerra essentiellement vue dans les télénovelas mais citons les films mais remarquée dans le long métrage "Sexo con Amor" (2003) de Boris Quercia. Citons ensuite Paula Luchsinger révélée dans "Ema" (2019) de Pablo Larrain et retrouve après la série TV "La Meute" (2019-2020) l'acteur Alfredo Castro fidèle de Larrain pour leur 7ème collaboration depuis "Fuga" (2006) et vu un peu avant dans "Je tremble Ô Matador" (2020) de Rodrigo Sepulveda, l'acteur retrouve la plupart des autres acteurs habitués du cinéaste chilien avec Amparo Noguera (4ème film Larrain) vu dernièrement dans "Les Evadés de Santiago" (2021) de David Albala, "Blanquita" (2023) de Fernando Guzzoni et "Une Femme Magnifique" (2017) de Sebastian Lelio après lequel il retrouve Antonia Zegers (5ème film avec Larrain) vu récemment dans "Chili 1976" (2023) de Manuela Martelli, ainsi que Marcial Tagle (4ème film) qui était aussi dans "Une Femme Magnifique" (2017) d'un réalisateur qu'il retrouvait après "Gloria" (2013), puis citons Diego Munoz qui retrouve la plupart du casting après avoir joué dans "No" (2012) et "Neruda" (2016), et enfin n'oublions pas Clemente Rodriguez alias Claude Pinoche essentiellement vu dans des séries TV dont "La Meute" (2019-2022) retrouvant ainsi Paula Luchsinger et Alfredo Castro... D'emblée on est aussi perplexe qu'intrigué par cette affiche stylé mais dont les symboliques laissent un peu pantois entre le Noir et Blanc qui crée un paradoxe avec le rose bonbon, on devine donc qu'il doit s'agir d'une comédie noire, voir un peu délirante dans un tragi-comique plus ou moins malsain si on se rappelle la violence de la dictature.

Le Comte (2023) de Pablo Larrain

Force est de constater que Pablo Larrain a autant d'audace que d'ambition avec ce projet qui joue la satire dystopique à fond en réécrivant l'histoire. Le film part d'une idée absolument géniale, un Noir et Blanc de toute beauté avec un acteur qui est un Pinochet plus vrai que nature malheureusement il y a aussi de mauvais choix, des maladresses et des omissions essentielles. D'abord il y a la voix Off pompeuse et envahissante, qui accentue la sensation d'un film trop bavard, mais surtout on s'aperçoit que l'intrigue est sans réel enjeu, qu'on a une dictature presque fantasmée car jamais réellement mis en image et on se demande bien où est le peuple chilien ?! L'évidence est là, Pablo Larrain a imaginé cette histoire fantastique comme une transposition satirique et caustique pour dénoncer le dictateur et sa politique mais comment être pertinent à minima en occultant les chiliens et en restant focaliser sur la famille Pinochet. On est donc toujours partagé entre la fascination pour ce récit unique, original, curieux avec des plans magnifiques et quelques dialogues qui font mouches, et cette intrigue sans passion ni tension, qui manque de mordant (!) et qui reste finalement trop sage. Dommage... 

Note :                 

Comte (2023) Pablo LarrainComte (2023) Pablo Larrain

11/20